El Al réduit les salaires de ses dirigeants et les vols vers l’Europe
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El Al réduit les salaires de ses dirigeants et les vols vers l’Europe

Le transporteur aérien réduit les salaires des cadres de 20% et réduit aussi les voyages vers les villes européennes où des cas de coronavirus sont apparus

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Une femme porte un masque de protection dans un contexte de crainte face à l'épidémie de coronavirus dans le hall d'arrivée de l'aéroport Ben-Gurion, près de Tel Aviv, le 30 janvier 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Une femme porte un masque de protection dans un contexte de crainte face à l'épidémie de coronavirus dans le hall d'arrivée de l'aéroport Ben-Gurion, près de Tel Aviv, le 30 janvier 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le transporteur aérien El Al a réduit les salaires de ses hauts-cadres de 20 %, mardi, en raison des pertes financières continues entraînées par l’apparition du coronavirus.

La compagnie a été frappée, ces dernières semaines, par un ralentissement global de l’industrie du voyage, mais aussi par les restrictions gouvernementales interdisant aux étrangers d’entrer en Israël et les mises en garde du ministère de la Santé – qui a dissuadé les Israéliens de se rendre à l’étranger.

Cette réduction des salaires a concerné les rémunérations des membres du conseil d’administration de la firme et celle du président et elle prendra effet rétroactivement en date du 1er mars, a fait savoir la Douzième chaîne.

Après avoir cessé ses vols vers l’Italie, la semaine dernière, en raison de l’épidémie du virus, la compagnie a suspendu, cette semaine, les liaisons avec des destinations qui ont connu relativement peu d’infections.

El Al a réduit, mardi, le nombre des vols réguliers vers certaines villes d’Europe et notamment vers Vienne, Budapest, Bruxelles et Francfort à cause d’une faible demande.

Le transporteur a fait savoir mardi qu’il autoriserait les voyageurs munis de billets vers la Thaïlande et le Japon et qui devaient partir entre le 30 avril et le 31 juillet à changer leurs vols, notamment vers des destinations différentes, et ce, gratuitement.

El Al a également indiqué mardi que la compagnie réduirait le nombre de vols vers Chypre. Davantage d’annulations devraient avoir lieu dans les prochains jours.

Des avions d’El Al sur le tarmac de l’aéroport international Ben Gurion, en avril 2013. Illustration. (Crédit : Flash90)

Israir, un transporteur aérien de taille plus modeste, a annoncé avoir baissé ses billets de 61 dollars, avec annulation gratuite, vers les villes européennes, cette semaine, pour encourager les voyageurs à prendre l’avion.

El Al a suspendu, la semaine dernière, ses vols pour la Thaïlande et a annoncé reporter le lancement de sa liaison directe avec Tokyo jusqu’au mois d’avril. La firme a prolongé l’arrêt des vols vers Pékin et Hong-Kong jusqu’au mois de mai.

Dimanche, El Al a gelé son plan de recrutement de nouveaux employés et reporté l’embauche de 160 personnes après avoir indiqué, la semaine dernière, que la compagnie prévoyait de limoger 1 000 personnes – ce qui représente presque un sixième de sa main-d’oeuvre.

L’annonce ne signifie pas nécessairement qu’un millier de personnes seront, dans les faits, licenciés.

La compagnie emploie environ 6 300 personnes, dont 3 600 sont des salariés permanents.

Le syndicat d’El Al explorerait actuellement les options pour réduire la main-d’oeuvre au sein de l’entreprise sans nécessairement renvoyer les employés – notamment en renonçant aux jours de congés payés.

Des centaines d’employés d’El Al se sont réunis dimanche en urgence, pour réclamer l’aide du gouvernement pour le transporteur aérien en difficulté.

Des passagers portant des masques de protection traversent le hall d’arrivée de l’aéroport Ben Gurion le 22 février 2020. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré à la dirigeante de la commission des employés, Sharon Ben Itzhak, qu’il avait chargé une commission ministérielle d’aider El Al et les autres compagnies aériennes israéliennes.

« J’apprécie le travail que vous faites et nous vous aiderons et prendrons soin d’El Al », a dit Netanyahu.

Le ministre des Transports, Bezalel Smotrich, a lui aussi promis d’aider le transporteur.

Une commission ministérielle, qui inclut le ministre du Tourisme Yariv Levin et des représentants du ministère des Finances, s’est rencontrée dimanche pour évoquer de possibles indemnisations en direction des industries du tourisme et du voyage. Le gouvernement ne devrait pas verser de liquidités mais fournir un soutien indirect – par exemple en ajournant les paiements faits au gouvernement et en offrant une assistance marketing, a fait savoir le quotidien économique Calcalist.

Le gouvernement détient des parts dans El Al et considère l’entreprise comme un atout stratégique, et ce sont les restrictions gouvernementales qui sont partiellement responsables de ses déboires financiers. L’aide à la compagnie pourrait survenir sous la forme de réductions d’impôts – El Al versant environ 100 millions de dollars de taxes par an.

Le transporteur aérien pourrait également espérer que le gouvernement révise les restrictions placées sur ses vols – El Al n’a pas le droit de voler dans l’espace aérien saoudien ou de desservir la Turquie, pour des raisons sécuritaires, alors que les compagnies aériennes étrangères peuvent le faire.

Des touristes portant des masques de protection, à Milan, en Italie, le 28 février 2020 (Crédit : Miguel Medina/AFP)

El Al a fait savoir aux investisseurs israéliens, la semaine dernière, que l’entreprise s’attendait à connaître une perte de revenus à hauteur de 50 à 70 millions de dollars entre le mois de janvier et le mois d’avril. Ce chiffre ne prenait pas en compte l’arrêt des vols directs depuis l’Italie.

L’action de la firme, sur le marché de Tel Aviv, a baissé de 20 % depuis le début de l’année 2019.

Bonne nouvelle toutefois pour la compagnie, les prix du carburant ont chuté, dans le monde entier, en raison d’une baisse de la demande alors que le virus frappe de plein fouet les industries du voyage et du transport.

Israël a mis en place un contrôle strict à ses frontières pour se prémunir du virus, interdisant aux étrangers s’étant récemment trouvés en Chine, à Hong-Kong, à Macao, en Thaïlande, à Singapour, en Corée du sud, au Japon et en Italie d’entrer sur le territoire et ordonnant aux Israéliens ayant été dans ces pays une mise en quarantaine personnelle et obligatoire.

Le ministère de la Santé a vivement recommandé aux Israéliens, mercredi dernier, de réfléchir sérieusement avant de se rendre à l’étranger, devenant le premier pays à émettre un tel conseil.

Le coronavirus, qui est apparu en Chine à la fin de l’année dernière, a fait
3 000 morts et infecté 92 000 personnes dans plus de 60 pays.

La majorité des contaminations et des décès a touché la Chine continentale.

Il y a douze cas de COVID-19 qui ont été confirmés au sein de l’Etat juif. Aucun décès n’est encore à déplorer.

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