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« Donroe », la doctrine Monroe version Trump, un message aux adversaires des États-Unis

La nouvelle stratégie de sécurité nationale prône un recentrage des États-Unis sur leur environnement proche, tout en restant sobre concernant la Chine et la Russie

Le président américain Donald Trump, aux côtés du secrétaire d'État Marco Rubio (à gauche) et du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth (à droite), s'adresse à la presse après les actions militaires américaines au Venezuela, depuis sa résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2025. (Crédit : Jim Watson/AFP)
Le président américain Donald Trump, aux côtés du secrétaire d'État Marco Rubio (à gauche) et du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth (à droite), s'adresse à la presse après les actions militaires américaines au Venezuela, depuis sa résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2025. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Le président Donald Trump a justifié samedi l’opération de capture du dictateur vénézuélien Nicolas Maduro par la nécessité de restaurer la suprématie incontestée des États-Unis sur l’ensemble des Amériques, un signal qui pourrait inspirer la Chine et la Russie.

Il a présenté cette opération nocturne à Caracas, la capitale du Venezuela, comme une remise au goût du jour de la doctrine Monroe, vieille de plus d’un siècle, qui considère l’Amérique latine comme la chasse gardée des États-Unis.

« On l’appelle maintenant le document ‘Donroe’ », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse, accolant son prénom au patronyme de son lointain prédécesseur, James Monroe.

« La doctrine Monroe est très importante, mais nous l’avons dépassée de très loin », s’est targué Trump.

« Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a-t-il déclaré.

Il faisait référence au document publié il y a près d’un mois par l’administration Trump, qui redéfinit la « Stratégie de sécurité nationale » des États-Unis dans un sens ouvertement nationaliste.

Montage photos (de gauche à droite) : Le président américain Donald Trump s’adressant à la presse après les actions militaires américaines au Venezuela, depuis sa résidence de Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2026 ; le dictateur vénézuélien Nicolas Maduro à bord de l’USS Iwo Jima après sa capture par l’armée américaine le 3 janvier 2026. (Crédits : Jim Watson/AFP ; Document fourni/Compte TRUTH Social du président américain Donald Trump/AFP)

Concernant l’Amérique latine, le document affirme notamment que les États-Unis doivent chercher à accéder aux ressources et aux emplacements stratégiques, et veiller à ce que les gouvernements de la région soient « suffisamment stables et bien gouvernés pour prévenir et décourager les migrations massives vers les États-Unis ».

Selon le document, les États-Unis « refuseront aux concurrents non hémisphériques la possibilité de positionner des forces ou d’autres capacités menaçantes, ou de posséder ou de contrôler des actifs stratégiques » dans la région, en allusion à la Chine, principal acheteur du pétrole vénézuélien.

Cependant, cette posture agressive pourrait encourager des rivaux des États-Unis, la Chine et la Russie en tête, à adopter une attitude similaire dans leur zone d’influence, en particulier vis-à-vis de Taïwan et de l’Ukraine respectivement.

À peine quelques jours avant l’opération visant Maduro, initialement programmée pour la fin de l’année 2025, la Chine, qui revendique Taïwan comme faisant partie de son territoire, a mené des simulations de blocus et d’attaques contre des cibles maritimes autour de l’île.

« Dangereux précédent »

L’opération au Venezuela pourrait également servir d’avertissement aux alliés des États-Unis, inquiets des menaces de Trump de s’accaparer des ressources stratégiques, notamment sa volonté déclarée d’annexer le Groenland, territoire autonome danois.

Jennifer Kavanagh, directrice de l’analyse militaire chez Defense Priorities, un groupe de réflexion qui prône une politique internationale américaine moins interventionniste, et qui était jusqu’à présent sceptique quant aux intentions de Trump concernant le Groenland, dit maintenant s’interroger.

« Il ne serait pas très difficile pour les États-Unis d’envoyer quelques centaines ou quelques milliers de militaires au Groenland, et je ne vois pas bien qui pourrait s’y opposer », dit-elle.

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le président chinois Xi Jinping se serrant la main après leur discours au sommet à l’aéroport international Gimhae Jinping, à Busan, en Corée du Sud, le 30 octobre 2025. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP Photo)

L’opération au Venezuela « soulève la question de savoir si les États-Unis peuvent proclamer qu’un dirigeant est illégitime, le destituer et gouverner le pays, pourquoi d’autres ne pourraient-ils pas en faire autant ? », explique Kavanagh.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est ainsi inquiété du « dangereux précédent » que constitue l’intervention américaine.

D’autant que sous Trump, Washington semble être revenu sur sa politique de fermeté envers Pékin et Moscou.

La nouvelle stratégie de sécurité nationale prône un recentrage des États-Unis sur leur environnement proche, tout en restant sobre concernant la Chine et la Russie. Certains de ses détracteurs en déduisent que Trump leur reconnaît une suprématie dans leurs sphères d’influence.

À minima, cette opération annonce une ligne américaine plus dure en Amérique latine, estime Alexander Gray, chercheur à l’Atlantic Council et ancien membre du Conseil de sécurité nationale sous le premier mandat du président républicain.

Selon lui, « il est très clair qu’il n’y aura plus aucune tolérance pour le type même d’influence faible de la Chine, de la Russie ou de l’Iran que nous avons connu ces vingt dernières années ».

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