Des ténors du Labour « exaspérés » par la gestion interne de l’antisémitisme
Rechercher

Des ténors du Labour « exaspérés » par la gestion interne de l’antisémitisme

Une alliée de Corbyn a déclaré que la mise en place d'un système indépendant pourrait s'avérer nécessaire

Jeremy Corbyn, chef du parti d'opposition britannique travailliste, quitte son domicile dans le nord de Londres le 4 avril 2019. (Photo par Tolga AKMEN / AFP)
Jeremy Corbyn, chef du parti d'opposition britannique travailliste, quitte son domicile dans le nord de Londres le 4 avril 2019. (Photo par Tolga AKMEN / AFP)

Vendredi, une ténor du Parti travailliste britannique a déclaré qu’elle, avec d’autres membres du cabinet fantôme, étaient frustrés par l’échec du parti à traiter convenablement l’antisémitisme dans ses rangs et a suggéré qu’un système indépendant était peut-être nécessaire afin de traiter le sujet.

Les travaillistes se sont divisés sur les accusations selon lesquelles le parti serait devenu hostile aux Juifs sous la direction de son leader très à gauche Corbyn, un critique dur d’Israël et un soutien de longue date de la cause palestinienne.

La ministre de l’Education du cabinet fantôme travailliste, Angela Rayner, considérée comme une alliée de Corbyn, a déclaré que les membres de ce cabinet – le groupe du Parti travailliste chargé de définir les politiques du parti sur les événements actuels – sont « parfaitement exaspérés par l’échec de notre mouvement à traiter cette question », a annoncé le journal britannique The Guardian samedi.

S’exprimant lors d’une conférence de la Fabian Society, un mouvement de réforme socialiste démocratique vieux d’un siècle affilé au parti, elle a expliqué être « très embarrassée par ce qui s’est passé au cours des derniers jours, et j’ai exprimé mon point de vue très clairement. Si cela implique de mettre en place un système indépendant, alors qu’il en soit ainsi… allons-y et faisons-le ».

D’autres critiques ont été formulées par le député travailliste Clive Lewis, qui a déclaré au journal Observer que les travaillistes avaient besoin de « prendre les choses en main rapidement » sur une série de questions afin d’éviter que le parti ne perde la prochaine élection.

Un autre élu travailliste du parti a déclaré au quotidien que les travaillistes avaient perdu plus de 100 000 membres depuis que le parti avait atteint un pique d’adhérents en 2016, et que la formation connaissait désormais des difficultés financières.

« Le nombre d’adhérents est tombé autour de 400 000 personnes [alors qu’il était supérieur à 500 000] et nous perdons de l’argent », a déclaré le député anonyme. « Nous ne sommes pas en état de mener une campagne politique dans une élection vers laquelle je pense que nous allons ».

Les remarques sont intervenues après que les travaillistes ont réimposé la suspension d’un élu vendredi, seulement deux jours après qu’elle avait été levée, après le tollé suscité par des remarques qu’il avait prononcées sur la réaction du parti à l’antisémitisme.

Mercredi dernier, Chris Williamson, un allié de Corbyn, avait été réintégré au parti après avoir été suspendu dans l’attente de l’examen de son cas. La décision a été renversée après d’importantes protestations, y compris en interne.

Environ 90 membres importants du Parti travailliste ont demandé à son leader, Jeremy Corbyn, d’expulser Williamson qui avait avait été filmé en février en train de dire lors d’un meeting politique que le parti s’était « trop excusé » et avait « cédé trop de terrain » dans sa réponse aux accusations d’antisémitisme.

Depuis son élection à la tête du Labour en 2015, Corbyn fait face à de nombreuses accusations sur son attitude critique envers Israël et de sa supposée tolérance de l’antisémitisme qui aurait instillé une haine des Juifs au cœur du parti.

En 2009, Corbyn a qualifié le Hamas et le Hezbollah d’amis et déclaré que le Hamas recherchait la paix et la justice. En 2013, il a défendu une peinture murale antisémite. En 2014, il a déposé des fleurs sur les tombes de terroristes palestiniens ayant assassiné des athlètes israéliens aux JO de Munich en 1972. L’année suivante, il a déclaré que les « Sionistes » britanniques ne comprennent pas l’ironie britannique.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...