Pour Edelstein, l’honneur de la Knesset est plus important que Hazan
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Pour Edelstein, l’honneur de la Knesset est plus important que Hazan

Oren Hazan a formellement démenti les accusations ; Herzog a accepté d'"égaliser" les votes en cas d'absence de Hazan lors des votes

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le député du Likud, Oren Hazan arrivant à une réunion du Likud à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Le député du Likud, Oren Hazan arrivant à une réunion du Likud à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, a interdit mardi à son adjoint, le député Oren Hazan, de présider toutes les réunions de la Knesset « jusqu’à nouvel ordre », à la lumière des allégations formulées dans un reportage diffusé sur la Deuxième chaîne – qui révèle que Hazan a embauché des prostituées pour ses amis et des clients et qu’il a fait usage de drogues dures alors qu’il gérait un casino en Bulgarie.

Dans un reportage diffusé lundi soir et intitulé : « Les prostituées, les drogues et le vice-président de la Knesset », le journaliste Amit Segal a présenté des enregistrements d’anciens associés de Hazan qui alléguaient que le nouveau membre du Likud de la Knesset aurait embauché des prostituées pour ses clients et qu’il aurait acheté et fumé du crystal meth.

Yuli Edelstein dans son bureau à la Knesset - 15 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Yuli Edelstein dans son bureau à la Knesset, le 15 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La président de la Knesset a expliqué sa décision d’empêcher le député Oren Hazan de présider les sessions plénières, en soulignant que « l’atmosphère » créée dans le sillage du reportage de la Deuxième chaîne, rendait impossible que Hazan garde sa fonction de vice-président.

« Dans cette atmosphère », a déclaré Edelstein, la décision de suspendre Hazan a trait à « des considérations éthiques, morales, et non pénales ».

« La Knesset est plus importante que lui et plus importante que moi et sa dignité est précieuse », a poursuivi Edelstein.

En vertu des lois de la Knesset, Edelstein ne peut pas renvoyer Hazan de son poste. On ne peut pas facilement retirer un siège à un membre siégeant à la Knesset et cela nécessiterait probablement que le député renonce volontairement à son immunité parlementaire.

Hazan dément formellement les accusations de proxénétisme et d’usage de drogues

Hazan, 33 ans, a nié les accusations et a annoncé à Edelstein qu’il n’a pas l’intention de quitter son poste de vice-président de la Knesset, tandis qu’un maelström de condamnations a transformé le scandale en une véritable farce.

Le député, nouvellement élu, a tweeté qu’il était censé présider sa première session du plénum de la Knesset mardi soir, mais qu’il avait dit à Edelstein qu’il « quittait la Knesset plus tôt aujourd’hui pour rencontrer mes avocats ».

Le vice-président de la Knesset a catégoriquement démenti toutes ces accusations lors d’interviews aux radios militaire et publique et a dénoncé la campagne de « calomnies » dont il serait victime.

Il a également annoncé son intention de porter plainte en diffamation contre la Deuxième chaîne.

« Cela n’a jamais eu lieu », a affirmé Hazan, 33 ans, sur diverses radios mardi matin, exprimant sa volonté de passer le test d’un détecteur de mensonge pour prouver son innocence.

« Pas de prostitution, pas de proxénétisme, pas de drogues », a-t-il déclaré à Israel Radio. « C’est drôle – il y a des membres de la Knesset qui témoignent pour avoir consommé des drogues. Ce sont eux les junkies. Je suis opposé à la légalisation [de drogues]. »

Hazan a qualifié Segal de « journaliste jaune », en expliquant qu’il avait posé aux témoins des questions « toutes droites sorties d’un certain film imaginaire qu’il a vu ».

« Je ne les connais pas – ni leur visages, ni leurs noms », a déclaré Hazan mardi.

Plus tôt dans la journée, il a nié ces allégations sur Facebook : « Cette fois je ne resterai pas silencieux face aux mensonges répugnants et sans fondement. »

L’opposition ne profitera pas de l’absence de Hazan aux votes

Le chef de l’opposition, Isaac Herzog, a accédé à la demande de Yuli Edelstein de ne pas prendre avantage des possibles absences de Hazan lors des votes à la Knesset.

Craignant que Hazan puisse essayer de faire chanter la coalition par ses absences lors des votes cruciaux – une menace réelle compte tenu du fait que la coalition dirigée par le Likud n’a seulement qu’une majorité étroite de 61 députés dans une Knesset composée de 120 députés -, Edelstein a demandé à Herzog que l’opposition ‘retire’ un député si Hazan est absent lors d’un vote.

Edelstein cherche à anticiper toute mesure de représailles que pourrait prendre Hazan si le Likud décidait de le sanctionner.

La réponse positive de Herzog est critiquée par son parti.

Un député de l’Union sioniste, qui a requis l’anonymat, s’est plaint auprès de Haaretz : « Comment se fait-il que nous aidions Netanyahu à garder son siège ? Cette décision revient à rater un but devant une cage vide. Pendant des semaines, nous parlons de notre intention d’être une opposition combattante et au moment de vérité, nous nous plions et nous donnons à Netanyahu de l’espace pour respirer. »

Ce reportage a suscité des dénonciations de Hazan et de plusieurs politiciens, bien que les membres de son parti, le Likud, se soient abstenus de tout commentaire.

La dirigeante du parti Meretz, la députée Zahava Gal-On, 2011. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)
La dirigeante du parti Meretz, la députée Zahava Gal-On, en 2011. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

Pendant ce temps, la chef du parti Meretz, Zahava Gal-son, a indiqué au micro de la Deuxième chaîne qu’elle appuyait la décision du dirigeant de l’Union sioniste, Isaac Herzog, d’ « égaliser » les votes avec la coalition si Hazan décidait d’être absent lors de votes importants, mais a tout de même critiqué le silence de la coalition ou des députés du Likud, y compris celui du Premier ministre, qui n’a pas publiquement condamné le supposé comportement de Hazan.

Elle est même allée jusqu’à appeler à une enquête internationale sur les allégations de crimes de Hazan mardi. Bien que la police locale ne puisse pas enquêter sur les allégations des événements qui ont eu lieu en Bulgarie, a-t-elle dit, « nous avons besoin de contacter Interpol pour enquêter sur la question ».

La Deuxième chaîne a aussi signalé que des associés de Hazan avaient « menacé » Edelstein.

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