Israël en guerre - Jour 148

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« En 2023 », une synagogue de LA déplace son office en raison d’un rassemblement pro-Palestiniens

Le Temple Beth Am a indiqué à ses fidèles que cette relocalisation a été entraînée par des inquiétudes sécuritaires dans un contexte de recrudescence des incidents antisémites

Le Temple Beth Am à Los Angeles. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)
Le Temple Beth Am à Los Angeles. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)

LOS ANGELES (JTA) — Le Temple Beth Am, la troisième synagogue la plus ancienne du courant massorti à Los Angeles, a indiqué à ses fidèles que son office du Shabbat, samedi après-midi, n’aurait pas lieu dans ses bâtiments en raison d’inquiétudes sécuritaires suite à l’annonce de l’organisation d’une manifestation pro-palestinienne dans un parc voisin.

Dans un courriel qui a été envoyé à la communauté, jeudi, le rabbin Adam Kligfeld et le président du Temple, Mark Samuel, ont dit que « par prudence », l’office aurait lieu dans une habitation privée. Ils ont souligné que la synagogue n’avait pas pris cette décision à la légère.

« Je ne me souviens pas d’avoir dû prendre une décision aussi pénible », a écrit Kligfeld dans le courriel qui a été obtenu par la Jewish Telegraphic Agency. « D’un côté, l’enjeu n’était pas phénoménal. Ce n’était pas un Kol Nidre ou une bar/bat mitzvah, ou même un office de Shabbat ‘normal’ du matin, quand des centaines de personnes se trouvent à la synagogue, heureuses et démonstratives, affichant avec fierté leur judaïsme. Il ne s’agissait que de 12 à 16 personnes environ qui viennent habituellement assister à l’office du Shabbat, l’après-midi, ou qui viennent étudier. Ce n’était pas si important que ça ».

Il a ajouté que « de l’autre côté, cela semble être une question cruciale. En 2023 ? Dans la ville de Los Angeles ? Une communauté qui réfléchit même à ne pas organiser d’office religieux dans sa propre synagogue, à cause d’une menace posée par un rassemblement qui a une très grande chance d’être l’occasion d’entendre une rhétorique pro-palestinienne qui va se transformer petit à petit en rhétorique anti-sioniste virulente, en antisémitisme dangereux ? Cela dépasse l’entendement que l’on en soit arrivé là dans l’Amérique moderne. Et pourtant, on en est là. »

La guerre opposant Israël aux terroristes du Hamas dans la bande de Gaza a éclaté après l’assaut meurtrier qui a été commis par le groupe terroriste, le 7 octobre – des hommes armés avaient tué plus de 1 200 personnes lors de son attaque sans précédent, en majorité des civils, et fait des milliers de blessés. 240 personnes avaient été enlevées et prises en otage au sein de l’enclave côtière. Des familles entières avaient été exécutées – des enfants, des bébés et des personnes âgées – et 364 jeunes avaient été massacrés lors d’une rave-party, entre autres brutalités horribles.

Cela fait trois mois que la guerre a commencé – l’État juif a juré d’anéantir le groupe terroriste palestinien tout en rejetant les pressions, à l’international, qui sont favorables à un cessez-le-feu.

Le rassemblement pro-palestinien de samedi est intitulé « Solidarité afro-américaine et palestinienne en faveur d’un cessez-le-feu à Noël » et il doit avoir lieu samedi à 15 heures dans le parc La Cienega, situé à quelques minutes de marche de la synagogue située dans le quartier Pico-Robertson de Los Angeles, où réside une importante population juive.

Dans le courriel, Kligfeld a fait référence à une série récente d’incidents antisémites survenus dans le secteur de Los Angeles et notamment à la mort de Paul Kessler, un manifestant pro-Israéliens, mortellement blessé au cours d’une altercation qui avait opposé activistes pro-israéliens et militants pro-palestiniens dans le quartier de Thousand Oaks, début novembre. Un homme a depuis été mis en examen pour homicide involontaire dans ce dossier.

En plus de la mort de Kessler, il y a eu de nombreux autres incidents depuis le début de la guerre, le 7 octobre, qui ont touché la communauté juive de Los Angeles – notamment un crime de haine commis à l’encontre d’un homme juif qui se dirigeait vers sa synagogue de Beverly Hills ; une école privée hébergée au sein d’une synagogue qui enseignait à ses élèves qu’Israël se rendait coupable de génocide et une intrusion dans la maison d’une famille juive. Une enquête pour crime de haine a également été ouverte dans ce dernier cas.

Kligfeld a aussi reconnu que « pendant la conversation sur le sujet, un grand nombre de personnes ont fait part de leur malaise face à l’idée de se cacher, de ne plus oser se montrer ». Il a encouragé les fidèles à « être à la hauteur de ce moment – en s’affichant, en montrant que vous êtes nombreux et solides ».

La Fédération juive du grand Los Angeles a indiqué qu’elle contrôlait sa situation. « Nous sommes découragés et nous sommes tristes de devoir constater que les pratiques rituelles juives doivent être déplacées par souci d’extrême prudence. Nous continuons à espérer et à prier pour la paix », a dit l’organisation dans le cadre d’une déclaration au Jewish Journal.

Le Temple Beth Am n’est pas le premier lieu de culte à connaître des perturbations de ses offices en raison de mouvements de protestation pro-palestiniens. A Melbourne, en Australie, une synagogue avait été évacuée par la police pendant l’office du Shabbat, le mois dernier, alors qu’un rassemblement majeur qui était organisé dans un parc adjacent sombrait dans la violence.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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