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Netanyahu interrompt sa visite à Paris après des échanges de tirs à Gaza

Les médias palestiniens font état d'au moins 6 morts, 7 blessés, des avions israéliens frappant des cibles à proximité de Khan Younis ; Les sirènes d'alarme ont retenti

Une photo prise le 27 octobre 2018 montre une explosion causée par une frappe aérienne israélienne à Gaza City. (Crédit : Mahmud Hams / AFP)
Une photo prise le 27 octobre 2018 montre une explosion causée par une frappe aérienne israélienne à Gaza City. (Crédit : Mahmud Hams / AFP)

L’armée israélienne a rapporté un échange de tirs dimanche au cours d’une opération qu’elle a menée dans le sud de la bande de Gaza, près de la ville de Khan Younès. Un hôpital palestinien de l’enclave a affirmé qu’au moins six personnes avaient été tuées, dont un dirigeant de la branche armée du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décidé d’interrompre dimanche sa visite à Paris, après des échanges de tirs au cours d’une opération israélienne dans la bande de Gaza.

« Au regard des incidents dans le sud, le Premier ministre a décidé d’interrompre sa visite à Paris et de revenir ce soir en Israël », ont annoncé ses services dans un communiqué. M. Netanyahu se trouvait dans la capitale française pour la commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

« Au cours d’une opération (militaire israélienne) dans la bande de Gaza, un échange de coups de feu a eu lieu », a indiqué l’armée dans un communiqué, précisant que plus de détails suivraient. Selon des sources palestiniennes, les heurts se sont produits à l’est de Khan Younès, dans le sud de l’enclave.

L’armée a dissipé une rumeur circulant sur les médias sociaux selon laquelle un soldat aurait été enlevé au cours de l’opération dans l’enclave palestinienne. L’armée a refusé de commenter les pertes israéliennes.

Après les heurts, des sirènes ont retenti dans le sud d’Israël, mettant en garde contre de possible tirs de roquettes depuis la bande de Gaza.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Jonathan Conricus, a assuré que tous les soldats israéliens impliqués dans l’opération étaient retournés en Israël.

Les forces israéliennes ont mené « une opération à Gaza, où s’est ensuit un échange de tirs », a-t-il écrit sur Twitter.

« Tous les soldats sont de retour en Israël. Plusieurs alarmes ont retenti dans le sud d’Israël », a-t-il ajouté.

Un porte-parole du Hamas a dénoncé une « attaque israélienne lâche ».

Les autorités locales ont déclaré que les alarmes avaient peut-être été déclenchées par les raids aériens israéliens, et non par des roquettes en provenance de Gaza.

Les habitants du sud d’Israël avaient reçu l’ordre de rester près de leurs abris anti-bombes en cas de représailles dimanche soir.

Les vols à l’aéroport international Ben Gurion d’Israël ont été modifiés suite aux affrontements à Gaza, a déclaré un porte-parole de l’Autorité de l’aviation.

Selon des médias palestiniens locaux, le chef du bataillon de Khan Younès aurait été tué lors de la frappe du drone, avec au moins cinq autres. Au moins sept personnes auraient été blessées.

Le ministre de la Santé du Hamas a identifié le commandant du Hamas comme étant Nour Baraka, âgé de 37 ans. Quatre autres membres du Hamas, tous âgés d’une vingtaine d’années, auraient été tués lors d’affrontements avec l’armée.

Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé qu’un « civil » avait également été tué lors de l’échange.

Le journal Shams, basé à Gaza, a rapporté que des Palestiniens avaient tiré sur les drones – un porte-parole du Hamas saluant la « résistance courageuse qui a repoussé l’agression israélienne ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été informé de cette flambée alors qu’il se trouve en visite officielle à Paris. Un responsable du bureau du Premier ministre n’a pas pu dire qui était responsable de la convocation du cabinet de sécurité au plus haut niveau en l’absence de Netanyahu.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a appelé à une évaluation de la sécurité avec les plus hauts responsables de la défense au siège de l’armée à Tel-Aviv.

Les Israéliens de la région d’Eshkol, à proximité de Khan Younis, ont déclaré avoir entendu plusieurs explosions alors que les combats avaient débuté vers 21h30.

Les routes entourant immédiatement la bande de Gaza ont été fermées en raison des activités militaires, a annoncé la police.

Le ministère de l’Intérieur du Hamas a déclaré aux médias palestiniens que l’aile militaire et la police du groupe terroriste avaient été mises en état d’alerte dans tout Gaza, suite aux affrontements.

Contrairement à la plupart des attaques israéliennes sur Gaza, qui sont des représailles, on ne savait pas vraiment ce qui avait motivé les frappes de drones, alors que les parties étaient sur le point de conclure un accord de cessez-le-feu le long de la frontière rétive.

Vendredi, Israël a alloué 15 millions de dollars d’argent qatari au Hamas pour payer les travailleurs dans le cadre des efforts intensifs menés par l’Égypte pour parvenir à un calme entre les deux camps.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait signe de la main alors qu’il arrive à l’Elysée à Paris pour un déjeuner après avoir participé à une cérémonie commémorative de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 2018. (Crédit : AP / Christophe Ena)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a justifié samedi soir sa décision d’autoriser le Qatar à acheminer 15 millions de dollars afin de payer les salaires des fonctionnaires dans la bande de Gaza, en arguant que cela contribuerait à ramener le calme.

Le chef du gouvernement israélien ne s’était pas encore exprimé sur ce sujet depuis qu’Israël a autorisé le transfert des fonds qataris dans l’enclave contrôlée par le Hamas, mouvement islamiste qu’Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne considèrent comme « terroriste ».

« Je fais ce que je peux, en coordination avec les services de sécurité, pour que le calme revienne dans les localités du sud (d’Israël), mais aussi pour éviter une crise humanitaire », a justifié le Premier ministre, avant de s’envoler pour Paris où il a assisté dimanche aux cérémonies du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Benjamin Netanyahu a précisé que les services de sécurité israéliens soutenaient cette « bonne décision », tout comme la majorité des ministres membres du cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles.

Vendredi et samedi, des fonctionnaires palestiniens de Gaza, qui ne sont plus payés que sporadiquement depuis des mois, ont perçu des arriérés de salaire et certains autres Gazaouis des aides, financés par le Qatar.

Fait exceptionnel, l’Etat hébreu qui contrôle tous les accès au territoire gazaoui en dehors de la frontière égyptienne, a laissé jeudi soir l’ambassadeur du Qatar à Gaza, Mohammed Al-Emadi, franchir le point de passage d’Erez entre Israël et l’enclave avec des valises pleines de dollars.

Au total, ce sont 90 millions de dollars qataris qui doivent être distribués en six mensualités de 15 millions, selon le Hamas, principalement pour payer au moins partiellement les fonctionnaires du mouvement.

« Je ne reculerai pas devant une guerre nécessaire mais je veux l’éviter si elle n’est pas indispensable », a déclaré M. Netanyahu à Paris, lors d’une conférence de presse pour des journalistes israéliens l’accompagnant lors de son déplacement.

Le Premier ministre a toutefois affirmé qu’il ne pouvait y avoir « de solution politique avec ceux qui s’engagent à vous détruire », promettant d’utiliser « la force maximale » si l’accalmie actuelle le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël venait à disparaître.

Une serre incendiée par un homme infiltré depuis Gaza le 9 novembre 2018 (Crédit : capture d’écran)

Sous les auspices de l’ONU, le Qatar a également accepté de financer pendant six mois, pour 60 millions de dollars, du fioul destiné à la seule centrale électrique du territoire gazaoui. Les livraisons débutées en octobre, avec l’aval israélien, ont commencé à résorber partiellement une pénurie chronique de courant.

L’entreprise d’apaisement a été critiquée par l’Autorité palestinienne (AP) de Mahmoud Abbas, qui s’estime court-circuitée. Tentant de revenir à Gaza depuis son éviction par le Hamas, elle redoute une reconnaissance de fait et la pérennisation du contrôle du mouvement islamiste sur l’enclave.

Côté israélien, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a dénoncé « une capitulation devant le terrorisme », la cheffe de file de l’opposition Tzipi Livni évoquant « une soumission au Hamas ».

« Quand vous êtes au pouvoir, il y a toujours un prix à payer », a dit le Premier ministre.

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