Israël en guerre - Jour 285

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Des victimes du 7 octobre réclament un milliard de dollars à l’UNRWA pour avoir aidé et encouragé le Hamas

La plainte, qui a été déposée à New York, déclare que l'agence de l'ONU a laissé le groupe terroriste utiliser ses structures et que le paiement des salaires de ses employés ont permis de financer le Hamas

Des terroristes armés palestiniens à côté de véhicules de l'ONU dans un centre logistique de l'UNRWA à Rafah, ville la plus au sud de Gaza, sur une capture d'écran de drone publiées le 14 mai 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Des terroristes armés palestiniens à côté de véhicules de l'ONU dans un centre logistique de l'UNRWA à Rafah, ville la plus au sud de Gaza, sur une capture d'écran de drone publiées le 14 mai 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Plus d’une centaine victimes de l’attaque sanglante commise par les terroristes du Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre, et leurs familles ont porté plainte, lundi, réclamant un milliard de dollars de dommages et intérêts à l’Office controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Ils accusent l’instance d’avoir aidé et encouragé le groupe à lancer son assaut dans le sud d’Israël.

La plainte de 167 pages accuse nommément l’UNRWA ainsi que sept de ses dirigeants passés et présents, avec parmi eux son président actuel, Philippe Lazzarini.

Elle indique que l’agence – qui assure la coordination de presque toutes les aides à Gaza – laisse le Hamas utiliser ses structures pour y stocker des armements ; qu’elle a permis à des tunnels et à des centres de commandement d’être construits sous ses sites et qu’elle a acheminé des liquidités dans les coffres du groupe terroriste en rémunérant ses employés en dollars américains.

« Le Hamas n’a pas commis ces atrocités sans assistance », indique la plainte. « Les accusés ont été mis en garde de manière répétée, il leur a été dit que leurs politiques venaient directement aider le Hamas », dit-elle. « Malgré ces avertissements, les accusés ont continué à mettre en place la même politique ».

Le 7 octobre, 3 000 terroristes, placés sous l’autorité du Hamas, avaient franchi la frontière lors d’une attaque transfrontalière massive. Les hommes armés avaient massacré près de 1 200 personnes dans le sud du pays, des civils en majorité, se livrant à d’autres atrocités. 251 personnes de tous les âges, dont un bébé de 9 mois, avaient été kidnappées, prises en otage dans la bande de Gaza.

Le cabinet d’avocats MM-Law LLC, dont le siège est à Chicago, et Amini LLC, une firme de New York, ont déposé la plainte dans le Southern District de New York pour le compte de 101 victimes et de leurs familles.

Le chef de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient (UNRWA), Philippe Lazzarini, s’exprimant lors d’un entretien avec l’Associated Press, au siège de l’UNRWA, à Beyrouth, le 6 décembre 2023. (Crédit : Bilal Hussein/AP)

Outre Lazzarini, les accusés sont de hauts-responsables de l’UNRWA passés et présents : Pierre Krähenbühl, Filippo Grandi, Leni Stenseth, Sandra Mitchell, Margot Ellis, Gréta Gunnarsdóttir.

Krähenbühl est aujourd’hui directeur-général du Comité international de la Croix rouge (CICR) et Grandi est Haut-commissaire aux réfugiés au sein des Nations unies.

Les avocats soulignent que l’agence a rémunéré ses employés en dollars américains – à hauteur d’une somme d’un milliard de dollars pour la période couverte par plainte. Les employés étaient dans l’incapacité de dépenser les dollars directement dans la bande – où c’est le shekel israélien qui sert de devise – et ils étaient ainsi dans l’obligation d’échanger les fonds dans les bureaux de change contrôlés par le Hamas, l’organisation touchant ainsi une commission.

L’UNRWA, disent les plaignants, « a fourni au Hamas, en toute connaissance de cause, les dollars américains en liquide dont le groupe avait besoin pour payer les trafiquants d’armes, d’explosifs et autres matériels à des fins terroristes ».

Les courtiers du Hamas touchaient ainsi une commission allant de 20 % à 25 % des transactions, « ce qui a garanti qu’un pourcentage prévisible des salaires de l’UNRWA a fini entre les mains » du groupe terroriste.

Des employés de l’Office controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) s’emparant du corps de Jonathan Samerano, tué par des terroristes du Hamas pour l’emporter dans une jeep blanche de l’ONU, le 7 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran)

De plus, la plainte déclare que l’agence des Nations unies « a, en toute connaissance de cause, fourni un soutien matériel au Hamas à Gaza » en permettant au groupe terroriste de se réfugier dans ses structures, notamment dans les écoles et dans d’autres bâtiments qui ont été utilisés pour stocker des armes ou pour installer des centres de commandement – l’organisation prenant pour hypothèse que ces différents lieux étaient « inviolables » et qu’ils ne seraient pas pris pour cible par l’armée israélienne.

« Les atrocités qui ont suivi étaient prévisibles et les accusés doivent répondre de l’aide et des encouragements qu’ils ont apportés au génocide, aux crimes contre l’Humanité et aux actes de torture du Hamas », continue la plainte.

Elle accuse également l’UNRWA d’avoir utilisé les manuels scolaires approuvés par le groupe terroriste dans ses écoles, « endoctrinant, dès un très jeune âge, les enfants en leur inculquant une idéologie de culte de la mort, de haine et de génocide », faisant ainsi grandir de futures nouvelles recrues pour l’organisation.

La plainte inclut des témoignages directs portant sur le violences qui ont été subies par certains otages pendant leur enlèvement et pendant leur emprisonnement à Gaza.

Les victimes et leurs familles soulignent qu’elles ne cherchent pas en se présentant devant les juges « une tribune pour faire part de doléances politiques » mais « une indemnisation monétaire de la part de parties responsables des préjudices que nous avons subis, sur la base du principe de responsabilité délictuelle. »

L’UNRWA n’avait pas répondu à une demande de commentaire de la part du journal britannique Jewish Chronicle ou de Fox News – premier média à avoir révélé cette information – au moment de la rédaction de cet article.

Ditza Heiman, 84 ans, otage depuis le 7 octobre, est remise à la Croix-Rouge par des terroristes du Hamas et du Jihad islamique à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 novembre 2023. (Photo de l’AFP)

Parmi les parties civiles, Ditza Heiman, qui avait été enlevée le 7 octobre avant d’être libérée dans le cadre d’un accord de trêve qui avait duré une semaine à la fin du mois de novembre, soit 53 jours plus tard. Elle avait raconté que son geôlier était enseignant dans une école de l’UNRWA et qu’elle était nourrie à l’aide de rations portant le logo de l’agence, des rations qui n’étaient pas destinées à la vente.

« Le fait que le Hamas ait été à la tête de Gaza ne peut excuser l’UNRWA d’avoir embauché et financé des terroristes, et il aurait fallu s’assurer que l’UNRWA prenait bien des précautions supplémentaires », a commenté Heiman auprès de Ynet.

D’autres noms figurent sur la plainte et notamment ceux de Gadi et de Reuma Kedem dont la fille Tamar, Yonatan, leur gendre et leurs trois petits-enfants, Shahar, Arbel, et Omer ont été assassinés par le groupe terroriste dans leur maison du kibboutz Nir Oz. La mère de Yonatan, Carol, avait aussi été tuée.

« Aucune souffrance dans le monde n’est équivalente à celle d’enterrer vos enfants et vos petits-enfants, morts étranglés dans leur maison », a confié Gadi Kedem à Ynet.

« Tout ce que nous pouvons faire dorénavant, c’est nous battre de manière à ce que les responsables qui ont permis au Hamas de se renforcer rendent des comptes. L’UNRWA a dynamisé le Hamas, transféré des fonds et financé ces meurtres tout en étant partenaire à part entière dans l’éducation des terroristes du Hamas. L’UNRWA et ses administrateurs ont été les complices des meurtres de mes enfants et de ma famille. »

Les troupes de l’unité de génie Yahalom font descendre une caméra dans un puits de tunnel creusé dans la cour du siège de l’UNRWA à Gaza, le 8 février 2024. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Lundi, le directeur actuel de l’agence, Lazzarini, a appelé à contrer les efforts livrés par Israël visant à faire démanteler son organisation.

« Cela fait longtemps qu’Israël critique l’agence. Mais Israël cherche dorénavant à mettre un terme aux opérations de l’UNRWA, rejetant le statut de l’agence en tant qu’entité des Nations unies soutenue par une majorité écrasante d’états-membres », a commenté Lazzarini lors d’une réunion de la commission de conseil de l’instance.

« Si nous ne ripostons pas, ce sera le tour d’autres entités et d’autres organisations des Nations unies, ce qui sapera encore davantage notre système multilatéral », a-t-il assuré.

L’État juif accuse l’UNRWA – l’employeur le plus important sur les territoires palestiniens – de détourner le regard face aux activités du Hamas, et accuse également ses salariés de soutenir et d’aider activement les factions terroristes.

Au mois de février, le ministre de la Défense, Yoav Gallant, avait affirmé que sur les 13 000 employés de l’UNRWA, au moins 12% appartenaient au Hamas ou au Jihad islamique palestinien, un autre groupe terroriste, avec 1 468 salariés qui étaient des membres actifs des deux organisations. Parmi ces membres actifs, 185 se battaient ainsi dans l’aile armée du Hamas et 51 dans celle du Jihad islamique palestinien, avait-il déclaré.

Gallant avait aussi affirmé qu’au moins douze salariés de l’UNRWA avaient directement pris part au massacre du 7 octobre et qu’au moins trente avaient apporté leur aide, notamment lors des prises d’otages ou lors des pillages qui avaient eu lieu dans les communautés qui avaient été prises d’assaut par les terroristes.

L’armée, qui a lancé une offensive contre le Hamas après le 7 octobre, a aussi découvert des tunnels qui avaient été creusés sous des bâtiments appartenant à l’UNRWA à Gaza, et elle a trouvé des preuves attestant du fait que des terroristes se réfugient dans les structures de l’agence. Un centre de données du Hamas a aussi été localisé sous le siège de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, à Gaza City.

De nombreuses informations et autres signalements ont fait état d’un enseignement continu de la haine antisémite et de la glorification du terrorisme dans les établissements scolaires placés sous la tutelle de l’agence.

Illustration : Des soldats israéliens à l’intérieur d’un centre de données du Hamas, dans un tunnel situé sous un complexe de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour la Palestine (UNRWA), dans la ville de Gaza, le 8 février 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les accusations lancées par Israël avaient amené de nombreux gouvernements – notamment l’administration des États-Unis, le premier pays donateur à l’UNRWA – à suspendre leurs financements de cette dernière, menaçant son travail humanitaire auprès des civils dans un contexte de guerre à Gaza.

Un réexamen indépendant de l’UNRWA de la part d’un panel, qui était dirigé par l’ancienne ministre des Affaires étrangères française Catherine Colonna, a déterminé qu’il y avait « certains problèmes liés à la neutralité » tout en assurant qu’Israël avait été dans l’incapacité de présenter des preuves de ses accusations plus précises.

Certains gouvernements – dont l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche – ont depuis recommencé à verser de l’argent à l’organisation de l’ONU – pas les États-Unis.

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