Elections : Les ultra-orthodoxes adoucissent le ton face à leurs adversaires
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Elections : Les ultra-orthodoxes adoucissent le ton face à leurs adversaires

Litzman dit pouvoir réfléchir à un gouvernement s'il ne comprend pas Lapid. Pour Deri, il faut soudainement cesser les "boycotts" et les langages séparatistes

Yaakov Litzman, chef de Yahadout HaTorah, au siège du parti à Petah Tikva, le soir des élections, le 18 septembre 2019 (Crédit : Shlomi Cohen/Flash90)
Yaakov Litzman, chef de Yahadout HaTorah, au siège du parti à Petah Tikva, le soir des élections, le 18 septembre 2019 (Crédit : Shlomi Cohen/Flash90)

Alors que les sondages de sortie des urnes, à l’issue du scrutin national de mardi, ont indiqué que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’aurait pas la voie libre pour former un gouvernement, les formations ultra-orthodoxes l’ont répété : Elles émettront une recommandation en sa faveur au poste de Premier ministre.

Mais elles ont également pris soin de laisser la porte ouverte à une éventuelle coopération avec Kakhol lavan et à leurs autres adversaires précédemment honnis – ou, tout du moins, à certains d’entre eux.

Selon les sondages de sortie des urnes, ni le Likud, ni Kakhol lavan ne seraient en mesure de construire avec facilité une majorité de 61 sièges à la Knesset, forte de 120 membres. Les discussions s’orientent donc vers un gouvernement d’unité possible entre les deux partis majeurs – ce qui laisserait potentiellement les ultra-orthodoxes en marge.

Lors d’une réunion de sa formation, Yaakov Litzman, chef de Yahadout HaTorah, dont le mouvement devrait gagner huit sièges, a déclaré aux activistes qu’il n’excluait pas une coalition dirigée par Netanyahu qui comprendrait Kakhol lavan – mais seulement en l’absence de Yair Lapid.

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz, à gauche, avec Yair Lapid, so co-dirigeant, au siège de Kakhol lavan pendant la soirée électorale à Tel Aviv, le 18 septembre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Malheureusement, ces élections ont été remplies d’incitations et d’attaques à l’encontre des ultra-orthodoxes et de la religion », a-t-il dit.

« Nous prions pour que ce discours terrible cesse enfin ».

Avant le vote, le parti de droite Yisrael Beytenu et Kakhol lavan avaient tous deux fait savoir qu’ils chercheraient à former une coalition laïque. Les factions ultra-orthodoxes ont dépeint de telles politiques comme discriminatoires, voire antisémites.

Le chef du Shas, Aryeh Deri, dont la formation engrangerait huit à neuf sièges, s’est montré aussi conciliant dans ses propos dans la soirée de mardi, disant « nous ne formons qu’un seul peuple. Nous resterons à nous côtoyer dans ce pays, tous ensemble. J’appelle tout un chacun à oublier le langage des incitations, des divisions, et à commencer à parler en tant que Juifs. »

Le leader du Shas Aryeh Deri s’exprime au siège du parti le 18 septembre 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/FLASH90)

Concernant la campagne en faveur d’une coalition laïque, Deri a déclaré que « j’espère que les boycotts vont se dissiper : Ce n’était qu’une campagne électorale ».

La projection des résultats du scrutin de mardi montrent que le Likud de Netanyahu ne serait pas capable de former une coalition rassemblant ultra-orthodoxes et factions de droite sans Yisrael Beytenu.

Pendant toute sa campagne, Yisrael Beytenu a dit refuser de servir dans un gouvernement aux côtés des ultra-orthodoxes, critiquant également lourdement les politiciens « messianiques d’extrême-droite.

Le leader du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, parle au siège de la formation, à Jérusalem, le soir des élections, le 17 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a juré de forcer la formation d’un gouvernement d’unité laïc réunissant le Likud et Kakhol lavan et répété cette promesse mardi soir, disant que « nous n’avons qu’une seule option : Un gouvernement large, libéral, national, constitué d’Yisrael Beytenu, du Likud et de Kakhol lavan ».

Liberman est pour beaucoup considéré comme étant à l’origine du nouveau scrutin de mardi, ayant entravé les efforts livrés par Netanyahu pour établir un gouvernement suite au précédent vote qui avait été organisé au mois d’avril en raison de ses querelles avec les factions ultra-orthodoxes.

D’autres considèrent que ce sont les ultra-orthodoxes qui n’ont pas cédé à la loi sur le service militaire des étudiants de yeshiva. D’autres encore estiment que c’est Netanyahu qui n’a pas su donner la main à un autre pour former une coalition.

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