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Dieudonné condamné pour injure publique envers une magistrate dans une vidéo

Le polémiste a été condamné mercredi à 30 000 euros d'amende par le tribunal de Versailles pour injure publique dans une vidéo

Dieudonné M'Bala M'Bala s'adresse aux médias devant le palais de justice de Chartres, le 22 juin 2020, avant un procès pour propos racistes et antisémites présumés. (Crédit : Guillaume SOUVANT / AFP)
Dieudonné M'Bala M'Bala s'adresse aux médias devant le palais de justice de Chartres, le 22 juin 2020, avant un procès pour propos racistes et antisémites présumés. (Crédit : Guillaume SOUVANT / AFP)

Dieudonné M’bala M’bala a été condamné mercredi à 30 000 euros d’amende par le tribunal de Versailles pour injure publique envers une magistrate dans une vidéo, dont il avait contesté être l’auteur en invoquant un trucage numérique (« deepfake »), ce que la justice a rejeté.

Dans cette vidéo, publiée le 8 avril 2020 sur YouTube puis retirée, on voyait Dieudonné, aujourd’hui âgé de 65 ans, critiquer vigoureusement les réquisitions d’une magistrate de Nanterre, la comparant notamment aux femmes ayant collaboré au régime nazi.

Lors d’une première audience en novembre, Dieudonné avait formellement contesté être l’homme sur la vidéo, assurant être victime d’un « deepfake », une technique sophistiquée consistant, entre autres, à superposer un visage sur un autre.

« Sa thèse du deepfake est rejetée par les juges », s’est félicité auprès de l’AFP Me Rémi-Pierre Drai, avocat de la magistrate, qualifiant Dieudonné de « menteur incapable d’assumer ses propres vidéos ». L’avocat s’est dit toutefois « très inquiet » que le deepfake devienne « un nouveau moyen d’échapper à la justice » pour les prévenus.

Face à la défense inattendue de l’humoriste, le tribunal avait en novembre ordonné de nouvelles investigations sur l’authenticité de la vidéo et renvoyé le procès au 15 mars.

Au cours de cette seconde audience, les nouveaux actes d’enquête avaient été énumérés, dont des perquisitions au domicile de M. M’bala M’bala et dans les locaux de sa société de spectacle, au cours desquelles les gendarmes n’avaient pas retrouvé de local de tournage. « Il aurait pu la réaliser chez un ami », avait alors rétorqué Me Rémi-Pierre Drai, avocat de la magistrate.

De son côté, Dieudonné avait maintenu n’avoir aucun lien avec la vidéo. « Le temps est venu pour le droit de la presse de faire sa révolution 2.0 car aujourd’hui, avec les deepfake, l’image n’est plus une preuve », avait plaidé son avocat David de Stefano, demandant sa relaxe.

La Cour a finalement condamné Dieudonné à 30 000 euros d’amende, dépassant les réquisitions du parquet qui demandait une sanction financière de 20 000 euros.

Contacté par l’AFP, l’avocat de Dieudonné n’a pas réagi dans l’immédiat.

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