Erdogan dénonce la peine de mort infligée à Morsi
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Erdogan dénonce la peine de mort infligée à Morsi

Un tribunal a confirmé mardi la peine de mort de l'ancien président égyptien Mohamed Morsi

L'ancien président égyptien Mohammed Morsi dans sa cellule, lors de son procès, le 16 mai 2015 (Crédit : AFP)
L'ancien président égyptien Mohammed Morsi dans sa cellule, lors de son procès, le 16 mai 2015 (Crédit : AFP)

Le président turc Recep Tayyp Erdogan a sévèrement dénoncé mardi la confirmation par la justice égyptienne de la peine de mort infligée à l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, qualifiée de « massacre contre les droits fondamentaux et les libertés ».

« Il est vital pour la paix sociale et la restauration de la stabilité en Egypte d’empêcher l’application du verdict de mort infligé à M. Morsi », a estimé Erdogan dans un communiqué, appelant la communauté internationale à « agir ».

Le gouvernement islamo-conservateur d’Erdogan, alors Premier ministre, était un proche soutien de l’islamiste Mohamed Morsi après son élection à la tête de l’Egypte en 2012, espérant qu’il aiderait à ranimer l’influence de la Turquie dans la région.

La Turquie s’est insurgée contre sa destitution par l’armée et Erdogan critique depuis régulièrement son homologue égyptien actuel Abdel Fattah al-Sissi.

Un tribunal égyptien a confirmé mardi la peine de mort qu’il avait infligée il y a un mois à l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, destitué en 2013 par l’armée, pour s’être évadé de prison lors de la révolte de 2011 et avoir planifié des attaques.

Un peu plus tôt, le même tribunal avait condamné Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte, à la prison à vie pour « espionnage ».

Le 21 mars, dans un premier procès, il avait déjà écopé de 20 années de prison pour incitation à la violence contre des manifestants en 2012. La peine de mort dans ce troisième procès a été confirmée après que le tribunal eut recueilli l’avis, non contraignant, du mufti d’Egypte.

Les verdicts de ces trois premiers procès, sur les cinq qui sont intentés à Morsi, ont été prononcés en première instance et sont susceptibles d’appel.

Le tribunal du Caire niché au cœur d’une académie de police sous très haute surveillance, a condamné à mort Morsi pour s’être évadé de prison lors de la révolte populaire de janvier et février 2011 qui mit fin à 30 années de présidence du Hosni Moubarak, mais aussi pour avoir « planifié des attaques contre l’Etat » avec la collaboration du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais.

Dans le procès pour espionnage qui a valu à Morsi la prison à vie –en réalité plafonnée à 25 ans d’emprisonnement en Egypte–, le tribunal a en outre confirmé les peines de morts prononcées le 16 mai contre 16 personnes, dont deux hauts dirigeants de la confrérie des Frères musulmans de Morsi: le richissime homme d’affaires Khairat al-Chater et Mohamed al-Beltagui.

Seize autre personnes, dont le guide suprême des Frères musulmans Mohamed Badie et l’ex-président du parlement Saad al-Katatni, ont également écopé de la peine de prison à vie, qui équivaut à 25 années de détention en Egypte. Deux autres ont par ailleurs été condamnés à sept ans de prison. M. Badie a également été condamné à mort dans le procès pour « espionnage ».

L’ex-président et ses 34 co-accusés ont été reconnus coupables d’avoir fourni « des rapports de sécurité » à l’Iran et d’espionnage en faveur du Hamas et du Hezbollah « en vue de mener des attaques terroristes dans le pays pour y semer le chaos et renverser l’Etat ».

Depuis que Morsi a été destitué par l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, ses partisans sont la cible d’une sanglante répression dans laquelle au moins 1 400 manifestants islamistes ont été tués. Et plus de 40 000 autres ont été arrêtés, selon Human Rights Watch.

Des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs, qualifiés par l’ONU de « sans précédent dans l’histoire récente » du monde.

La répression s’est étendue aux mouvement laïcs et de gauche, fers de lance de la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir, et des dizaines de militants ont été condamnés à de la prison pour avoir violé une loi controversée limitant le droit de manifester.

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