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Efforts européens pour maintenir une banque iranienne « connectée » au monde

L'UE tente de minimiser les retombées économiques inhérentes au retour des sanctions américaines qui frapperont le secteur financier iranien

Philippe Bonnecarrere (à droite),président du groupe d'Amitié France-Iran au Sénat français, Kazem Jalali, président du groupe d'Amitié France-Iran au parlement iranien et Delphine O, présidente du groupe d'Amitié France-Iran à l'Assemblée nationale, durant une conférence de presse à Téhéran, le 21 octobre 2018. (Crédit: ATTA KENARE / AFP)
Philippe Bonnecarrere (à droite),président du groupe d'Amitié France-Iran au Sénat français, Kazem Jalali, président du groupe d'Amitié France-Iran au parlement iranien et Delphine O, présidente du groupe d'Amitié France-Iran à l'Assemblée nationale, durant une conférence de presse à Téhéran, le 21 octobre 2018. (Crédit: ATTA KENARE / AFP)

Les Européens s’efforcent d’obtenir qu' »au moins une banque iranienne reste connectée » au système bancaire international après l’imposition de nouvelles sanctions américaines contre le régime islamique début novembre, a déclaré dimanche un sénateur français à Téhéran.

Les États-Unis sont sortis en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et ont rétabli en août une première vague de sanctions économiques contre Téhéran qui avaient été levées en vertu de cet accord.

Ils s’apprêtent également, à partir du 5 novembre, à rétablir l’intégralité des sanctions suspendues, en visant notamment le système financier iranien.

« Nous devons dire honnêtement » que la réponse des Européens pour permettre aux Iraniens de bénéficier des retombées économiques de l’accord nucléaire malgré les sanctions américaines, « est difficile mais qu’elle est possible », a déclaré à la presse le sénateur français Philippe Bonnecarrère.

Une des pistes proposées par les Européens est « d’obtenir qu’au moins une banque iranienne reste connectée au système bancaire international par le biais de SWIFT [système de paiement interbancaire, ndlr] pour permettre de continuer à assurer des relations commerciales sur les marchandises ou les services qui ne sont pas soumis à sanctions », a-t-il ajouté.

Président du groupe d’amitié France-Iran à la Chambre haute du Parlement français, Philippe Bonnecarrère a tenu ces propos lors d’une conférence de presse avec ses homologues de l’Assemblée nationale française, Delphine O, et du Parlement iranien, Kazem Jalali.

L’accord sur le nucléaire iranien avait été conclu entre la République islamique et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie).

Le président américain Donald Trump signe un document rétablissant les sanctions contre l’Iran après avoir annoncé le retrait américain de l’accord nucléaire iranien, dans la salle d’accueil diplomatique de la Maison Blanche à Washington le 8 mai 2018. (AFP / Saul Loeb)

Mme O et M. Bonnecarrère sont venus en Iran avec cinq autres élus du Parlement français.

Cette visite est un signe de « toute la détermination et toute la volonté de la France de faire vivre [l’]accord » nucléaire, a déclaré Mme O, qui a énumé un certain nombre d’initiatives prises par l’Union européenne en ce sens.

Elle a notamment mentionné le « véhicule spécial » (Special purpose vehicle – SPV) annoncé fin septembre par l’UE, un système de troc devant permettre à l’Iran de continuer à vendre du pétrole.

« Ces instruments ne sont pas parfaits, nous en avons conscience », a-t-elle dit.

« Nous estimons que les mesures de l’Union européenne et des Européens [doivent] aller plus loin », a déclaré M. Jalali en remerciant les élus français.

« J’espère que les promesses qui ont été faites seront tenues et que ce que [l’UE] a déclaré sera mis en oeuvre avant le 4 novembre », a-t-il ajouté.

« Il n’est pas possible de mettre en place le SPV d’ici au 4 novembre », a néanmoins indiqué M. Bonnecarrère, soulignant que « le SPV est un enjeu pour le premier trimestre 2019. »

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