Israël en guerre - Jour 282

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Devant la Knesset, deux manifestants blâment Netanyahu pour le 7 octobre

Yaakov Godo et Maoz Inon, qui ont perdu des proches dans le carnage du Hamas, ont dressé une tente devant le Parlement, disant qu'ils ne partiront qu'avec le départ du Premier ministre ; ils réclament la fin de la guerre

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Les participants à une manifestation organisée pour marquer le premier mois qui s'est écoulé depuis le massacre du Hamas du 7 octobre devant la Knesset. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
Les participants à une manifestation organisée pour marquer le premier mois qui s'est écoulé depuis le massacre du Hamas du 7 octobre devant la Knesset. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Une foule s’est réunie devant la Knesset, mardi dans la soirée, pour marquer les 30 jours qui se sont écoulés depuis le massacre commis par le Hamas, le 7 octobre. Ce jour-là, après avoir franchi la frontière, les terroristes ont massacré 1 400 personnes – les résidents des communautés et des villes du sud d’Israël et des jeunes qui assistaient à une rave-party aux abords d’un kibboutz. Plus de mille civils ont perdu la vie, victimes d’atrocités. Les hommes du groupe terroriste ont aussi enlevé plus de 240 personnes qui sont depuis retenues en captivité à Gaza.

Deux hommes étaient à l’origine du rassemblement qui s’est tenu hier soir, deux Israéliens qui ont perdu des proches le 7 octobre : Maoz Inon et Yaakov Godo.

Le fils de Godo, Tom, a été tué par les terroristes alors qu’il se trouvait dans la pièce blindée de son habitation, dans le kibboutz Kissufim. Il a été abattu alors qu’il tentait de tenir la porte fermée, permettant à son épouse et aux trois petites filles du couple de prendre la fuite par la fenêtre.

Les parents de Yinon, Bilha et Yakovi Inon, 78 ans et 75 ans, ont été tués par une roquette tirée en direction de leur petite maison en bois du moshav Netiv HaAsara.

La manifestation a été courte, solennelle et recueillie, sans prise de parole réellement officielle sur scène. Elle a commencé par la diffusion d’un vieil enregistrement, celui d’un chœur chantant « Unetaneh Tokef, » le poème liturgique hantant qui est interprété lors de Rosh HaShanah et lors de Yom Kippour et qui décrit le jour du jugement.

Dans l’assistance, des personnes majoritairement âgées, silencieuses, brandissant des drapeaux israéliens ou des pancartes présentant les visages des portés-disparus, alors que les protestataires se tenaient dans la rue Kaplan de Jérusalem, où une ampoule bleue sur laquelle était écrit « 75 » projetait sa lumière depuis le dessus du bâtiment de la Banque d’Israël et du ministère des Finances pour célébrer le 75e anniversaire de l’établissement d’Israël.

Une manifestation organisée pour marquer le premier mois qui s’est écoulé depuis le massacre du Hamas du 7 octobre devant la Knesset. (Crédit : Yoram Shpirerl)

Au bas de la rue, des affiches montrant les visages des portés-disparus et des otages à Gaza recouvraient les arrêts de bus et les barrières. Il y avait aussi la photo d’un autre visage familier, celui de Ron Arad, pilote de l’armée de l’air porté-disparu depuis 1986. Sur le poster d’Arad, il y avait l’inscription : « Ne laissez pas ça se reproduire ».

Certains participants portaient des tee-shirts noir arborant le mot en hébreu « shiva » (sept), en référence au 7 octobre, et un autre tee-shirt, également noir, déjà familier : celui que les manifestants portaient pendant le mouvement de protestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au cours de l’été 2020, avec le mot « Lech ! » (Pars !) écrit en blanc.

Inon et Godo ont clairement établi dans des interviews qu’ils voulaient que Netanyahu quitte le gouvernement, qu’ils s’opposaient à la guerre contre le Hamas et qu’ils étaient favorables à un cessez-le-feu.

Pendant les 20 premières minutes de la cérémonie, l’état d’esprit est toutefois resté solennel, sans évoquer la politique.

Deux chansons ont été diffusées ainsi qu’un enregistrement audio retraçant les atrocités, les meurtres et les kidnappings qui ont eu lieu le 7 octobre – qui ont laissé derrière eux des orphelins, des veufs, des veuves, des familles brisées et une génération traumatisée.

Finalement, Godo et Iron se sont exprimés.

Godo a déclaré que Netanyahu endossait la responsabilité totale du cauchemar qui s’est abattu sur Israël et que son gouvernement avait abandonné la population.

« Aidez-moi, aidez-nous dans cette guerre » visant à écarter Netanyahu du pouvoir, a dit Godo.

Inon a raconté que sa mère avait prévu d’aller, avec sa valise, à un carrefour voisin, ce samedi noir – l’accessoire dont elle ne se séparait pas pendant le mouvement de protestation contre la refonte du système de la justice israélien avancé par le gouvernement et et qui, pour elle, symbolisait la nécessité, pour Netanyahu, de plier bagage et de partir.

Mais elle et son père ont été tués en tout début de matinée, le 7 octobre, a expliqué Inon.

Inon a déploré l’absence totale de visite ou d’appel téléphonique de la part du Premier ministre aux familles touchées dans leur chair, faisant remarquer qu’il ne s’était rendu à aucune inhumation et à aucune shiva.

« Je suis brisé, toutes les familles le sont », a-t-il dit. « Et tout le monde sait qui est le responsable, qui nous a abandonné. C’est son échec et je suis aujourd’hui devant la Knesset pour lui dire ce que lui disait ma mère : Pars ! Pars ! Pars ! »

La foule a alors repris à voix forte les mots d’Inon :  » Pars ! Pars ! Pars ! Pars ! »

Tout ce qui reste dorénavant, a continué Inon, est l’espoir de reconstruire Israël une fois encore – sur la base de la justice, de l’égalité, de l’amour et de la coopération.

Il a cité les paroles célèbres prononcées par Menachem Begin qui, lorsqu’il était Premier ministre, avait signé le traité de paix avec l’Égypte : « La guerre est évitable ; la paix est inévitable ».

Inon a indiqué que la période difficile que travers actuellement le pays était un moment historique, un mont Sinaï des temps modernes, avec un gouvernement « qui danse autour du veau d’or de la Haine ».

Il a invité le public à le rejoindre dans la tente qu’il occupera avec Godo et d’autres familles aux abords de la Knesset, précisant qu’ils y resteront jusqu’à ce que Netanyahu démissionne du gouvernement.

« Je pense que nous l’emporterons », a-t-il affirmé.

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