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Empoisonnement/faune : Une loi facilitant les poursuites avance à la Knesset

L'amendement à la loi sur la faune sauvage, introduit par Mossi Raz (Meretz) et adopté en lecture préliminaire à la Knesset, vise à sévir contre les agriculteurs

Des vautours morts dans le désert de Judée suite à ce qui serait, selon l'Autorité de la nature et des parcs, un empoisonnement malveillant, le 24 octobre 2021. (Crédit : Eyal Ben Giat, INPA)
Des vautours morts dans le désert de Judée suite à ce qui serait, selon l'Autorité de la nature et des parcs, un empoisonnement malveillant, le 24 octobre 2021. (Crédit : Eyal Ben Giat, INPA)

Six semaines après que 12 vautours en voie de disparition ont été retrouvés empoisonnés à mort dans le désert de Judée, les législateurs de la Knesset ont approuvé mercredi, en lecture préliminaire, un amendement à la loi sur la faune sauvage visant à faciliter les poursuites et à rendre les peines beaucoup plus sévères en cas d’empoisonnement de la faune.

L’amendement, rédigé par la Société pour la protection de la nature en Israël (SPNI) et introduit il y a un an par Mossi Raz (Meretz), a été adopté par 59 voix pour et 50 contre – des chiffres qui reflètent l’équilibre entre les membres de la coalition et de l’opposition présents.

Il va maintenant être soumis à la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset pour discussion.

Sur les 12 vautours retrouvés morts en octobre, sur une population totale d’environ 200 individus, les neuf premiers ont été trouvés près d’une chèvre morte, qui avait apparemment été empoisonnée. Les trois autres ont été retrouvés trois jours plus tard près des cadavres de deux chiens.

Mossi Raz, député du Meretz, à la Knesset, le 23 octobre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au début du mois, le scientifique en chef de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) a averti que les autorités ne pourraient protéger les vautours fauves et d’autres carnivores menacés que si elles étaient autorisées à éliminer une population de chiens sauvages en pleine explosion et si les déchets alimentaires qui les nourrissent étaient nettoyés.

Le Dr Yehoshua Shkedy a déclaré lors d’une conférence que malgré tous les efforts de l’INPA pour protéger la population de vautours fauves et encourager la reproduction, elle n’a pas pu suivre le rythme des oiseaux qui meurent à cause du poison que les agriculteurs répandent pour tuer les chiens et autres prédateurs afin de les empêcher d’attaquer leurs troupeaux.

Le docteur Yehoshua Shkedy, chef scientifique de l’Autorité de la nature et des parcs. (Crédit : autorisation : INPA)

M. Shkedy a également déclaré qu’il était impératif de réduire l’utilisation de pesticides et d’engrais toxiques, de réglementer leur propriété et d’adopter une loi permettant aux autorités d’arrêter les personnes soupçonnées d’empoisonner la faune sauvage.

Actuellement, n’importe qui peut acheter ce type de poison et les suspects ne peuvent être inculpés que s’ils sont pris en flagrant délit.

Plus tôt cette année, une vingtaine d’animaux sauvages, dont un aigle à queue blanche, espèce rare et menacée, ont été retrouvés morts près de Kadita, dans le centre de la Galilée, apparemment après avoir été empoisonnés par des pesticides.

En mai 2019, huit vautours fauves ont été retrouvés morts sur le plateau du Golan après avoir été empoisonnés, et deux ont été traités pour empoisonnement, dans un incident qui a été considéré comme dévastateur pour l’espèce dans la région. Les vautours avaient apparemment mangé la carcasse d’une vache qui avait été empoisonnée. Un renard mort et deux chacals morts ont également été trouvés dans la zone.

Les vautours jouent un rôle clé en tant que nettoyeurs dans la nature, dévorant les restes de carcasses après que les autres carnivores se sont rassasiés.

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