Des ultra-orthodoxes harcèlent un restaurateur de Jérusalem ouvert Shabbat
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Des ultra-orthodoxes harcèlent un restaurateur de Jérusalem ouvert Shabbat

Barood, l'un des seuls restaurants ouvert le jour chômé du calendrier juif dans la capitale, fait l'objet de pressions ; le propriétaire déplore l'inaction de la police

Des manifestants ultra-orthodoxes devant le restaurant Barood à Jérusalem, en août 2018. (Crédit : Dixième chaîne)
Des manifestants ultra-orthodoxes devant le restaurant Barood à Jérusalem, en août 2018. (Crédit : Dixième chaîne)

L’un des seuls restaurants ouvert Shabbat à Jérusalem subit d’intenses pressions de la part d’une foule de manifestants ultra-orthodoxes pour qu’il ferme vendredi soir et samedi.

Le restaurant non-casher Barood est ouvert depuis 24 ans dans le complexe Feingold Courtyard, dans le quartier de Nahalat Shiva, une perpendiculaire à l’artère principale de la rue de Jaffa, et est ouvert Shabat.

Au fil des ans, de nombreuses personnalités y ont mangé, notamment l’ancien président Yizhak Navon.

Le Feingold Courtyard était une destinée très prisée pour les jeunes hiérosolymitains durant les années 90, mais il s’est dégradé au fil du temps, parce que les restaurants fermaient les uns après les autres. Barood est le dernier restaurant.

La Dixième chaîne a fait savoir mardi que ces dernières semaines, des centaines d’extrémistes ultra-orthodoxes se sont rassemblés près de l’entrée du restaurant chaque Shabbat et y harcelaient les propriétaires et les clients.

« Des gens, âges de 3 à 90 ans, se tiennent à l’entrée de la cour, crient shabbess (shabbat, en yiddish) et shikse (terme péjoratif pour parler d’une femme non-juive, en yiddish) et nous insultent », a déclaré Daniella Lerer, propriétaire de Barood, à la Dixième chaîne.

Dans une séquence vidéo diffusée par la chaîne télévisée de l’une des manifestations, on peut voir une voiture de police non loin des manifestants, et les agents ne pas intervenir;

« J’ai vu un véhicule de police qui les suivait, mais on aurait dit qu’ils les protégeaient eux, pas nous », a raconté Lerer.

Le reportage a ajouté que lorsqu’elle a tenté de s’approcher des manifestants pour leur parler, ils l’ont insultée et la police est intervenue.

Feingold Courtyard est un complexe négligé et sale, parce que la municipalité refuse de prendre en charge l’entretien et affirme qu’il appartient à un privé.

Les manifestants ultra-orthodoxes tentent également régulièrement de bloquer les rues et de harceler les clients et le personnels de plusieurs bars et restaurants situés de l’autre côté de la rue de Jaffa, dans le quartier de Heleni Hamalka, pendant Shabbat, a appris le Times of Israel. Là aussi, les clients se sont plaints de l’inaction de la police.

La lutte entre le caractère laïc et religieux de Jérusalem est un sujet récurrent et de nombreux ultra-orthodoxes souhaitent voir la ville complètement respectueuse du Shabbat.

Jaffa Road, à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

« Ils ont atteint la rue Neviim », a raconté Eli Levi, l’un des propriétaires de Feingold Courtyard, faisant référence à la rue principale qui sépare les quartiers haredi du centre ville, et qui sont situés non loin d’Heleni Hamalka. « Ils ne peuvent pas traverser la rue de Jaffa, parce que s’ils le font, Jerusalem deviendra Bnei Brak. » En réalité, le harcèlement contre Feingold Courtyard signifie que les manifestations ont traversé la rue de Jaffa.

Bnei Brak est une ville ultra-orthodoxe du centre du pays, dont la minorité non-haredi, autrefois conséquente, a progressivement été évincée.

« Maintenant, ils se battent contre un lieu, le mien, et ils viennent en masse, par centaines », a déploré Lerer.

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