Dessin antisémite : le New York Times doit rendre des comptes, affirme Israël
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Dessin antisémite : le New York Times doit rendre des comptes, affirme Israël

L'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, estime que le quotidien américain doit rendre des comptes même après avoir exprimé des excuses

Une caricature du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du président américain Donald Trump publiée dans l'édition internationale du "New York Times" du 25 avril 2019, dont le journal a reconnu plus tard qu'elle "reprenait des tropes antisémites". (Autorisation)
Une caricature du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du président américain Donald Trump publiée dans l'édition internationale du "New York Times" du 25 avril 2019, dont le journal a reconnu plus tard qu'elle "reprenait des tropes antisémites". (Autorisation)

Le quotidien américain New York Times, même après avoir exprimé des excuses, doit rendre des comptes après la publication d’un dessin antisémite, a estimé lundi l’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, sans dire s’il pensait à des poursuites judiciaires.

« Ce n’est pas à moi d’accepter ou non les excuses, mais lorsqu’une erreur est commise, quelqu’un doit être tenu pour responsable », a indiqué à des médias le diplomate, jugeant que de telles images pouvaient inciter à la violence contre les juifs.

Le dessin, publié jeudi dans l’édition internationale, montre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en chien-guide portant un collier avec une étoile de David et menant un Donald Trump aveugle et coiffé d’une kippa.

Le quotidien américain a présenté ses excuses ce lundi, reconnaissant une image « offensante » comprenant des « clichés antisémites » et un dysfonctionnement dans son processus éditorial. Il a promis « des changements profonds ».

« Tous ceux qui font de l’antisémitisme doivent être punis, qu’ils soient à l’ONU, qu’il s’agisse de responsables politiques, d’éditeurs, d’experts politiques ou de professeurs », a ajouté Danny Danon, qui a aussi dénoncé l’attaque commise ce week-end contre une synagogue californienne, à Poway.

A l’initiative de l’Allemagne, présidente en exercice du Conseil de sécurité de l’ONU en avril, une minute de silence a été observée, au début d’une réunion sur le Proche-Orient, à la mémoire des victimes de cette synagogue (un mort, Lori Gilbert-Kaye, 60 ans) et d’une attaque dimanche dans une église protestante au Burkina Faso (cinq morts).

L’ambassadeur israélien aux Etats-Unis Ron Dermer s’en est pris aussi au New York Times lundi, lors d’un discours à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de la Shoah, dans des termes très forts. « Nous avons vu… l’un des plus prestigieux journaux devenir un cloaque d’hostilité contre Israël, qui dépasse la légitimité que peut avoir la critique d’une autre démocratie imparfaite », a déclaré Dermer.

« Ce même New York Times, qui, il y a un siècle, a caché à ses lecteurs l’Holocauste du peuple juif, a aujourd’hui fait de ses pages un espace pour ceux qui haïssent l’Etat hébreu. A travers une couverture partiale, des chroniques calomnieuses et des dessins antisémites, ses éditeurs ont honteusement choisi, semaine après semaine, de traiter l’Etat hébreu en force du mal. »

L’envoyé spécial américain Jason Greenblatt a également fustigé lundi le New York Times après la publication de la caricature antisémite, qui a été retirée et pour laquelle la rédaction a présenté des excuses.

« Le dessin n’était pas juste dangereux, il était méprisable », a écrit Greenblatt dans un tweet. « Le New York Times nous doit un plan d’action transparent pour garantir que cela ne se reproduise plus et devrait partager les résultats de son enquête. »

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