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Eizenkot en visite à Auschwitz pour Yom HaShoah

Le chef d'Etat-major de Tsahal a juré de protéger le peuple juif contre toutes les menaces

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d’Etat-major de l’armée israélienne Gadi Eizenkot a pris la parole lundi lors de la « Marche des Vivants » au camp de la mort d’Auschwitz, pour jurer que l’armée israélienne saurait protéger le peuple juif de toute menace future.

« Nous, officiers et commandants de l’armée, nous marcherons d’un pas résolu vers la vie, au nom du peuple d’Israël », a déclaré Eizenkot .

Il a noté que 69 ans après l’établissement de l’Etat juif, le pays doit encore faire face à des menaces.

« En les affrontant, nous devons rester toujours vigilants et notre portée s’étend loin. Nous nous préparons à toute éventualité, nous nous adaptons aux menaces émergentes et nous avons confiance en cette certitude que, dans les moments de vérité, nous lutterons sans relâche pour accomplir le dessein de l’armée israélienne : défendre l’Etat d’Israël, garantir son existence et, si la nécessité s’impose, remporter la victoire décisive en période de guerre », a-t-il dit.

« Depuis la diaspora, le peuple juif observe la terre d’Israël et sait qu’elle a fait naître une armée qui est prête à assurer la sécurité de son peuple », a-t-il ajouté, affirmant que « nous continuerons à garantir qu’aucune puissance ne pourra remettre en question notre existence en tant que terre ou en tant que population ».

Dimanche, Eizenkot, accompagné de centaines de représentants de l’armée israélienne, a visité le camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau dimanche en Pologne, avant Yom HaShoah qui a commencé dimanche soir.

C’est la première fois qu’Eizenkot se rend dans des camps de concentration depuis qu’il a pris ses fonctions en février 2015. Il était accompagné du général de division Aharon Haliva, le chef de la logistique de l’armée israélienne, du général de division Moti Almoz, le porte-parole de l’armée et chef du personnel et commandant des nouvelles recrues, et du général de division Avner Paz-Tzuk.

Après la visite réalisée à Auschwitz-Birkenau, qui a compris une marche le long des rails qui menaient au camp de la mort, Eizenkot a écrit dans le livre d’or du lieu : « Ma première visite en Pologne en tant que chef d’Etat-major de l’armée israélienne, pour voir de près le mal et la grande difficulté à le comprendre, la machine de mort et le meurtre en série de notre peuple. »

« Les mots ‘depuis l’Holocauste jusqu’à la rédemption’ prennent une grande importance : comprendre comment les survivants de l’Holocauste se sont relevés après avoir perdu leurs familles entières, sont partis en Israël, ont créé un foyer et ont construit un Etat juif, qui renaît après 2 000 ans. »

Gadi Eizenkot, chef d'Etat-major de l'armée israélienne, signe le livre d'or du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau en Pologne, avant Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Gadi Eizenkot, chef d’Etat-major de l’armée israélienne, signe le livre d’or du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau en Pologne, avant Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

« Comprendre que seul un Etat d’Israël progressiste, avec une armée forte et puissante, peut empêcher de tels événements à l’avenir. »

« Que soient bénies les mémoires de nos frères et sœurs. »

Dimanche, Eizenkot et sa délégation ont rejoint un autre groupe de soldats de l’armée israélienne qui visitait la Pologne dans le cadre d’un programme intitulé « Témoins en uniforme ».

Gadi Eizenkot, chef d'Etat-major de l'armée israélienne, à la tête d'une délégation militaire au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau en Pologne, avant Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Gadi Eizenkot, chef d’Etat-major de l’armée israélienne, à la tête d’une délégation militaire au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau en Pologne, avant Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Lundi, le chef de l’armée devrait participer à une cérémonie au côtés de l’organisation « Marche des Vivants ».

Le professeur Simcha et Lea Goldin, les parents du lieutenant Hadar Goldin dont la dépouille serait conservée par le Hamas dans la bande de Gaza, visitent le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau en Pologne, avant Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Le professeur Simcha et Lea Goldin, les parents du lieutenant Hadar Goldin dont la dépouille serait conservée par le Hamas dans la bande de Gaza, visitent le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau en Pologne, avant Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Il a été rejoint par Simcha et Lea Goldin, les parents du lieutenant Hadar Goldin dont la dépouille se trouverait entre les mains du Hamas dans la bande de Gaza depuis qu’il a été tué durant la guerre de 2014.

Au cours de la visite réalisée dans le camp de concentration, le couple Goldin a lu une lettre qui avait été écrite par leur propre fils lors d’un séjour en Pologne, selon un communiqué de l’armée.

Chaque délégation issue du groupe « Témoins en uniforme » comprend un rescapé de l’Holocauste, qui fait le voyage avec le groupe et évoque son expérience.

C’est Micky Goldman, détenu en 1943 à Auschwitz-Birkenau, qui a accompagné le groupe d’Eizenkot.

Après la guerre, Goldman a déménagé en Israël en 1947, à l’âge de 22 ans, et il est devenu agent au sein de la police israélienne qui venait d’être formée.

En 1960, Goldman a servi au sein de l’unité chargée d’enquêter sur Adolf Eichmann, qui avait été trouvé, capturé et amené en Israël par le Mossad pour être traduit en justice et y répondre de crimes commis alors qu’il était chef de la Schutzstaffel, mieux connue sous son acronyme, les SS.

Le président Reuven Rivlin, au centre, aux côtés de l'ancien juge Gabriel Bach, en haut au centre, de l'ancien ministre Rafi Eitan, en haut à gauche, et Mickey Goldman, qui était membre d'une unité spéciale de la police (Bureau 06), pendant une cérémonie organisée à la résidence présidentielle de Jérusalem, à l'occasion du 55ème anniversaire du procès du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, le 27 janvier 2016. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)
Le président Reuven Rivlin, au centre, aux côtés de l’ancien juge Gabriel Bach, en haut au centre, de l’ancien ministre Rafi Eitan, en haut à gauche, et Mickey Goldman, qui était membre d’une unité spéciale de la police (Bureau 06), pendant une cérémonie organisée à la résidence présidentielle de Jérusalem, à l’occasion du 55ème anniversaire du procès du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, le 27 janvier 2016. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

Goldman était l’assistant personnel de Gideon Hausner, le procureur de l’Etat qui était chargé de cette affaire.

Durant le procès, les propres expériences de Goldman durant la Shoah avaient été versées au dossier contre Eichmann.

Un survivant qui avait témoigné avait mentionné avoir vu un jeune recevoir 80 coups de fouet de la part d’un officier SS au cœur du ghetto de Przemyśl en Pologne.

Lorsque Hausner avait demandé au témoin s’il avait vu ce jeune dans la salle d’audience, il avait répondu : « c’est le policier qui est assis à vos côtés. »

Cet incident avait inspiré un documentaire du poète israélien Haim Gouri intitulé « Le 81e coup ». Goldman avait reçu 80 coups de fouet de l’officier nazi et le 81e – métaphorique – avait été donné par son propre peuple, qui, avant le procès, avait refusé d’écouter les témoignages déposés par les rescapés de l’Holocauste.

Au sein de l’un des baraquements du camp de la mort, Goldman a raconté son histoire à la délégation militaire. Après, Eizenkot lui a présenté quelques pilotes et les militaires ont entonné un extrait du psaume 34.

« Quel est l’homme qui aime la vie, Qui désire la prolonger pour jouir du bonheur ?  »

« Préserve ta langue du mal, Et tes lèvres des paroles trompeuses ; »
« Eloigne-toi du mal, et fais le bien ; Recherche et poursuis la paix. »

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