Deux maires de villes orthodoxes « rouges » sont partis à Ouman malgré la pandémie
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Deux maires de villes orthodoxes « rouges » sont partis à Ouman malgré la pandémie

Meir Rubinstein de Beitar Ilit et Israel Porush d'Elad, villes sous couvre-feu, sont en pèlerinage dans la ville ukrainienne qui abrite la tombe du rabbin Nahman

Meir Rubinstein, maire de l'implantation juive ultra-orthodoxe de Beitar Illit, située aux abords de Jérusalem. (Yaakov Lederman/FLASH90)
Meir Rubinstein, maire de l'implantation juive ultra-orthodoxe de Beitar Illit, située aux abords de Jérusalem. (Yaakov Lederman/FLASH90)

Les maires de deux des villes les plus touchées par le virus en Israël sont partis à Ouman, en Ukraine, pour la prochaine fête de Rosh HaShana, bien que les résidents de leurs villes soient soumis à des couvre-feux nocturnes et qu’un confinement de trois semaines entrera en vigueur à l’échelle nationale vendredi.

Meir Rubinstein, maire de Beitar Ilit, et Israel Porush, maire d’Elad, tous deux membres de la communauté hassidique de Breslev, se sont ouvertement opposés aux couvre-feux imposés à leurs villes en raison du taux d’infection élevé.

40 villes situées dans des zones hautement contaminées, où vivent 1,3 million d’Israéliens, ont été soumises à des restrictions la semaine dernière. La plupart des zones soumises au couvre-feu sont essentiellement ultra-orthodoxes ou arabes.

Le pèlerinage annuel à Ouman voit généralement quelque 30 000 Juifs se rendre sur la tombe de rabbi Nahman de Breslev pour la fête de Rosh HaShana, qui commence cette année le 18 septembre au soir.

Le pèlerinage est devenu une source de conflit majeure entre les dirigeants ultra-orthodoxes et les responsables israéliens de la santé, qui craignent que le virus ne se propage parmi les fidèles et les voyageurs très nombreux. Les autorités ultra-orthodoxes se sont également opposées au bouclage imminent en Israël pendant la période des fêtes, qui limitera les rassemblements de prière, le ministre du Logement Yaakov Litzman ayant démissionné en signe de protestation.

Meir Rubinstein et Israel Porush, ainsi que le maire de Bnei Brak, Avraham Rubinstein, et le maire d’Emmanuel, Eliyahu Gafni, ont signé une lettre qui accuse le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir transformé les communautés ultra-orthodoxes en « ennemis du peuple » du fait de la réponse du gouvernement au virus, et ont juré de défier le confinement imminent.

M. Rubinstein a déjà déclaré que sa communauté ne respecterait pas les règles, accusant le gouvernement de discriminer les villes ultra-orthodoxes en appliquant des couvre-feux généralisés plutôt qu’en isolant des quartiers spécifiques. Le maire a également affirmé que « le couvre-feu ne fait qu’augmenter le taux de morbidité, et non le réduire », selon la Douzième chaîne.

Israel Porush, maire de la ville juive ultra-orthodoxe d’Elad, le 6 septembre 2020. (FLASH90)

Afin de réduire la propagation du coronavirus, l’Ukraine a interdit aux ressortissants étrangers d’entrer dans le pays pendant tout le mois de septembre, après que le responsable israélien de la lutte contre le coronavirus, Ronni Gamzu, a lancé un appel au président ukrainien Volodymyr Zelensky en août pour tenter d’empêcher le pèlerinage.

Rubinstein et Porush se sont rendus à Ouman malgré le bouclage. On ne sait pas comment ils sont parvenus à y entrer.

Quelque 2 000 pèlerins d’Israël sont arrivés dans la ville ukrainienne pour les événements de cette année, selon le quotidien Haaretz.

Beitar Illit, une implantation ultra-orthodoxe de Cisjordanie comptant quelque 60 000 habitants, est considérée comme une ville « rouge » par le ministère de la Santé en raison de son taux de morbidité élevé. Le taux d’infection y est de 68 cas pour 10 000 personnes, avec 420 cas actifs confirmés à la date de lundi.

Elad, une ville ultra-orthodoxe située dans le district central d’Israël et comptant 48 000 habitants, est également considérée comme une zone « rouge » et présente un taux d’infection de 135 pour 10 000 personnes, avec 640 cas actifs confirmés lundi.

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