Ehud Barak : « Ne prenez pas Trump au mot »
Rechercher

Ehud Barak : « Ne prenez pas Trump au mot »

L'ancien Premier ministre affirme que le président américain est un joker mais conseille à Netanyahu de prendre au sérieux les négociations pour la paix

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

L'ancien Premier ministre et ministre de la Défense Ehud Barak à la Conférence de Herzliya, le 16 juin 2016. (Crédit : Adi Cohen Zedek)
L'ancien Premier ministre et ministre de la Défense Ehud Barak à la Conférence de Herzliya, le 16 juin 2016. (Crédit : Adi Cohen Zedek)

L’ancien Premier ministre Ehud Barak a mis en garde contre le président américain Donald Trump, conseillant de ne pas le prendre au mot, alors que l’administration américaine a envoyé un représentant en Israël pour la première fois.

Les apparitions de Barak dans les médias se font de plus en fréquentes et alimentent les rumeurs d’un retour en politique. Il a décrit Trump comme un joker, et a averti les responsables de ne pas compter sur ses déclarations.

« Il est imprévisible… et je ne prendrai pas le risque de tenter d’estimer la position qu’il finira par adopter », a déclaré Barak à la radio militaire.

Cependant, Barak a ajouté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait prendre note de l’intérêt que Trump manifeste à parvenir à un « accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens.

L’ancien Premier ministre a souligné que le président américain a dévié durant sa conférence de presse conjointe avec Netanyahu le mois dernier, en regardant le Premier ministre dans les yeux et en affirmant qu’un accord de paix était capital pour lui.

L’envoyé de Trump, Jason Greenblatt devrait arriver ce lundi dans la région pour rencontrer les dirigeants israéliens et palestiniens, pour redémarrer les négociations.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président russe Vladimir Poutine lors de leur rencontre à Moscou, le 9 mars 2017. (Crédit : Pavel Golovkin/Pool/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président russe Vladimir Poutine lors de leur rencontre à Moscou, le 9 mars 2017. (Crédit : Pavel Golovkin/Pool/AFP)

Barak, qui a été ministre de la Défense pour Netanyahu avant de quitter la politique en 2013, a publiquement déconseillé de faire pression contre le président russe Vladimir Poutine sur la question iranienne, où les intérêts israéliens divergent de ceux du Kremlin. « Nous n’avons pas vraiment les moyens de faire pression sur lui », a dit Barak.

Moscou s’est associé à Tehéran pour assurer la survie du régime syrien de Bachar el-Assad, et Netanyahu a publiquement exhorté Poutine la semaine dernière à ne pas autoriser l’Iran a remplacer le groupe terroriste État islamique en Syrie.

Il a réaffirmé n’avoir aucunement l’intention de se présenter aux primaires du parti travailliste, qui auront lieu en mai. Mais Barak, 75 ans, a catégoriquement refusé de parler de ses intentions quant à son avenir en politique. « On ne parle pas de moi, là », a-t-il déclaré.

Parallèlement, il a continué à dénigrer verbalement les capacités de leadership de Netanyahou, qui ont conduit de nombreuses personnes à le caractériser comme le chef de l’opposition de facto, à a place d’Isaac Herzog (Union sioniste) chef de l’opposition de jure pour qui l’opinion publique se dégrade.

« Netanyahu a été kidnappé par l’extrême droite des implantations », a déclaré Barak.

« Son vrai programme, quand il se lève le matin est [basé] sur ce qu’aura dit [Naftali] Bennett [la veille] », a-t-il affirmé, indiquant que beaucoup estiment que le président du parti Habayit Hayehudi dicte la politique gouvernementale au Premier ministre.

Quant aux enquêtes dont fait l’objet le Premier ministre, Barak a décrit les conversations de Netanyahu avec le propriétaire de Yedioth Aharonoth, Arnon Mozes, comme faisant partie d’une « transaction » plus large, qu’il a qualifiée de corruption. Il a dit que Netanyahu devrait démissionner au sujet du présumé quid pro quo avec Mozes.

Netanyahu a nié avoir commis un acte répréhensible.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...