Devant Merkel, Netanyahu accuse Abbas « d’étrangler » l’afflux financier à Gaza
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Devant Merkel, Netanyahu accuse Abbas « d’étrangler » l’afflux financier à Gaza

Le Premier ministre a déclaré à la chancelière que la pression exercée par l'Autorité palestinienne sur les dirigeants du Hamas pourrait avoir des "conséquences très dures"

La chancelière allemande Angela Merkel,  à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe à l'hôtel King David de Jérusalem, le 4 octobre 2018 (Crédit : Haim Zach/Government Press Office)
La chancelière allemande Angela Merkel, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe à l'hôtel King David de Jérusalem, le 4 octobre 2018 (Crédit : Haim Zach/Government Press Office)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé jeudi le président de l’Autorité palestinienne « d’étrangler » la bande de Gaza en retenant les financements de l’enclave côtière, mettant en garde contre les « conséquences très dures » qu’auront les politiques de l’AP.

« Au cours de l’année passée, Abbas a rendu la situation à Gaza plus difficile en supprimant l’afflux des fonds versés à Gaza par l’Autorité palestinienne », a expliqué Netanyahu lors d’une conférence de presse conjointe à Jérusalem après s’être entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel qui se trouve actuellement dans le pays.

Abbas a imposé une série de sanctions handicapantes dans l’enclave pour tenter d’obliger le Hamas à abandonner le contrôle de Gaza. Le groupe terroriste est à la tête de l’enclave côtière depuis un coup d’état contre la faction rivale du Fatah d’Abbas.

Les propos de Netanyahu font suite au discours prononcé par Mahmoud Abbas devant l’Assemblée générale de l’ONU, la semaine dernière, dans lequel il a menacé « d’abandonner toute responsabilité » à Gaza si le Hamas devait refuser de répondre de manière positive aux initiatives égyptiennes de réconciliation entre les deux groupes rivaux palestiniens.

Se tenant aux côtés de la responsable allemande, le Premier ministre a estimé que les pressions financières « pourraient entraîner des conséquences très difficiles ».

« En résultat de cet étranglement, des tensions sont apparues et en résultat de ces dernières, de temps en temps, le Hamas attaque Israël à une intensité relativement faible. Mais l’étranglement ne cesse de croître », a averti le Premier ministre.

Il a également accusé le leader de l’AP de gêner les efforts livrés par les Nations unies pour venir en aide à la bande de Gaza.

« Abbas est intervenu dans toutes les tentatives de l’ONU d’alléger le malheur de Gaza, notamment maintenant et… de nombreux pays – je peux le dire aujourd’hui, même des pays donateurs – le condamnent pour cela et à juste titre », a noté Netanyahu.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, prononce un discours à l’Assemblée générale des Nations Unies le 27 septembre 2018 à New York. (Crédit : Stephanie Keith / Getty Images / AFP)

Netanyahu a également mis en garde le Hamas contre toute attaque menée à l’encontre d’Israël alors que l’armée a déployé des forces supplémentaires le long de la frontière avec Gaza, qui ont été placées en état d’alerte élevé.

« D’un autre côté, si le Hamas estime qu’en résultat de ces malheurs, il est libre de s’en prendre à Israël – il fera alors très grosse erreur », a dit Netanyahu. « Notre réponse sera dure, très dure. J’espère qu’il est possible de mettre un terme à cet étranglement mais je répète également qu’Israël agira avec toute la force nécessaire pour se défendre et pour défendre ses citoyens ».

Les émeutes à la frontière avec Gaza, appelées « la grande marche du retour », se sont considérablement renforcées ces dernières semaines. Elles avaient commencé sous la forme de rassemblements hebdomadaires au mois de mars dernier et avaient duré tout l’été, avec toutefois quelques périodes d’accalmie, indicatrices de pourparlers indirects entre le groupe terroriste du Hamas et Israël sur la mise en place d’un cessez-le-feu.

Lorsque ces négociations se sont trouvées dans l’impasse, le Hamas a renforcé le rythme des émeutes et des manifestations contre Israël, créant de nouvelles unités chargées de prolonger les tensions le long de la frontière pendant la nuit comme aux premières heures de l’aube.

Ces émeutes nocturnes, au cours desquelles des Palestiniens jettent régulièrement des grenades et des explosifs improvisés en direction des soldats et commettent des attaques incendiaires aériennes perpétrées à l’aide de ballons transportant des combustibles, menacent de faire éclater un nouveau conflit d’ampleur entre le Hamas et l’armée israélienne à Gaza.

Des Palestiniens manifestent dans des fumées de gaz lacrymogène au poste frontière d’Erez avec Israël dans le nord de la bande de Gaza le 3 octobre 2018. (AFP PHOTO / DIT KHATIB)

Abbas a drastiquement réduit les fonds que l’AP verse à Gaza et il a coupé les salaires des employés de l’AP au sein de l’enclave pour forcer le Hamas à abandonner le territoire en rendant plus difficile sa gouvernance. Le Hamas craint qu’Abbas ne réduise les financements des soins de santé et d’autres services aux Gazaouis.

D’autres baisses dans le budget de Gaza sont considérées comme une initiative susceptible d’empirer la situation humanitaire à Gaza, qui est déjà dure, et d’approfondir la division entre les groupes rivaux.

Le Hamas et le Fatah ont signé un accord qui plaçait la bande de Gaza et la Cisjordanie sous le contrôle de l’Autorité palestinienne au mois d’octobre 2017, mais les deux parties ont échoué à le mettre en oeuvre.

La semaine dernière, la Banque mondiale a averti que l’économie de la bande de Gaza était en « chute libre ». Selon le rapport, l’économie, dans la bande, a chuté de six pour cent lors du premier trimestre de 2018 « avec des indications, depuis lors, d’une plus forte détérioration », a-t-il noté.

L’AFP a contribué à cet article.

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