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Elazar Stern : Damas ne peut pas avoir des armes chimiques

Le ministre du Renseignement refuse de commenter l'article du Washington Post affirmant qu'Israël aurait procédé à des frappes sur les installations chimiques du pays

Le député de Yesh Atid, Elazar Stern, s'exprime lors d'une conférence pour les programmes de jeunes leaders, à l'Université de Haïfa, le 11 avril 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le député de Yesh Atid, Elazar Stern, s'exprime lors d'une conférence pour les programmes de jeunes leaders, à l'Université de Haïfa, le 11 avril 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le ministre du Renseignement Elazar Stern a déclaré mardi que la Syrie ne pouvait pas être autorisée à obtenir des armes chimiques, au lendemain de la publication d’un article de presse affirmant qu’Israël avait ciblé des installations d’armes chimiques dans le pays.

Stern a refusé de commenter directement l’article paru dans le Washington Post selon lequel Israël aurait frappé la Syrie à deux reprises – une fois cette année et une fois l’année dernière – dans le but de bloquer les tentatives du pays de reconstituer son stock d’armes chimiques. Mais il a laissé entendre qu’Israël ne pouvait accepter que de telles armes ne se retrouvent entre les mains de son ennemi du nord.

« Nous avons un voisin qui a déjà prouvé qu’il n’hésite pas à utiliser des armes chimiques, même contre son propre peuple », a déclaré M. Stern. « [Le président syrien Bachar] Assad ne doit pas avoir d’armes chimiques ».

Fidèles à leur politique d’ambiguïté sur ces questions, d’autres responsables israéliens ont refusé de commenter l’article du Washington Post.

Illustration : Des volutes de fumée après une frappe aérienne israélienne présumée visant le sud de Damas, en Syrie, le 20 juillet 2020. (AFP)

D’anciens et d’actuels responsables des services de renseignement occidentaux bien informés sur la question ont déclaré au Post que, lors de l’attaque de cette année, les avions israéliens avaient tiré sur trois cibles près des villes de Damas et de Homs, tuant sept soldats syriens et un ingénieur qui aurait travaillé dans un laboratoire militaire.

Selon l’article, la frappe de 2020 visait une villa située à l’extérieur de Homs, qui était auparavant le centre du programme d’armes chimiques de la Syrie. La villa était utilisée pour fabriquer du phosphate tricalcique, ou TCP, ont indiqué des responsables des services de renseignement occidentaux au Post. Le TCP a de nombreux usages non militaires, mais il peut également être converti en trichlorure de phosphore, un précurseur du sarin et d’autres agents neurotoxiques.

L’article indique également que les attaques ont attiré l’attention des responsables des services de renseignement occidentaux, car les cibles n’étaient pas des mandataires de l’Iran, ce qui avait été le cas dans des centaines de frappes aériennes de Tsahal ces dernières années.

Il affirme qu’Israël a reçu des renseignements dans les mois précédant le raid de 2020, indiquant qu’Assad cherchait à reconstruire son programme d’armes chimiques, qu’il avait accepté de démanteler en 2014, suite à la pression de l’administration Obama.

Les analystes ont décrit le programme comme un moyen de dissuasion contre Israël, mais il a été réaffecté à plusieurs reprises pour être utilisé contre les rebelles syriens, y compris dans une attaque particulièrement meurtrière en août 2013, où environ 1 400 civils ont été tués dans la banlieue de Damas. Les Nations unies ont conclu que des armes chimiques avaient été utilisées lors de cette attaque, ce que la Syrie a nié.

L’attaque a suscité un tollé international et des menaces d’attaque militaire de la part du président américain de l’époque, Barack Obama. Assad a ensuite accepté de démanteler le programme d’armes chimiques et d’expédier son matériel hors du pays.

Cependant, Assad a continué à utiliser ces armes mortelles dans plus de 200 attaques contre les rebelles, même après les menaces de l’administration Obama et les frappes aériennes ordonnées par l’ancien président américain Donald Trump, selon le Post.

On ignore toutefois si les frappes israéliennes ont réussi à perturber les efforts d’Assad. Les frappes étaient de nature préventive, éliminant les capacités de production chimique de la Syrie avant que les armes ne soient fabriquées, ont déclaré des responsables du renseignement occidentaux au Post. Une frappe sur des armes chimiques opérationnelles risquerait de les relâcher dans les zones environnantes.

Le président américain Barack Obama pendant son dernier discours présidentiel, à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israël)

Selon le Post, dans les deux attaques, les États-Unis ont été informés des frappes et des renseignements qui, selon Israël, les justifiaient après coup.

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