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Dublin blâmé pour avoir cherché à assouplir les sanctions contre Israël

Les critiques de la favorite à la présidence irlandaise, Catherine Connolly ont été repris par Frances Black, membre indépendant du Parlement, qui juge les sanctions essentielles

La candidate à la présidence irlandaise, Catherine Connolly, s'adressant aux médias lors d'une visite aux bureaux d'Alone, à Dublin, le 8 octobre 2025. (Crédit : PA Images via Reuters Connect)
La candidate à la présidence irlandaise, Catherine Connolly, s'adressant aux médias lors d'une visite aux bureaux d'Alone, à Dublin, le 8 octobre 2025. (Crédit : PA Images via Reuters Connect)

DUBLIN, Irlande — La favorite pour devenir la prochaine présidente de l’Irlande a critiqué le gouvernement pour son inaction concernant un projet de loi visant à imposer des sanctions aux implantations israéliennes en signe de protestation contre la campagne militaire d’Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

Catherine Connolly, députée indépendante de gauche soutenue par le principal parti d’opposition, le Sinn Fein, a exhorté Dublin à ne pas céder à la pression des grandes entreprises américaines en édulcorant la loi, et à ne pas se limiter à une infime partie du commerce des biens, mais à inclure également les services.

Elle est intervenue avant l’annonce, mercredi soir, par le président américain Donald Trump, de la conclusion d’un accord de cessez-le-feu à Gaza et de la libération des otages, dans le cadre de son plan visant à mettre fin à la guerre qui dure depuis deux ans dans la bande de Gaza.

Selon Connolly, les partenaires de la coalition « traînent les pieds »

Le gouvernement irlandais a vivement critiqué l’offensive israélienne contre le Hamas à Gaza. Cependant, selon certaines sources interrogées par Reuters, le projet de loi devrait être édulcoré à la suite des pressions exercées par des entreprises américaines.

« Nous ne pouvons pas laisser le gouvernement laisser tomber le peuple palestinien sur cette question », a-t-elle déclaré à Reuters, accusant les partenaires de la coalition gouvernementale de centre droit, le Fianna Fáil et le Fine Gael, de « faire traîner les choses ».

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis s’adressant à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 26 septembre 2025. (Crédit : Richard Drew/AP Photo)

« Je continuerai à faire pression pour que le projet de loi sur les territoires occupés inclue les services, comme cela a toujours été prévu », a déclaré Connolly, qualifiant toute limitation aux biens de « capitulation effroyable devant les intérêts des entreprises » et de « trahison impardonnable ».

Si le président irlandais a surtout une fonction symbolique, il peut toutefois exercer une influence sur le gouvernement, car il a le pouvoir de renvoyer les nouveaux projets de loi devant la Cour suprême afin de déterminer leur conformité à la Constitution, même si cela est rare.

Connolly est en tête des sondages d’opinion réalisés en vue du scrutin du 24 octobre.

Les déclarations de Connolly ont été reprises par Frances Black, membre indépendante de la chambre haute du Parlement, qui avait été la première, il y a sept ans, à proposer une loi visant à imposer des sanctions contre les implantations israéliennes.

« Le gouvernement doit se montrer ferme sur ce point. Il doit faire preuve de courage. Il est absolument essentiel que les biens et les services soient inclus dans le projet de loi », a déclaré Black à Reuters.

« Nous devons joindre le geste à la parole. »

Le gouvernement irlandais a refusé de commenter.

Depuis un an, l’Irlande se prépare à imposer des sanctions au commerce avec les implantations, ce qui suscite les critiques d’Israël, de groupes de pression internationaux, ainsi que les menaces de représailles de la part de parlementaires américains et d’entreprises.

Des agriculteurs palestiniens de Cisjordanie et des sympathisants irlandais, en compagnie de la sénatrice irlandaise Frances Black, devant le Leinster House, à Dublin, le 11 juillet 2018. (Crédit : Crispin Rodwell/AP Images pour Avaaz)

Au début de la semaine, un groupe de législateurs américains a écrit au Premier ministre irlandais, Micheál Martin, pour lui faire part de ses inquiétudes quant aux répercussions de l’adoption du projet de loi sur les relations entre les États-Unis et l’Irlande, ainsi que sur les entreprises américaines présentes sur le territoire irlandais.

Dublin exerce également des pressions pour qu’un vote rapide ait lieu sur les propositions de la Commission européenne visant à suspendre les accords de libre-échange sur les produits israéliens, même si la faisabilité d’une telle mesure face à l’opposition allemande reste incertaine.

Après que l’Irlande est devenue, en octobre dernier, le premier pays de l’UE à prendre des mesures de restriction commerciale, la Slovénie a introduit une interdiction sur les importations de marchandises en août, tandis que la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas ont annoncé, le mois dernier, des mesures similaires.

Les relations entre l’Irlande et Israël sont tendues. En décembre, Israël a fermé son ambassade à Dublin, en réaction aux critiques irlandaises concernant la guerre menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, notamment la reconnaissance par l’Irlande d’un État palestinien l’an dernier.

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