Elections : Un siège de plus pour le Likud au détriment de Yahadout HaTorah
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Elections : Un siège de plus pour le Likud au détriment de Yahadout HaTorah

Les nouveaux résultats donnent 32 sièges au Likud - un de moins que Kakhol lavan. Les votes ont été disqualifiés dans six bureaux après des preuves de fraude

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu accueilli par le chef de Yahadout HaTorah  Yaakov Litzman, au cours du mariage du petit-fils de Litzman, le 18 juin 2017 (Crédit :  Shlomi Cohen/FLASH90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu accueilli par le chef de Yahadout HaTorah Yaakov Litzman, au cours du mariage du petit-fils de Litzman, le 18 juin 2017 (Crédit : Shlomi Cohen/FLASH90)

La commission centrale électorale a revu son décompte des votes dans la matinée de mardi, donnant au Likud un siège supplémentaire au détriment de la formation ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah suite aux élections de la semaine dernière.

La commission a fait savoir que ces nouveaux résultats étaient apparus à l’issue d’une enquête qui aurait permis de découvrir plusieurs cas de fraude électorale présumée.

Ce changement accorde au Likud 32 sièges tandis que YaHadout HaTorah passe de huit à sept fauteuils.

Malgré ce siège supplémentaire, il manque encore un fauteuil au Likud pour égaliser avec Kakhol lavan et ce nouveau décompte n’entraîne pas de changement significatif dans l’équilibre du pouvoir entre les blocs rivaux dirigés, d’un côté, par le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de l’autre par Kakhol lavan, avec à sa tête Benny Gantz.

C’est Netanyahu qui est arrivé en tête des recommandations au poste de Premier ministre avec l’appui de 55 députés, notamment ceux issus de sa propre formation et de Yahadout HaTorah, qui ont signé un pacte avec Shas et Yamina convenant d’entrer dans les négociations de coalition sous la forme d’un seul bloc.

Gantz bénéficie du soutien de 54 députés, notamment de son propre parti, de ses alliés de centre-gauche et d’une grande partie de la Liste arabe unie.

Dans cette annonce faite tard dans la nuit, la commission a expliqué que les changements avaient suivi une enquête approfondie ayant permis de découvrir « des preuves réelles de falsification apparente des votes » dans six bureaux.

Les Israéliens ont déposé un bulletin dans l’urne dans plus de 10 000 bureaux de vote au cours du scrutin du 17 septembre.

Le juge Hanan Melcer, président de la commission centrale électorale, a décidé que les suffrages recueillis dans ces six bureaux de vote, situés majoritairement dans des communautés druzes et arabes israéliennes, ne seraient pas comptabilisés.

Les bureaux de vote concernés sont trois bureaux de Yarka, un de Sakhnin, un de Shfaram et d’un d’Arava.

Les résultats de trois autres bureaux de Yarka ont été partiellement invalidés, a fait savoir le communiqué.

La police avait fait fermer trois bureaux de vote du village druze de Yarka, dans le nord d’Israël, le jour du scrutin, inquiète de possibles fraudes électorales. La police avait reçu l’information de tentatives présumées de bourrage des urnes avec des enveloppes de vote. A Sakhnin également, un bureau avait été brièvement fermé en raison d’une accusation de fraude.

Melcer a expliqué que dans plusieurs autres bureaux de Yarka et Sakhnin, les enquêteurs sont parvenus à identifier les votes problématiques spécifiques et que seuls ces derniers ont été disqualifiés.

Toutes les activités suspectes – faux bulletins, bourrage des urnes et « irrégularités graves parmi les responsables des bureaux de vote » feront l’objet d’une enquête policière, a déclaré Melcer.

Le juge de la Cour suprême Hanan Melcer, président de la commission centrale électorale, est reçu à la Knesset, le 3 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Au vu des problèmes survenus dans ces bureaux de vote, Melcer a décidé de demander au procureur-général de réfléchir à un appel devant la cour de district de Jérusalem pour demander la tenue d’un nouveau scrutin dans les bureaux qui se sont distingués par des « exemples présumés de fraude et d’irrégularités », a noté un communiqué.

Parmi les autres facteurs ayant affecté les changements dans les résultats, la correction d’anomalies statistiques et l’achèvement du décompte des six lots finaux de « doubles enveloppes », les votes des soldats, des prisonniers et des diplomates.

Environ 70 avocats et responsables de commission ont siégé dans des salles de la Knesset pour vérifier des piles entières d’enveloppes bleues contenant des bulletins, ces derniers jours, pour tenter de garantir l’intégrité du scrutin et d’identifier les irrégularités qui ont pu être manquées.

Vérification ultime des votes pour tenter d’obtenir des résultats électoraux aussi justes que possible à la Knesset de Jérusalem, le 23 septembre 2019 (Crédit : Sue Surkes)

La commission a jusqu’à la fin de la journée de mercredi pour donner au président Reuven Rivlin ses résultats définitifs.

Les derniers résultats donnaient à Kakhol lavan, de Benny Gantz, 33 sièges et 32 au Likud. En troisième arrivait la Liste arabe unie, alliance des partis à majorité arabe, avec 13 sièges, elle-même suivie par le parti ultra-orthodoxe Shas (9) et Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman (8).

Yahadout HaTorah et Yamina étaient à égalité avec sept sièges chacun, l’alliance Travailliste-Gesher ayant gagné six sièges et le Camp démocratique cinq.

La formation d’une coalition stable s’avère problématique pour Gantz comme pour Netanyahu.

Le bloc de centre-gauche-arabe avec notamment la Liste arabe unie – qui n’a jamais intégré un gouvernement – détient 57 sièges, même si seulement 54 de ses membres ont recommandé Gantz au poste de Premier ministre lors de leurs entretiens avec le président Reuven Rivlin, dimanche et lundi (seuls 10 députés sur 13, à la Liste arabe unie, ont apporté leur soutien au chef de Kakhol lavan, les trois parlementaires issus de la faction Balad se refusant à recommander qui que ce soit).

Le bloc de droite dirigé par Netanyahu, s’associant également aux partis religieux, occupe 55 fauteuils. La formation Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, forte de huit députés, n’a recommandé personne.

Rivlin a encouragé Gantz et Netanyahu à tenter de former un gouvernement d’unité et des négociations ont commencé.

Avant le vote de la semaine dernière, Netanyahu avait averti qu’on était en train de lui « voler » les élections en raison d’un manque d’application de la loi contre une fraude électorale « effrénée » dans les communautés arabes.

Il avait raillé les partis qui avaient rejeté un projet de loi qui aurait permis aux agents du Likud de placer des caméras dans les bureaux de vote, et il avait aussi critiqué le procureur-général qui avait refusé de soutenir cette législation.

Il avait lancé ses accusations sur la base du scrutin du mois d’avril mais la commission centrale électorale a pour sa part estimé qu’elle n’avait trouvé aucun cas significatif de fraude électorale au cours de ces premières élections.

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