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Différend gazier: Téhéran « prêt » à parler avec le Koweït et l’Arabie

Une bonne partie du champ gazier de Dorra est située à la frontière maritime entre le Koweït et l'Arabie saoudite, mais une autre partie relève de l'Iran.

Illustration. Une image aérienne du gisement de gaz israélien au large d'Israël (Albatross Aerial photographie/Noble Energy/Flash90/File)
Illustration. Une image aérienne du gisement de gaz israélien au large d'Israël (Albatross Aerial photographie/Noble Energy/Flash90/File)

L’Iran s’est dit samedi « prêt » à discuter d’une exploitation commune du gisement gazier de Dorra, objet d’un différend de longue date avec le Koweït, qui a annoncé plus tôt cette semaine un accord avec l’Arabie saoudite voisine pour le développer.

Une bonne partie de ce champ, dont les réserves sont estimées à 220 milliards de mètres cubes, soit 7 000 milliards de pieds cubes, est située à la frontière maritime entre le Koweït et l’Arabie saoudite, mais une autre partie relève de l’Iran.

« La République islamique d’Iran se réserve le droit d’exploiter le champ gazier de Dorra », appelé Arach en persan, a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

Selon M. Khatibzadeh, Téhéran est « prêt » à discuter avec le Koweït et l’Arabie saoudite sur « la façon d’exploiter conjointement le champ », dont la part la plus importante est située sur la frontière maritime commune koweïto-saoudienne.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh pendant une interview, en novembre 2020. (Capture d’écran)

Lundi, les ministres de l’Energie saoudien et koweïtien ont signé un accord pour développer ce champ. Selon le Koweït, un milliard de pieds cubes de gaz naturel, soit 84 000 barils de condensat, seront produits quotidiennement.

Cet accord intervient alors que les prix de l’énergie ont considérablement augmenté après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février.

« Toute action concernant la mise en œuvre et le développement de ce champ doit être fait en concertation avec les trois pays », a déclaré M. Khatibzadeh. Il a également qualifié l’accord d' »illégal » et de « contraire aux procédures en cours et négociations précédentes ».

Cet accord n’a « aucun effet sur le statut légal du champ et n’est pas approuvé par l’Iran », a-t-il ajouté.

Le différend à propos de Dorra remonte aux années 1960: le Koweït avait alors accordé une concession à Dorra à l’Anglo-Iranian Petroleum, devenue plus tard une part de BP, tandis que l’Iran avait donné une concession à la Royal Dutch/Shell. Les deux concessions se chevauchent dans le nord du gisement gazier.

L’Iran et le Koweït ont tenu des négociations vaines durant des années pour résoudre ce différend.

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