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Dispute entre Saar et Shaked concernant le Likud et les électeurs de droite

Tout le monde sait que Shaked ira avec Netanyahu, selon le ministre de la Justice ; la ministre de l'Intérieur affirme avoir fait des "efforts surhumains" pour empêcher un scrutin

La députée Ayelet Shaked (à gauche) s'entretient avec le chef de Tikva Hadasha, Gideon Saar, à la Knesset à Jérusalem, le 2 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La députée Ayelet Shaked (à gauche) s'entretient avec le chef de Tikva Hadasha, Gideon Saar, à la Knesset à Jérusalem, le 2 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Dans une prise de bec politique publique lundi, le ministre de la Justice, Gideon Saar, et la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, ont échangé les premières insultes de ce qui deviendra certainement une bataille féroce pour attirer une partie importante de l’électorat de droite.

Le leader de Tikva Hadasha a affirmé que Ayelet Shaked n’hésiterait pas à faire entrer son parti dans un gouvernement dirigé par le leader du Likud Benjamin Netanyahu si l’occasion se présentait après les prochaines élections.

« Tous ceux qui votent pour Ayelet Shaked savent qu’elle ira avec Netanyahu », a déclaré Saar à la radio de l’armée. « Même avant la dissolution de la Knesset [la semaine dernière], elle avait déjà participé aux efforts pour former un gouvernement [alternatif] dirigé par lui. »

Shaked a riposté sur Twitter en disant qu’elle « a admis avoir fait des ‘efforts surhumains’ pour empêcher la tenue de nouvelles élections », et a décrit ses actions comme étant « un geste responsable » pour le pays.

La nouvelle cheffe de Yamina a de son côté accusé Saar de négocier avec Netanyahu de manière similaire.

Saar a rétorqué qu’il avait refusé les offres passées de Netanyahu lui proposant, à lui, Saar, de servir de Premier ministre dans un système de rotation, et qu’il avait rejeté des offres similaires ces dernières semaines.

« Y a-t-il une personne qui croit que vous résisteriez à ce test ? », a rétorqué le ministre de la Justice sur Twitter.

Le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, à droite, s’entretient avec la ministre de la Justice de l’époque, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les deux ministres actuels ont précédemment occupé des postes de haut niveau sous Netanyahu ; Shaked était directrice du cabinet politique de Netanyahu et Saar était secrétaire de cabinet de Netanyahu.

La querelle publique entre les deux membres du cabinet laisse présager une lutte intense pour attirer les électeurs de droite désenchantés par Netanyahu, après que Naftali Bennett a déclaré qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections et qu’il a cédé les rênes de son parti Yamina à Shaked.

Tikva Hadasha et Yamina frôlent dangereusement le seuil électoral dans les sondages actuels, et tous deux considéreront les électeurs de l’autre comme des cibles idéales lors des prochaines élections.

Selon un sondage réalisé par la radio publique Kan et publié lundi, Yamina et Tikva Hadasha sont toutes deux à quatre sièges seulement, soit le strict minimum nécessaire pour entrer à la Knesset. Les sondages en Israël sont souvent peu fiables, mais ils ont néanmoins une influence sur les politiciens et les électeurs.

Les aspirations de Shaked à maintenir son parti dans la course ont reçu un coup de pouce significatif dimanche à minuit, date limite à laquelle les députés de n’importe quel parti peuvent se retirer, emportant avec eux la part du financement électoral allouée aux partis sur une base individuelle.

Il aurait fallu que trois députés de Yamina quittent en même temps pour emporter les 1,6 million de shekels par parlementaire, mais cette éventualité ne s’est pas produite.

Le vice-ministre des Affaires religieuses Matan Kahana, un des principaux députés de Yamina, est fortement enclin à quitter Shaked puisqu’il ne souhaite pas siéger dans un gouvernement avec Netanyahu, mais son bureau a annoncé dimanche qu’il ne partirait pas dans un « futur proche ».

La dirigeante de Yamina et ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked (à droite) rencontre le vice-ministre des Affaires religieuses Matan Kahana dimanche pour discuter de l’avenir du parti. (Crédit : Autorisation du Bureau de Matan Kahana)

Il est toutefois fort probable que Kahana finisse par partir. Il serait en train d’étudier les possibilités de s’associer au parti de Saar, le Tikva Hadasha, ou au parti Kakhol lavan, dirigé par Benny Gantz.

Kahana a demandé à Shaked de lui assurer la possibilité de se séparer de Yamina seul et de recevoir les fonds électoraux jusqu’à la date limite de soumission des listes de candidats du parti pour les élections, qui est le 15 septembre, selon une source politique.

Le parti Yamina a répondu que des discussions étaient en cours sur cette question.

Les députés de Yamina, Idit Silman et Nir Orbach, qui ont tous deux quitté la coalition, tentent de conclure un accord avec le Likud pour obtenir une place sur sa liste, en récompense de leur rôle dans la chute du gouvernement mixte de Bennett et du Premier ministre de transition Yair Lapid.

Nir Orbach et Idit Silman discutant lors d’un vote en plénière de la Knesset à Jérusalem, le 1er juin 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Les deux hommes n’ont toutefois pas réussi à trouver un troisième député Yamina pour quitter avant minuit dimanche.

Des sources du parti disent que Shaked n’a aucune envie de garder Silman et Orbach au sein de Yamina et ne les a notamment pas inclus dans une réunion dimanche avec les deux autres députés de Yamina, Shirly Pinto et Abir Kara.

Le parti est confronté à des défections depuis la formation de la coalition en juin dernier, l’un de ses membres nouvellement élus à la Knesset, Amichai Chikli, ayant même voté contre la mise en place du gouvernement en juin dernier.

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