Dr Eidelman : L’alimentation forcée est une torture physique
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Dr Eidelman : L’alimentation forcée est une torture physique

Allaan, de nouveau placé dans un coma artificiel ; Le chef de l'Association médicale israélienne affirme qu'il n'y a pas de place pour la politique en médecine

Leonid Eidelman, président de l'Association médicale israélienne, le mardi 29 avril 2014, à Jérusalem (Hadas Parush / Flash90)
Leonid Eidelman, président de l'Association médicale israélienne, le mardi 29 avril 2014, à Jérusalem (Hadas Parush / Flash90)

L’alimentation forcée des prisonniers grévistes de la faim est une forme de torture, a déclaré jeudi
Dr Leonid Eidelman, le président de l’Association médicale israélienne, en réaction aux critiques qui lui ont été adressées par le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, suite à la décision de mercredi de la Haute Cour de suspendre la détention administrative du gréviste de la faim palestinien Mohammed Allaan.

Au micro de la radio israélienne, Eidelman a souligné que les considérations médicales ne devaient pas être influencées par la politique, et a accusé Erdan de tenter d’utiliser la question à des fins politiques étroites.

« Il est dommage que le ministre de la Sécurité intérieure nous [les médecins] traîne dans l’arène politique », a déclaré Eidelman.

« C’est un politicien, il a des intérêts politiques, mais la médecine doit rester apolitique. Les médecins doivent traiter tous les patients, indépendamment de la politique ».

« L’alimentation forcée est une torture physique, » a continué Eidelman. « Les médecins ne peuvent pas prendre part à la torture … La dernière chose dont nous avons besoin c’est la torture. La dernière chose dont nous avons besoin c’est l’alimentation forcée ».

Lorsqu’on lui a demandé jeudi pourquoi l’association médicale a choisi de rejeter catégoriquement une loi controversée permettant aux autorités de nourrir de force les prisonniers grévistes de la faim, Eidelman a répondu que le texte de loi n’était pas contraignant, et que par conséquent les médecins avaient moralement le droit de refuser de se conformer à la directive.

« La loi n’éxige pas du médecin de faire quoi que ce soit », a déclaré Eidelman.

« La loi donne la permission au médecin [d’alimenter de force], mais cela reste la décision du médecin, et en fin de compte cette décision doit être prise sur la base de l’éthique médicale, et pour nous c’est clair qu’il est interdit de se conformer à cette directive ».

Erdan avait critiqué mercredi l’Association médicale israélienne pour son refus de nourrir de force les grévistes de la faim palestiniens, et avait particulièrement mentionné Eidelman, qui, selon le ministre, aurait menacé les médecins pour qu’ils n’appliquent pas la procédure controversée.

Gilad Erdan le 18 mai 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Gilad Erdan le 18 mai 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« La décision de libérer le terroriste Allaan a été principalement motivée par la position de l’Association médicale israélienne, dirigée par le Dr Eidelman, de ne pas soigner les terroristes grèvistes de la faim jusqu’à ce qu’ils aient perdu connaissance ou qu’il y ait une crainte de dommage irréversible », a écrit Erdan sur Facebook.

« Tout au long de la période de son hospitalisation [au centre médical Barzilai à Ashkelon], le Dr Eidelman a exigé et a menacé les médecins de ne pas se conformer à la loi sur les droits des malades malgré les décisions du comité d’éthique de l’hôpital, » a-t-il ajouté.

« Il est temps que l’Association médicale d’Israël et que son chef respectent la loi au lieu de prendre des mesures qui aboutissent à la libération de terroristes. »

ההחלטה על שחרורו של המחבל עלאן נגרמה בראש ובראשונה כתוצאה מעמדתה של ההסתדרות הרפואית, בראשות ד״ר אידלמן, שלא לטפל במחבלי…

Posted by ‎גלעד ארדן | Gilad Erdan‎ on Wednesday, 19 August 2015

Mercredi, la Haute Cour de justice a estimé que compte tenu de l’aggravation de l’état de santé d’Allaan, son statut de détenu administratif serait mis en attente, decison qui pourrait ouvrir la voie à sa libération de prison. La Cour a ajouté que la famille d’Allaan pourra lui rendre visite sans limitation au centre médical Barzilai à Ashkelon, où il restera hospitalisé en raison de son état.

Le tribunal n’a pas libéré Allaan, statuant que ce dernier ne pourrait quitter Barzilai qu’avec l’autorisation des autorités, et que dans le cas de désaccord entre les parties il se prononcera à nouveau sur le cas.

Palestiniens et Bédouins manifestent pour la libération du prisonnier palestinien Mohammed Allaan, dans la ville bédouine de Rahat dans le sud d'Israël, le 18 août 2015. (Hadas Parush / Flash90)
Palestiniens et Bédouins manifestent pour la libération du prisonnier palestinien Mohammed Allaan, dans la ville bédouine de Rahat dans le sud d’Israël, le 18 août 2015. (Hadas Parush / Flash90)

Mais la suspension temporaire de son statut de prisonnier a été suffisante pour permettre à Allaan pour mettre fin à sa grève de la faim, ont dit les membres de sa famille.

La santé d’Allaan s’est détériorée mercredi soir, et il a de nouveau été placé dans un coma artificiel pendant que les médecins ont entamé le long travail de réhabilitation physique.

Avant même son coma, les médecins avaient décrit Mohammed Allan comme perdant le contact avec son environnement. Le cerveau est atteint par deux mois de grève de la faim, avaient-ils dit sans se prononcer sur le caractère irréversible ou non de ces atteintes.

L’équipe du Times of Israel, Josefin Dolsten, et l’AFP ont contribué à cet article

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