Deux activistes pro-palestiniens poursuivis dans l’Hérault
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Deux activistes pro-palestiniens poursuivis dans l’Hérault

Ils sont accusés de « provocation à la haine et de contestation de crimes contre l’humanité » par la Ligue des droits de l’homme, rapporte Libération

Autocollant pour le boycott d'Israël accusant  le pays d'apartheid (Crédit : Tapash Abu Shaim/Palestine Solidarity Campaign UK/Facebook)
Autocollant pour le boycott d'Israël accusant le pays d'apartheid (Crédit : Tapash Abu Shaim/Palestine Solidarity Campaign UK/Facebook)

Deux activistes pro-palestiniens se sont présentés mercredi dernier au tribunal de grande instance de Montpellier.

Saadia Ben Fakha, 26 ans, et Husein Abu-Zaid, 58 ans, sont membres du BDS 34 (Hérault).

Ils sont accusés de « provocation à la haine et de contestation de crimes contre l’humanité » par la Ligue des droits de l’homme, rapporte Libération.

En août 2014, les deux activistes partagent sur leur compte Facebook un photo-montage comparant l’armée israélienne à l’armée de l’Allemagne nazie accompagné d’une légende indiquant que « Les nazis et les sionistes sont deux revers de la même médaille ».

Le texte va plus loin en déclarant que « ce que faisait Hitler aux juifs était fait exprès pour que le monde sympathise avec eux et leur donne tous les droits ».

A la découverte de ce post Facebook, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) de Montpellier a demandé son retrait immédiat.

La LDH se définit comme « un acteur civique libre et indépendant des partis politiques, des syndicats et des associations » se revendiquant « comme citoyenne » et luttant contre « les injustices, le racismes, le sexisme, l’antisémitisme et les discriminations de tous ordres ».

La LDH de Montpellier a souvent participé aux cotés du BDS à des manifestations pro-palestinienne mais après la publication de ce photomontage, elle a décidé de porter plainte.

Si le post est retiré, la Ligue souligne qu’aucune condamnation de la part du BDS s’est fait entendre. D’autre part, les deux militants tenteraient de se déresponsabiliser en affirmant avoir publié ce post « sans faire attention » explique la LDH.

D’autre part, l’avocat de la Ligue, Maître Tubiana, a souligné pendant l’audience que Saadia Ben Fakha avait publié sur sa page Facebook des photos d’elle faisant des quenelles.

Le verdict est attendu pour le 6 avril prochain. Le mouvement BDS demande la relaxe de ses membres et sa branche de l’Hérault a soutenu ses deux militants en déclarant que ces derniers n’étaient pas antisémites.

Le comité a simplement reconnu « avoir manqué de vigilance » en partageant ce montage « sans voir qu’il était accompagné d’un texte antisémite et négationniste ».

Le BDS a dénoncé l’action entreprise par la LDH car elle a permis aux
« relais sionistes » de se constituer partie civile en donnant une visibilité à l’événement.

Dans cette affaire, la LICRA, le BNVCA et le MRAP (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) se sont constitués partie civile.

Dans un communiqué datant du 26 janvier, le MRAP a indiqué « qu’il ne peut y avoir un antisémitisme excusable ».

« Plus généralement, aucune cause, aussi juste soit elle, ne saurait constituer une excuse à quelque forme de racisme.»

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