« Election » présidentielle en Syrie le 26 mai
Rechercher

« Election » présidentielle en Syrie le 26 mai

Le scrutin est le deuxième depuis le début du conflit dévastateur qui a fait plus de 388 000 morts et jeté sur la route de l'exode des millions de Syriens

Un homme passe devant une affiche présentant le président syrien Bashar el-Assad en franchissant la frontière, au point de passage situé entre la ville de Qaim (Irak) et Boukamal (Syrie), le 30 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hadi Mizban, File)
Un homme passe devant une affiche présentant le président syrien Bashar el-Assad en franchissant la frontière, au point de passage situé entre la ville de Qaim (Irak) et Boukamal (Syrie), le 30 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hadi Mizban, File)

L’élection présidentielle se tiendra le 26 mai en Syrie, où Bachar al-Assad devrait sans aucune difficulté remporter un quatrième mandat, en l’absence de compétition sérieuse dans un pays ravagé par la guerre et dirigé depuis un demi-siècle par le clan Assad.

Agé de 55 ans, le chef de l’Etat n’a pas encore annoncé sa candidature. Il avait accédé au pouvoir en 2000, après la mort de son père Hafez al-Assad, lui-même à la tête de la Syrie trois décennies durant.

Le scrutin à venir est le deuxième depuis le début en 2011 d’un conflit dévastateur qui a fait plus de 388 000 morts et jeté sur la route de l’exode des millions de Syriens, réfugiés à l’étranger ou déplacés dans des camps miséreux sur le territoire.

La date de l’élection a été fixée au 26 mai « pour les citoyens installés en Syrie », a annoncé dimanche le président du Parlement, Hammouda Sabagh, à l’occasion d’une séance extraordinaire. Les Syriens vivant à l’étranger voteront dans les ambassades le 20 mai.

Dès lundi, les candidatures pourront être déposées devant la Haute Cour constitutionnelle, et ce jusqu’au 28 avril. Pour entrer dans la course, les candidats doivent obtenir la signature de 35 des 250 députés au Parlement, pratiquement tous acquis au parti Baas de M. Assad.

Les élections vont se tenir dans les régions tenues par Damas, qui contrôle les deux-tiers du pays. Grâce au soutien militaire de ses alliés, la Russie et l’Iran, le pouvoir Assad, après s’être retrouvé un temps en mauvaise posture, a enchaîné les victoires depuis 2015 face aux rebelles affaiblis et aux jihadistes.

En 2014, la Syrie avait organisé sa première présidentielle depuis des décennies, M. Assad et son père ayant été élus lors de référendums.

Cette année-là, M. Assad avait remporté le scrutin avec plus de 88 % des voix. Ses deux seuls concurrents étaient des inconnus largement considérés comme des faire-valoir.

La loi électorale empêche de fait les figures de l’opposition en exil de se présenter : chaque candidat doit en effet « avoir vécu en Syrie pendant une période de 10 ans de manière continue au moment de présenter sa candidature ».

En théorie, en l’absence d’une majorité absolue, un second tour doit être organisé.

Réagissant à l’annonce de la date de la présidentielle, Nasr Hariri, une figure de l’opposition installée en Turquie, a dénoncé sur Twitter « une mascarade », illustrant « la déconnexion du régime des réalités du peuple syrien, qui s’est révolté contre lui ».

En mars, cinq puissances occidentales – Etats-Unis, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni – ont fustigé la tenue d’une telle élection en Syrie, pronostiquant qu’elle ne serait « ni libre ni juste » et soulignant qu’elle ne devrait « pas mener à une quelconque normalisation de la (communauté) internationale avec le régime ».

« Le processus politique quel qu’il soit a besoin de la participation de tous les Syriens, dont les membres de la diaspora et les personnes déplacées, afin que toutes les voix soient entendues », ont-ils écrit dans un communiqué commun.

Le conflit en Syrie a été déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie et s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de puissances étrangères et une multiplication des factions armées et de groupes jihadistes.

En une décennie, les efforts diplomatiques parrainés par l’ONU n’ont pas permis de trouver une solution négociée au conflit, tandis que l’opposition politique en exil n’a fait que s’affaiblir.

Après dix ans d’une violence inouïe, les combats sont devenus sporadiques et ont fortement baissé en intensité.

La province d’Idleb, ultime grand bastion jihadiste et rebelle dans le nord-ouest du pays, échappe encore au pouvoir d’Assad. Et le Nord-Est s’est doté d’une administration autonome dominée par les Kurdes, alliés des Occidentaux.

Aujourd’hui, les infrastructures sont en ruine et l’économie s’est effondrée, sous le coup des sanctions occidentales et des effets de la crise financière au Liban voisin, selon les autorités, tandis que la monnaie nationale connaît une dépréciation inédite.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...