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Élections : Shaked accepte de prendre la tête de HaBayit Hayehudi

La ministre de l'Intérieur a signé un accord trois jours après s'être séparée de Yoaz Hendel et de leur alliance HaRouah HaTzionit

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

La ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked, à droite, et le ministre des Communications Yoaz Hendel lors d'une cérémonie commémorative d'État pour l'ancien premier ministre Yitzhak Shamir, au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem, le 10 juillet 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked, à droite, et le ministre des Communications Yoaz Hendel lors d'une cérémonie commémorative d'État pour l'ancien premier ministre Yitzhak Shamir, au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem, le 10 juillet 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La cheffe du parti Yamina, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, a fait savoir mardi qu’elle avait signé un accord avec la formation HaBayit HaYehudi. Cet accord détermine la mise en place d’une liste conjointe aux élections du mois de novembre, quelques jours après l’explosion de l’alliance HaRouah HaTzionit qu’elle avait conclue avec Yoaz Hendel.

Shaked et le dirigeant actuel de HaBayit HaYehudi, Yossi Brodny, ont convenu de se présenter ensemble sous l’étiquette de ce dernier. Cette décision ne sera finalisée qu’après approbation du comité central de HaBayit HaYehudi, selon le porte-parole de la ministre de l’Intérieur. Une source proche du dossier a indiqué que les deux responsables s’attendaient à des réactions hostiles de la part de certains décisionnaires du parti, quelques-uns s’opposant à l’idée d’un partenariat avec Shaked.

« Je suis heureuse que nous soyons parvenus à reconstruire un foyer pour le sionisme religieux et pour une droite responsable en Israël », a commenté Shaked dans une déclaration annonçant l’accord conclu avec Brodny.

Hendel et Shaked s’étaient séparés en raison d’un désaccord portant sur l’opportunité de rejoindre un gouvernement étroit placé sous l’autorité de Netanyahu – si un gouvernement d’unité s’avérait être impossible à mettre en place – pour éviter à l’État juif la nécessité d’organiser un sixième scrutin.

HaRouah HaTzionit se sera également distingué dans les sondages par son incapacité constante à franchir le seuil de représentation électorale permettant aux formations politiques d’intégrer la Knesset.

Jusqu’à sa rupture avec Hendel, dimanche en début de matinée, Shaked prônait un large gouvernement « d’unité ». Mais depuis, elle a déclaré « réintégrer » son « foyer », au sein de la droite israélienne, et la déclaration faite mardi confirme son changement de rhétorique, une rhétorique clairement en faveur de l’établissement d’un gouvernement de droite.

« Nous travaillerons ensemble de manière à former un large gouvernement de droite, un gouvernement stable », a-t-elle affirmé en évoquant son partenariat avec Brodny.

Elle a explicitement indiqué qu’elle soutiendrait probablement Netanyahu après les élections alors qu’elle s’exprimait, lundi, devant une convention de l’Association des ingénieurs municipaux.

« Je soutiens un gouvernement large mais je recommanderai probablement Netanyahu. Je recommanderai celui qui aura le plus grand nombre de sièges et celui qui aura la meilleure chance de former un gouvernement », a-t-elle expliqué.

Après un scrutin, chaque parti politique se prononce, devant le président, sur la personnalité qui est, selon eux, la plus à même de devenir Premier ministre du prochain gouvernement, et de former une coalition. Le chef de parti bénéficiant du plus grand nombre de recommandations – qui se traduisent alors en nombre de sièges de parti – obtient généralement la mission de tenter de rassembler une alliance au pouvoir.

De son côté, Brodny a indiqué être prêt à soutenir Netanyahu au poste de Premier ministre, s’exprimant au micro de la Radio militaire peu après l’annonce du partenariat établi avec Shaked.

« Nous recommanderons celui qui sera à la tête du plus grand parti de droite – ce sera probablement Benjamin Netanyahu, », a-t-il dit, ajoutant toutefois que « nous sommes favorables à un gouvernement d’unité ».

La radio militaire a annoncé que selon les dispositions de l’accord conclu, le parti Yamina de Shaked – la formation en lambeaux dont elle a hérité quand l’ex-Premier ministre Naftali Bennett a décidé de ne pas se représenter lors du prochain vote – prendra les première, troisième, cinquième, sixième et huitième places sur la liste de HaBayit HaYehudi. Brodny occupera la deuxième place et il nommera les candidats pour la quatrième place et pour la septième place.

Shaked semble courtiser la base nationaliste religieuse de Yamina par ce retour au sein de HaBayit HaYehudi, après avoir opté pour une stratégie de partenariat avec Hendel, qui n’est pas orthodoxe, et après avoir essayé de séduire – en vain – les électeurs de droite plus largement. Un tiers des soutiens de Yamina s’identifiaient comme appartenant au mouvement national-religieux lors des élections de 2021 (les autres sont traditionalistes ou laïcs ; Shaked elle-même n’est pas orthodoxe).

Brodny a salué Shaked pour avoir elle-même recherché ce partenariat et il a estimé que l’alliance représentait « une nouvelle voie pour le public nationaliste-religieux et pour la droite en Israël ».

Brodny est maire de Givat Shmuel, une ville du centre du pays, depuis 2008 – et il le restera pendant sa campagne électorale, a-t-il confié à la radio militaire. Il avait été élu à la tête du parti au début de l’année et jusqu’à présent, il n’avait pas réussi à attirer des personnalités attrayantes sur sa liste.

Mardi, la démission à la Knesset de l’ancienne députée Yamina Idit Silman rentrera en vigueur. Roni Sassover, dont le nom figurait à la place suivante sur la liste électorale de la formation en 2021, a pour sa part démissionné de son poste, et c’est Orna Shtarkman qui devrait occuper son siège de parlementaire jusqu’au scrutin. Il est difficile de dire si Shtarkman, membre du conseil municipal de Nahariya et qui figurait à la dixième place de la liste de Yamina en 2021, aura une place sur la liste de HaBayit HaYehudi.

Une liste unie de HaBayit HaYehudi récolterait, selon les sondages, environ 2,5 % des suffrages, a fait savoir la Quatorzième chaîne. Toutefois, une source proche de Brodny a confié au Times of Israel que selon une enquête d’opinion interne, l’alliance pourrait séduire entre 3,2 % et 4 % de l’électorat. L’enquête a choisi d’inclure un plus grand nombre de réponses que ce n’est habituellement le cas des citoyens israéliens âgés de 70 ans et plus, qui sont moins susceptibles de répondre à des sondages sur internet et qui forment un pourcentage important de la base de HaBayit HaYehudi, selon la source.

Shaked avait aidé Bennett à redonner vie à HaBayit HaYehudi en 2013. Tous deux avaient quitté le parti pour former HaYamin HaHadash avant les élections du mois d’avril 2019. La nouvelle faction, à l’époque, n’était pas parvenue à franchir le seuil de représentation électorale.

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