Des survivants marchent d’Auschwitz à Birkenau : un « grand huit émotionnel »
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Des survivants marchent d’Auschwitz à Birkenau : un « grand huit émotionnel »

Les membres de la délégation canadienne, dont neuf ont vécu la Shoah, décrivent la Marche des Vivants comme une expérience à la fois difficile et enrichissante

Nate Leipciger participe à la Marche des vivants au camp Auschwitz-Birkenau en Pologne, le 2 mai 2019. (Eynat Katz/Autorisation)
Nate Leipciger participe à la Marche des vivants au camp Auschwitz-Birkenau en Pologne, le 2 mai 2019. (Eynat Katz/Autorisation)

AUSCHWITZ-BIRKENAU – Cette année, la Marche des Vivants en Pologne s’est déroulée par un sombre jeudi qui a connu des rayons de soleil occasionnels, un décor idéal pour le climat et les sentiments mitigés de beaucoup des quelque 10 000 participants à la cérémonie annuelle de commémoration de la Shoah.

« C’est un grand huit émotionnel », a déclaré le participant Richard Goldhar, 34 ans, qui participait à la Marche pour la première fois. Il a dit que la visite des camps de la mort était anxiogène, mais que Cracovie était « une belle ville ».

De nombreux groupes de plus de 40 pays ont participé à la marche annuelle de trois kilomètres d’Auschwitz à Birkenau – des États-Unis, d’Israël et d’Allemagne à l’Argentine, du Panama et même du Maroc – mais un groupe du Canada s’est distingué en incluant pas moins de neuf survivants de la Shoah.

Selon les organisateurs, seulement 70 survivants ont participé à la marche de 2019, comparativement à quelque 500 lors du premier événement en 1988. Alors que le nombre de survivants se réduit d’année en année, le temps approche à grands pas où il ne restera plus personne pour venir ici et partager leurs souvenirs des atrocités commises.

« Au cours de l’année écoulée, parmi ceux qui nous ont accompagnés toutes ces années, six survivants de la Shoah sont morts », a déclaré Shmuel Rosenman, président et co-fondateur de la Marche des vivants.

Des participants à la Marche des vivants au camp d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, en cette journée où lsraël célèbre Yom HaShoah, la commémoration annuelle de la Shoah, le 2 mai 2019. (Yossi Zeliger/Flash90)

Des neuf survivants canadiens, seulement deux ont été en mesure de parcourir les trois kilomètres à pied.

« La première fois que j’ai marché ici, c’était en 1943, avec ma famille, lorsque nous avons marché du Judenrampe à Birkenau », a déclaré l’un d’eux, Nate Leipciger, 91 ans, au Times of Israel pendant la marche chargée en émotions – ce qui lui en faisait la 21e. Sa famille est morte dans le camp. « Et maintenant je suis revenu avec ma famille. »

Sa famille se compose maintenant de ses trois filles, de ses neuf petits-enfants et d’un arrière-petit-enfant. « Malheureusement, une de mes filles a succombé à un cancer il y a quelques mois, alors nous marchons avec elle le cœur lourd, mais nous devons aller de l’avant avec notre merveilleuse famille qui nous soutient et nous comprend très bien. »

Le neveu de Leipciger, Tobaron Waxman, a dit que le fait de voir un groupe d’aînés aussi positifs, tous avec un sens de l’humour, lui a donné de « l’espoir pour l’avenir ».

« Seuls deux d’entre eux marchent, mais leur attitude et la façon dont ils se comportent, en tant qu’aînés, que nous associons habituellement au passé, ont beaucoup à nous apprendre sur l’avenir, la façon dont ils ont survécu », a expliqué Waxman, qui participait à la marche pour la première fois.

Une autre survivante de la Shoah dans le groupe, Tova Rogenstein, 86 ans, a déclaré : « C’est dur à cause des sentiments qui me rappellent la vie avec mes parents. »

Tova Rogenstein à Cracovie, le 30 avril 2019. (Michael Bachner)

« Cela a été émouvant, gratifiant et solennel », a déclaré Goldhar, qui est un membre plus jeune du groupe.

Mais Hedy Bohm, 91 ans, a dit sa joie : « Tant que je vois les jeunes, tous ces milliers de jeunes visages juifs impatients, je suis heureux d’être avec eux, heureux de partager ce qu’ils veulent entendre et savoir. »

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