El Al alerte sur sa situation alors que ses pertes s’accumulent
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El Al alerte sur sa situation alors que ses pertes s’accumulent

Le transporteur national a déclaré que 90 % de son personnel avait été licencié ; si le gouvernement n'intervient pas, il ne pourra plus opérer

Des avions d'El Al à l'aéroport international Ben Gurion, le 12 avril 2020. (Flash90)
Des avions d'El Al à l'aéroport international Ben Gurion, le 12 avril 2020. (Flash90)

Jeudi, El Al a prévenu du risque de faillite que l’entreprise encourt si les négociations de sauvetage avec le gouvernement venaient à échouer. Dans le même temps, la compagnie aérienne a rapporté une perte pour le quatrième trimestre de 2019.

La compagnie aérienne nationale a annoncé avoir perdu 31,5 millions de dollars au dernier trimestre de 2019, contre une perte de 31,6 millions de dollars pour la même période un an plus tôt.

« Étant donné l’incertitude concernant les aides, nécessaires pour permettre à l’entreprise de résister à l’impact de la crise à ce stade, la compagnie émet des doutes importants sur sa capacité à poursuivre son activité », a fait savoir El Al dans un communiqué.

En parallèle, l’Autorité aéroportuaire d’Israël a annoncé un programme pilote pour relancer le trafic de passagers à l’Aéroport international Ben Gurion. L’initiative commencera vendredi avec deux vols sortants, en conformité avec les règles de distanciation sociale.

Le hall d’arrivée vide de l’aéroport international Ben Gurion, le 11 mars 2020 (Crédit : Flash90)

Le trafic aérien international s’est presque effondré dans le monde dans le contexte de l’épidémie de coronavirus. Dans un rapport datant de fin avril, l’Association du transport aérien international a fait état d’une réduction de 80 % du trafic et a prévu 300 milliards de dollars de pertes pour le secteur aérien, à cause de la crise.

Israël autorise actuellement ses citoyens et résidents à entrer dans le pays. Ils doivent passer par une période de quarantaine de deux semaines à leur retour en Israël. Seuls quelques vols entrent ou quittent le pays quotidiennement.

El Al a suspendu tous les vols réguliers de passagers et négocie un plan de sauvetage avec le gouvernement. Selon le communiqué, 90 % de son personnel a été placé en congé sans solde.

Mercredi, le PDG de la compagnie aérienne a demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’intervenir dans ses négociations avec le ministère des Finances afin d’empêcher des milliers de licenciements et « la perte de l’indépendance de l’aviation d’Israël ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Finances Moshe Kahlon, à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

Sa demande est intervenue un jour après que le ministre des Finances Moshe Khalon a lancé une bouée de sauvetage à la compagnie en difficulté. Kahlon pourrait accorder un prêt garanti par l’État de 400 millions de shekels à condition que la compagnie accepte de procéder à plusieurs réformes. Si El Al refuse la proposition et toutes ses conditions, elle sera probablement démantelée et certaines de ses composantes revenues.

Dans une lettre adressée à Netanyahu, le PDG d’El Al Gonen Usishkin a affirmé que le ministère cherchait intentionnellement à démanteler la compagnie aérienne.

« Nous vous demandons de donner l’instruction au ministère des Finances de modifier le projet qu’il a présenté hier soir et de retirer les demandes inadaptées », a écrit Gonen Usishkin. « La nuit dernière, nous avons reçu un document dans lequel le ministère formulé des exigences supplémentaires non sollicitées, dont le seul objectif était de placer El Al en liquidation ».

Le prêt est conditionné à l’investissement dans l’entreprise de 100 millions de shekels (26,1 millions d’euros) de la part des propriétaires d’El Al et à l’application d’autres mesures de restructuration pour réduire les coûts annuels d’au moins 50 millions d’euros. La compagnie aérienne doit également rembourser le gouvernement si sa valeur remonte après la crise, a annoncé dimanche la Douzième chaîne. Le syndicat des employés, qui subiront probablement les mesures de restructuration les plus dures, doit accepter les termes de l’accord.

Gonen Usishkin, PDG d’El Al, assiste à une conférence de presse à Beit Sokolov à Tel Aviv, le 28 mars 2018 (Flash90)

Comparant la situation à la crise sanitaire et aux effets du coronavirus, Gonen Usishkin a déclaré que la compagnie aérienne était dans un état critique et que le ministère des Finances nous « refusait un respirateur ». Selon lui, les accusations selon lesquelles la situation actuelle de la compagnie était en partie due à la mauvaise gestion d’avant la crise du coronavirus « n’avaient aucun fondement et aucune base dans la réalité ».

« En tant que Premier ministre, vous avez la grande responsabilité de vous assurer qu’après 72 ans, El Al n’arrêtera pas son activité sous votre mandat », a écrit Gonen Usishkin. Il a souligné que le démantèlement de la compagnie aérienne nuirait au standing d’Israël dans le monde et aurait un effet direct sur la sécurité nationale du pays.

« La décision de liquider l’entreprise signifie la perte de l’indépendance de l’aviation israélienne. Israël deviendra une île assiégée et un État sujet à l’extorsion de compagnies et pays étrangers dont les intérêts ne correspondent pas à ceux de l’État d’Israël… une véritable violation de la sécurité nationale », a prévenu le directeur.

La proposition du ministère des Finances est intervenue après qu’un tribunal a donné à El Al le feu vert pour retirer 105 millions de shekels (27,4 millions d’euros) des fonds de retraite et de compensation destinés aux employés afin de tenter de couvrir ses pertes et d’éviter la faillite. Le tribunal a statué que l’argent n’appartenait pas aux employés et qu’il pouvait donc être utilisé par l’entreprise dans cette situation d’urgence.

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