Eli Avidar devient ministre après avoir menacé de rompre avec la coalition
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Eli Avidar devient ministre après avoir menacé de rompre avec la coalition

Un rebelle d'Yisrael Beytenu obtient un portefeuille de "planification stratégique" au bureau du Premier ministre et quitte le Parlement en vertu de la "loi norvégienne"

Le député Eli Avidar, du parti Yisrael Beytenu, à la Knesset le 21 juin2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90) 
Le député Eli Avidar, du parti Yisrael Beytenu, à la Knesset le 21 juin2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90) 

Le franc-tireur, député du parti Yisrael Beytenu, Eli Avidar a été officiellement nommé mardi ministre chargé de la planification stratégique au sein du bureau du Premier ministre. 

Le contenu du portefeuille d’Avidar n’a pas été précisé dans l’immédiat. En juin, le nouveau gouvernement a fermé le ministère des Affaires stratégiques, qui s’occupait principalement de la lutte contre les boycotts à l’encontre d’Israël.

Dès sa prestation de serment, Avidar a quitté la Knesset en vertu de la « loi norvégienne », qui permet aux législateurs nommés à un poste ministériel de se retirer temporairement de la Knesset, ce qui permet au candidat suivant sur la liste du parti d’entrer au Parlement à leur place. 

Suite à sa démission, la candidate du parti Yisrael Beytenu, la journaliste Sharon Rofeh Ofir, fera son entrée à la Knesset. 

Avidar est membre du parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman depuis 2019, mais les liens entre les deux se sont dégradés en juin lorsque le législateur n’a pas obtenu de poste ministériel.

Le jour de la prestation de serment du nouveau gouvernement ce mois-là, Avidar a déclaré qu’il ne voterait plus selon la ligne du parti, en représailles au refus de Liberman de lui accorder le poste ministériel de son choix. 

Liberman, qui devait être nommé ministre des Finances, a offert à Avidar un poste de ministre au sein de son cabinet. Avidar a refusé, reconnaissant qu’il aurait peu de liberté à un tel poste. Il a demandé à Liberman de le nommer soit ministre de l’Agriculture, soit ministre du Néguev et de la Galilée, mais ce dernier a combiné les deux portefeuilles et les a confiés au numéro deux du parti, Oded Forer. 

Bien qu’il ait déclaré par la suite qu’il était attaché au gouvernement, Avidar s’est déclaré « législateur indépendant », a retiré le logo d’Yisrael Beytenu de sa page Facebook et aurait menacé de voter contre la proposition de budget de la coalition. Si la Knesset ne parvient pas à adopter un budget d’ici début novembre, elle s’effondrera automatiquement.

À la suite de négociations entre Avidar et le bureau du Premier ministre Naftali Bennett, un compromis a été trouvé selon lequel Avidar sera nommé ministre au sein du bureau du Premier ministre en charge de la planification stratégique. Il sera ensuite nommé ministre du renseignement, une fois que Elazar Stern du parti Yesh Atid, qui occupe actuellement ce poste, sera à la tête de l’Agence juive pour Israël.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) et le député Eli Avidar, du parti Yisrael Beytenu, assistent à une séance plénière à la Knesset, le 12 juillet2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Avant sa nomination au poste de ministre, Avidar, le dernier résistant du Parlement au vaccin contre le coronavirus, a reçu l’inoculation contre la COVID-19. 

Né en Égypte, Avidar, 57 ans, est un ancien diplomate israélien, conseiller de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, et ancien directeur général de l’Institut israélien du diamant et de la Bourse israélienne du diamant. Il a été un militant de premier plan lors des manifestations hebdomadaires contre l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu. 

Le gouvernement, un mélange très hétéroclite de huit partis issus de l’ensemble de l’échiquier politique, s’est efforcé de conserver sa majorité à la Knesset sur des textes législatifs clés, en raison de querelles et de dissensions dans ses rangs qui lui ont fait perdre des voix précieuses au profit de l’opposition. 

Le nouveau cabinet compte 29 ministres et sept vice-ministres, ce qui en fait le troisième gouvernement le plus important de l’histoire d’Israël. Le gouvernement précédent, un accord de partage du pouvoir sous la direction de Netanyahu, détient le record avec 35 ministres.

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