Dix-huit sénateurs démocrates mettent en garde contre l’annexion
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Dix-huit sénateurs démocrates mettent en garde contre l’annexion

Dans une missive adressée à Netanyahu et Gantz, Warren, Sanders, Durbin, Kaine et d'autres affirment que l'initiative "trahirait nos valeurs démocratiques communes"

La candidate démocrate à la présidence, la sénatrice Elizabeth Warren, s'exprime lors d'un débat sur les primaires présidentielles démocrates organisé par CNN et le "New York Times" à l'université Otterbein, le 15 octobre 2019, à Westerville (Ohio). (John Minchillo/AP)
La candidate démocrate à la présidence, la sénatrice Elizabeth Warren, s'exprime lors d'un débat sur les primaires présidentielles démocrates organisé par CNN et le "New York Times" à l'université Otterbein, le 15 octobre 2019, à Westerville (Ohio). (John Minchillo/AP)

Dans une lettre aux dirigeants d’Israël, un groupe de 18 sénateurs démocrates a mis en garde contre les conséquences néfastes qu’aurait l’annexion par Israël de certaines parties de la Cisjordanie sur la « relation bilatérale et bipartite » de l’État juif avec les États-Unis.

Les sénateurs, parmi lesquels Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Dick Durbin et Tim Kaine, ont exprimé leur « grave préoccupation » à la perspective de l’annexion par Israël de ses implantations et de la vallée du Jourdain, déclarant que cela « aurait un impact évident sur l’avenir d’Israël et sur nos relations bilatérales et bipartites vitales ».

La lettre a été adressée au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et au nouveau Premier ministre d’alternance Benny Gantz.

Ils ont averti qu’elle « trahirait nos valeurs démocratiques communes en niant le droit des Palestiniens à l’autodétermination dans un État viable, souverain, indépendant et contigu » et qu’elle risquait de « saper » la relation spéciale entre les deux nations.

« En tant qu’amis et partisans d’Israël, nous vous mettons en garde contre toute mesure unilatérale qui risquerait d’effilocher nos liens uniques, de mettre en péril l’avenir d’Israël et de placer la perspective d’une paix durable hors de portée ».

Les autres signataires étaient les sénateurs Chris Murphy, Chris Van Hollen, Sherrod Brown, Tammy Duckworth, Brian Schatz, Tammy Baldwin, Patrick Leahy, Jeff Merkley, Tom Udall, Sheldon Whitehouse, Ed Markey, Martin Heinrich, Jeanne Shaheen et Tom Carper.

Les démocrates et les partisans de gauche pro-israéliens sont largement unis dans leur opposition à l’annexion, mais ils sont divisés sur ce que devrait être la réponse politique américaine si Israël mettait en œuvre le projet de Netanyahu – et si les démocrates reprennent le pouvoir en 2021.

Deux responsables de la sécurité nationale au sein de l’administration Obama, Rob Malley et Phil Gordon, ont rédigé le mois dernier un article d’opinion dans Foreign Policy dans lequel ils demandent instamment à Joe Biden, le candidat démocrate à la présidence, de préciser que, si Israël procède à l’annexion, une partie de l’aide américaine serait menacée.

D’autres démocrates estiment que l’aide américaine à Israël ne devrait pas être affectée et qu’il existe d’autres leviers pour faire bouger Jérusalem, notamment en ne la protégeant pas des conséquences sur le sujet dans les forums internationaux tels que les Nations unies.

Tony Blinken, le conseiller principal de Joe Biden en matière de politique étrangère, a fait savoir le mois dernier que le candidat s’opposait à une annexion unilatérale, car cela « rendrait moins probable la perspective d’une solution négociée de deux États ».

L’ancien vice-président Joe Biden participe à un débat lors des primaires du parti démocrate pour la présidentielle aux studios de CNN à Washington, le 15 mars 2020. (Crédit : AP/Evan Vucci)

Mardi, il l’a confirmé aux donateurs juifs : « Je ne soutiens pas l’annexion », ajoutant qu’Israël doit « mettre fin à la menace d’annexion et arrêter les activités d’implantation, car cela étoufferait tout espoir de paix ».

Il a ajouté que s’il était élu président, il « annulerait les mesures de l’administration Trump qui, à mon avis, compromettent considérablement les perspectives de paix ».

Au début du mois, le Comité américain des affaires publiques sur Israël, ou AIPAC, a publié une déclaration visant à convaincre les parlementaires de ne pas faire pression pour modifier la politique israélo-américaine en réaction à l’annexion.

« Certains ont proposé de réduire nos liens avec Israël parce qu’ils s’opposent à la décision potentielle des dirigeants israéliens d’étendre la souveraineté israélienne à certaines parties de la Cisjordanie », pouvait-on lire dans le communiqué. « Faire quoi que ce soit pour affaiblir cette relation vitale serait une erreur. »

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