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Dû à la baisse des revenus d’État, Israël pourrait manquer la cible de déficit 2023

La Bank Hapoalim et Meitav prévoient un déficit budgétaire de 3 % du PIB ; le Trésor a fixé des déficits d'environ 1 % en 2023 et de 0,8% en 2024

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, à gauche, présente le budget de l'État au ministère des Finances de Jérusalem, le 28 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, à gauche, présente le budget de l'État au ministère des Finances de Jérusalem, le 28 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël aura du mal à atteindre son objectif de déficit budgétaire pour cette année, alors que les revenus de l’État devraient continuer à baisser et que les effets négatifs de la réforme judiciaire prévue sur l’activité économique locale se font de plus en plus sentir, avertissent les économistes.

Tandis que le gouvernement de coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu se prépare à adopter le budget 2023-2024 de l’État avant la date butoir du 29 mai, les économistes de la Bank Hapoalim et de la société d’investissement Meitav prédisent dès à présent que le gouvernement ne parviendra pas à atteindre son objectif de déficit budgétaire, qui se situe juste en dessous d’un pour cent du produit intérieur brut. La Bank Hapoalim et Meitav estiment aujourd’hui que le déficit budgétaire pourrait atteindre 3 % du PIB en 2023.

Les prévisions des économistes sont basées sur des données publiées la semaine dernière, montrant qu’Israël a enregistré, pour la première fois en neuf mois, un déficit budgétaire de 0,01 % en mars, en raison de la baisse des revenus de l’État.

« Même avant que le budget ne soit approuvé, il est aujourd’hui tout à fait clair que le déficit d’environ 1 % prévu pour 2023 ne se matérialisera pas, car la tendance à la baisse des revenus de l’État devrait se poursuivre », a déclaré Alex Zabezhinsky, économiste en chef chez Meitav. « Par conséquent, l’objectif fixé pour 2024 n’est plus d’actualité ».

Le ministère des Finances vise un déficit budgétaire de 0,8 % du PIB pour 2024. Et ce, après que le gouvernement a enregistré en 2022 le tout premier excédent budgétaire en 35 ans, à 0,6 % du PIB, alors que les revenus de l’État avaient augmenté de 4,8 % pour atteindre 468,5 milliards de shekels, bénéficiant d’une hausse exceptionnellement élevée des revenus de de l’État. Israël avait enregistré des déficits de 4,4 % du PIB en 2021 et de 11,3 % en 2020, alors que le gouvernement introduisait un plan de dépense d’aide économique programmé sur plusieurs années pour venir soutenir à une économie mise à mal par la pandémie de coronavirus.

En mars, les recettes de l’État ont diminué de 4,7 % pour atteindre 40,8 milliards de shekels, contre 42,8 milliards de shekels au cours du même mois de l’année dernière. Les revenus de l’État ont chuté d’environ 10 % en termes réels, y compris l’impôt sur les sociétés. La baisse la plus importante a été enregistrée au niveau de la perception des taxes foncières, qui ont chuté de 43 % alors que le marché immobilier israélien, en plein essor, montre des signes de ralentissement dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés. Les dépenses publiques se sont élevées à 43,5 milliards de shekels en mars, contre 41,9 milliards de shekels en mars 2022.

Une bannière disant « Pas de liberté, pas de high tech » lors d’une manifestation anti-gouvernementale à Tel Aviv, le 14 janvier 2023. (Crédit : Times of Israel)

« Depuis le début de la pandémie, l’évolution des revenus de l’État a été le meilleur indicateur pour prévoir la croissance économique », a indiqué Zabezhinsky. « Si le lien entre les revenus de l’État et la croissance se maintient cette année, la baisse des revenus de l’État observée au premier trimestre par rapport à l’année dernière pourrait indiquer une croissance économique nulle, voire négative, au premier trimestre. »

Bien que le déficit du mois de mars soit minime en termes de pourcentage du PIB, il arrive à un moment où la croissance économique robuste d’Israël, de plus de 6 % en 2022, devrait déjà tomber à environ 2,5 % cette année, en raison du ralentissement de la croissance économique mondiale. En outre, de hauts responsables du ministère des Finances ont averti que la réforme judiciaire proposée par le gouvernement pourrait entraîner une grave perte de revenus de l’État et causer « un préjudice très important » à l’économie en général et au secteur de la haute technologie en particulier, en raison de la dépendance de ce dernier aux transactions internationales et au financement provenant de l’étranger.

Le secteur de la High-tech en Israël génère environ 17 % du PIB et représente plus de 50 % des exportations et environ 25 % des taxes sur les salaires. Au cours du premier trimestre de cette année, les entreprises technologiques israéliennes ont levé 1,7 milliard de dollars, soit une baisse de 70 % par rapport aux 5,8 milliards de dollars levés au cours des trois premiers mois de 2022, selon un rapport de l’IVC Research Center et de LeumiTech. Le trimestre a marqué le chiffre le plus bas en quatre ans.

Une enquête récente de Start-Up Nation Central, qui suit l’écosystème technologique local, a révélé que 80 % des startups israéliennes et 84 % des investisseurs craignent que les changements prévus dans le système judiciaire israélien aient un « impact négatif sur eux et sur les entreprises de leur portefeuille ». Environ 84 % pensent que les projets du gouvernement auront un effet négatif sur leur capacité à lever des fonds à l’étranger.

Les recettes de l’État et le prélèvement des impôts ont bénéficié, ces dernières années de faibles taux d’intérêt, d’une forte croissance et d’une augmentation des prix dans deux secteurs : l’immobilier et la haute technologie. La Banque d’Israël a commencé à relever ses taux d’intérêt en avril de l’année dernière, passant d’un niveau record de 0,1 % à 4,5 % au début de ce mois.

« Ces secteurs ont connu des augmentations de prix significatives, reflétées par la hausse des prix de l’immobilier et les évaluations élevées des entreprises en démarrage, et les revenus de l’État du gouvernement en ont été l’un des principaux bénéficiaires », a écrit la Bank Hapoalim dans un rapport. « Cette année, les transactions immobilières ont chuté et les prix ont commencé à baisser, ce qui nuit également aux recettes. Nous voyons moins de sorties d’entreprises technologiques et à des prix plus modestes ».

« En conséquence, les revenus de l’État devraient, au moins cette année, être inférieures en termes nominaux à celles de l’année dernière, et diminuer considérablement », selon la Banque Hapoalim.

Au début du mois, Moody’s Investors Service a abaissé la perspective de la cote de crédit d’Israël de « positive » à « stable », citant les changements prévus dans le système judiciaire du pays et les risques qu’ils posent à la stabilité économique et sociale. Moody’s a indiqué que les perspectives du pays pourraient être encore abaissées si la situation n’est pas résolue et si les tensions sociales et économiques se poursuivent – en particulier, si l’impact négatif sur le secteur israélien de la haute technologie était significatif.

Dans le même temps, l’agence de notation a réaffirmé la note de crédit A1 d’Israël, soutenue par « une forte croissance économique et une amélioration de la solidité budgétaire », tout en qualifiant de « prudent » le projet de budget actuel pour 2023-2024.

Dans une interview accordée à CNBC, Netanyahu a écarté la semaine dernière les inquiétudes croissantes concernant le poids de la réforme du système judiciaire de son gouvernement sur l’économie israélienne, qualifiant de « poussière » des éléments tels que la chute brutale des investissements dans le secteur de la high-tech et la révision à la baisse des perspectives de crédit d’Israël par les agences de notation.

« La poussière momentanée qui est dans l’air n’est que cela, de la poussière », a-t-il déclaré. « Les fondamentaux de l’économie israélienne sont très puissants.

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