Elections locales : Les Israéliens aux urnes – et à la plage
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Elections locales : Les Israéliens aux urnes – et à la plage

La course à la mairie de Jérusalem reste ouverte. L'adjoint au maire de Tel Aviv défie son ex-patron, en poste depuis 20 ans et Haïfa pourrait élire pour la première fois une femme

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

  • Un homme devant les affiches du candidat à la mairie de Jérusalem Yossi Deitch au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 29 octobre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Un homme devant les affiches du candidat à la mairie de Jérusalem Yossi Deitch au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 29 octobre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Des affiches de campagne du maire actuel de Tel Aviv  Ron Huldai, dans les rues de la ville, avant les élections municipales, le 28 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
    Des affiches de campagne du maire actuel de Tel Aviv Ron Huldai, dans les rues de la ville, avant les élections municipales, le 28 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
  • Vue d'une affiche de campagne de Zeev Elkin, candidat à la mairie de Jérusalem, dans le centre de la ville, le 28 octobre 2018 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
    Vue d'une affiche de campagne de Zeev Elkin, candidat à la mairie de Jérusalem, dans le centre de la ville, le 28 octobre 2018 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
  • Un homme marche sur les prospectus électoraux qui jonchent une rue de Jérusalem en amont du scrutin municipal, le 28 octobre 2018 (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)
    Un homme marche sur les prospectus électoraux qui jonchent une rue de Jérusalem en amont du scrutin municipal, le 28 octobre 2018 (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)
  • Une affiche, sur un bus, de campagne du candidat à la mairie de Jérusalem Moshe Lion en lice pour le scrutin municipal à Jérusalem, le 28 octobre 2018 (Crédit :MENAHEM KAHANA / AFP)
    Une affiche, sur un bus, de campagne du candidat à la mairie de Jérusalem Moshe Lion en lice pour le scrutin municipal à Jérusalem, le 28 octobre 2018 (Crédit :MENAHEM KAHANA / AFP)
  • Une affiche de campagne du candidat à la mairie de Tel Aviv Asaf Zamir à Tel Aviv, le 28 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
    Une affiche de campagne du candidat à la mairie de Tel Aviv Asaf Zamir à Tel Aviv, le 28 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Les Israéliens se rendent aujourd’hui dans les bureaux de vote pour élire leurs représentants locaux et régionaux en cette journée de mardi. A cette occasion, une nouvelle journée de congé a d’ailleurs été instituée pour secouer l’apathie des électeurs et pour améliorer un taux de participation traditionnellement faible dans ce scrutin.

Les bureaux de vote, partout dans le pays, ont ouvert à sept heures du matin et ils fermeront à 23 heures. Les résultats préliminaires devraient être connus dans la nuit de mardi à mercredi, le décompte final pouvant être anticipé dès mercredi. Les Israéliens peuvent trouver leur bureau de vote sur ce site internet (en hébreu).

Ce sont quelque 6,6 millions de citoyens et résidents israéliens âgés de plus de 17 ans qui sont appelés aujourd’hui à participer au scrutin municipal afin d’élire des fonctionnaires qui siègeront dans les 251 conseils municipaux et régionaux du pays, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Les électeurs voteront deux fois : une fois pour le maire, et une autre pour la liste du parti qu’ils souhaitent voir les représenter au conseil municipal de leur ville. Si aucun candidat à la mairie ne reçoit plus de 40 % des voix le 30 octobre, un deuxième tour de scrutin – opposant les deux candidats qui ont obtenu le plus grand nombre de voix – sera organisé le 13 novembre.

Dans les plus grandes villes d’Israël, les maires vétérans de Tel Aviv et Haïfa font face à des challengers de plus en plus redoutables. A Jérusalem, où le maire sortant ne se représente pas, la course semble rester largement ouverte.

Les travailleurs comptent les votes des soldats de Tsahal pour les élections locales dans la salle de contrôle du comité des élections à Kfar Maccabiah, Ramat Gan, le 23 octobre 2013. (Crédit: Yossi Zeliger / FLASH90)

Pour la première fois, en vertu d’une nouvelle loi votée à la Knesset, les Israéliens se verront accorder un jour de congé afin de voter pour leurs représentants locaux, un changement qui vise à faire sortir les électeurs de leur indifférence aux élections municipales. Ces taux se situaient à une moyenne nationale de 51,9 % lors des élections précédentes en 2013; seulement 28,7 % à Tel Aviv-Jaffa, 36,1 % à Jérusalem, où les résidents arabes de Jérusalem Est boycottent le vote, et 32,7 % à Haïfa. Exception à la règle et par répartition démographique, les arabes israéliens et les ultra-orthodoxes, qui votent constamment à des taux élevés (à certains endroits, à hauteur de 90%).

Les musées, les parcs nationaux et d’autres attractions devraient attirer les centaines de milliers d’Israéliens en vacances mardi, alors que des fêtes sur le thème des élections sont prévues dans les villes majeures.

Selon un sondage réalisé par l’Institut israélien de la Démocratie au début du mois, 83 % des Juifs israéliens et 71 % du public arabe prévoient d’aller voter (en sont sûrs ou pensent le faire).

Pour la première fois dans l’histoire d’Israël, des élections municipales et régionales sont organisées le même jour. Autre grande première : quatre municipalités druzes organiseront des élections sur le plateau du Golan, pour la première fois depuis 1967.

C’est à Jérusalem que le suspense sur l’issue du scrutin est le plus élevé, alors qu’aucun gagnant potentiel n’émerge clairement dans la course à la mairie.

En tête, le ministre des Affaires de Jérusalem Zeev Elkin, et les membres du conseil de Jérusalem Moshe Lion et Ofer Berkovitch. (Vous pouvez encore découvrir les interviews accordées au Times of Israel par Elkin, Berkovitch et Lion.)

Les candidats à la mairie de Jérusalem Ofer Berkovich, deuxième à gauche, Zeev Elkin, à droite, Moshe Lion, deuxième à droite, et Yossi Deitch, à gauche, posent durant un débat pour les prochaines élections à la mairie de Jérusalem, le 21 octobre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le candidat ultra-orthodoxe Yossi Deitch, adjoint au maire de Jérusalem, a également mené une campagne acharnée pour le poste et pourrait faire figure d’outsider.

Tandis que les leaders ultra-orthodoxes des factions Degel HaTorah et Shas ont apporté leur soutien à Lion, il est difficile de déterminer si les électeurs ultra-orthodoxes (qui forment un tiers de la population juive de la capitale) s’aligneront sur la ligne de leurs formations ou rompront les rangs pour appuyer Deitch.

A Jérusalem-Est, la majorité des 300 000 résidents arabes de la ville devraient continuer pour leur part à boycotter le scrutin, comme ils le font traditionnellement.

A LIRE – Municipales à Jérusalem : pour les Palestiniens, boycotter ou voter ?

A Tel Aviv, Asaf Zamir, adjoint au maire de la ville, défie le maire en place, Ron Huldai, qui a déjà quatre mandats à son actif. Les sondages les plus récents semblent indiquer que Zamir, qui était à la traîne, est en train de réduire l’écart en termes de soutien (l’interview de Zamir réalisée par le Times of Israel est à lire ici). Egalement dans la course, le comédien Asaf Harel, acteur devenu entrepreneur aux ambitions politiques, suivi par Natan Elnatan, adjoint au maire haredim du parti Shas.

Ron Huldai, maire de Tel Aviv, à Tel Aviv, le 31 octobre 2017. (Miriam Alster/FLASH90)

La ville de Haïfa, au nord du pays, se prépare à un possible bouleversement alors que la candidate Einat Kalisch Rotem a remporté le soutien, au début de la semaine, de son rival David Etzioni, dans sa candidature contre le maire en poste Yona Yahav.

Si Kalisch Rotem devait s’imposer face à Yahav, à la barre de la ville depuis 2003, elle deviendrait la toute première femme à devenir maire de Haïfa.

Kalisch Rotem a été disqualifiée puis réintégrée au début du mois dans la course électorale par les tribunaux en raison d’un vice de procédure.

Einat Kalisch Rotem arrive pour une audience à la Cour Suprême de Jérusalem le 22 octobre 2018, au sujet de la disqualification de sa candidature au poste de maire à Haïfa lors des prochaines élections. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans la ville côtière d’Ashkelon, au sud, Itamar Shimoni — actuellement devant les tribunaux pour pot-de-vins – se bat pour sa réélection contre quatre autres candidats.

A Netanya, la candidature de la maire Miriam Feirberg-Ikar, qui fait l’objet d’une enquête policière, révélera si l’enquête criminelle aura la capacité de détourner le vote des habitants, l’empêchant d’obtenir un cinquième mandat (Pour en lire davantage sur les maires inculpés ou sous le coup d’une investigation policière briguant une réélection, rendez-vous ici).

Dans ce scrutin municipal de 2018, les candidats hommes continuent d’être 10 fois plus nombreux que les femmes aux postes à responsabilité : 665 hommes se disputent le poste de maire, contre 58 femmes. De même, 119 hommes et 14 femmes se présentent à la présidence des conseils régionaux.Cependant, 750 femmes de plus qu’en 2013 se sont portées candidates à d’autres sièges dans les conseils municipaux, a déclaré le ministère de l’Intérieur.

Selon le ministère de l’Intérieur, dans 18 conseils municipaux et 11 conseils régionaux, le candidat à la mairie ne fait face à aucune opposition.

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