Rechercher

En Allemagne, Herzog dit que l’Iran n’est pas « éligible » à un accord nucléaire

Dans un discours prononcé au Bundestag, le président a demandé aux députés réunis d'empêcher la république islamique, qui a juré de détruire Israël, de se doter de l'arme atomique

Le président Isaac Herzog s'exprime au Bundestag, le parlement allemand, à Berlin, le 6 septembre 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le président Isaac Herzog s'exprime au Bundestag, le parlement allemand, à Berlin, le 6 septembre 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le président Isaac Herzog a émis un appel urgent en direction de tous les députés allemands et aussi en direction des leaders mondiaux, les pressant d’empêcher l’Iran de se doter une bombe nucléaire, pendant un discours prononcé devant le Parlement allemand, mardi, alors qu’il se prépare à conclure une visite d’État.

Dans ce discours, Herzog a mis en garde « contre les forces obscures de la haine, des forces qui sont dirigées par l’Iran » qui menacent Israël et la stabilité au Moyen-Orient. Il a demandé à la communauté internationale de se placer « du bon côté de l’Histoire ».

« La possession d’armes de destruction massive par un État-membre des Nations unies qui appelle au quotidien à l’élimination d’un autre État-membre est tout simplement inconcevable. Les menaces et les efforts livrés pour annihiler Israël sont inconcevables », a-t-il dit.

Herzog a ajouté qu’un pays qui menace Israël et qui nie la Shoah « n’est pas en droit d’exiger de concessions quelles que soient les circonstances » et il a souligné le droit à l’auto-défense d’Israël.

L’Allemagne est l’une des puissances mondiales qui négocient actuellement la remise en vigueur de l’accord de 2015 qui avait été conclu avec l’Iran – un accord qui devrait probablement être signé dans les prochaines semaines malgré des désaccords persistants entre Téhéran et Washington.

Le président était parti dimanche pour l’Allemagne et il a assisté, lundi, à la cérémonie de commémoration du 50e anniversaire du massacre des Jeux Olympiques de Munich, en 1972 – une cérémonie qu’il a dirigée aux côtés de son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.

Le président israélien Isaac Herzog fait un discours durant une cérémonie marquant le 50e anniversaire de l’attaque des Jeux olympiques de Munich en 1972, sur la base aérienne de Fuerstenfeldbruck, dans le sud de l’Allemagne, le 5 septembre 2022. (Crédit : Thomas KIENZLE / AFP)

Sa présence lors de cette cérémonie officielle était restée incertaine jusqu’à la dernière minute dans un contexte de conflit entre les membres des familles des onze victimes israéliennes de l’attentat de 1972, qui réclamaient une indemnisation suite à la tragédie, et le gouvernement allemand. Un accord entre les deux parties a finalement été conclu la semaine dernière, après la menace brandie par les proches des victimes qui avaient fait savoir qu’ils boycotteraient la commémoration.

L’accord conclu mercredi dernier prévoit que Berlin versera la somme de 28 millions d’euros en indemnisation. Et, pour la première fois, l’État allemand a reconnu sa « responsabilité » pour les failles qui avaient entraîné la mort des Israéliens.

Au mois de septembre 1972, des membres de l’organisation terroriste palestinienne Septembre Noir étaient entrés dans le village olympique et ils avaient pris en otage la délégation israélienne, tuant deux personnes et en capturant neuf. Au terme d’une tentative manquée de sauvetage, onze athlètes et responsables palestiniens avaient perdu la vie – ainsi qu’un policier allemand.

Herzog a qualifié le massacre de « déchaînement meurtrier nauséabond » et il a remercié les dirigeants allemands pour leurs efforts livrés en faveur de la conclusion de l’accord d’indemnisation.

Dans ses propos tenus devant le Bundestag, il a noté que les Accords d’Abraham – un accord de paix régional – en 2020 avait permis à Israël de tisser des liens croissants et d’être à l’origine d’une prospérité nouvelle au Moyen-Orient.

Cet accord a établi des relations diplomatiques pleines et entières entre Israël, d’une part, et les Émirats arabes Unis, Bahreïn et le Maroc, d’autre part, lançant également un processus de normalisation avec le Soudan.

Le président Isaac Herzog, au centre, applaudi par les législateurs allemands au Bundestag, le parlement allemand, le 6 septembre 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Herzog a aussi affirmé qu’Israël ne renoncerait jamais à son désir de paix avec les Palestiniens, leur attribuant dans le même temps le devoir de « combattre le terrorisme et d’y mettre un terme une bonne fois pour toutes ».

Au début de l’année, 19 Israéliens ont été tués dans une vague d’attentats terroristes. Il y a eu récemment une recrudescence marquée des attaques à l’arme à feu contre les soldats israéliens en Cisjordanie.

Au cours de son allocution, Herzog a fait remarquer que l’Allemagne avait été le lieu de naissance de plusieurs « grands noms » de l’Histoire juive, déplorant toutefois que le pays ait été au centre « des plus grandes atrocités infligées au peuple juif et à l’humanité plus largement à travers les âges ».

« Depuis les pogroms, les émeutes, les actes brutaux de tuerie, la destruction de communautés juives entières, qui se sont répétés maintes et maintes fois, jusqu’à l’abîme – ce gouffre le plus noir des annales de la grande famille des nations : la Shoah. L’Holocauste », a dit Herzog.

Il a réclamé « une guerre totale contre l’antisémitisme et les racismes ».

« Nous devons trouver un moyen d’avancer ensemble, dans la lumière des valeurs de paix, de justice, de respect mutuel, de tolérance et de partenariat », a-t-il continué avec conviction.

Le président a aussi évoqué son père, l’ancien président Chaim Herzog qui, lorsqu’il était officier de l’armée britannique, avait libéré les camps de la mort « des mâchoires de la bête nazie » pendant la Seconde guerre mondiale et qui avait été le tout premier chef de l’État israélien à se rendre en Allemagne, débutant sa visite par un déplacement au camp de concentration de Bergen-Belsen.

Dossier : Le président Chaim Herzog et son épouse Aura lors d’une visite à Berlin-Ouest en 1987 (Nati Harnik)

« Trente-cinq années se sont écoulées depuis et moi-même, alors que je suis sur le point de conclure cette visite d’État en Allemagne par une visite de Bergen-Belsen, dans quelques heures, je souhaite répéter ses propos ici, devant vous, représentants du peuple allemand issus de toutes les factions, et je veux vous le dire : Les Juifs n’oublient pas. Pas seulement à cause de la dette que nous avons à l’égard des générations du passé mais également en raison du devoir que nous avons à l’égard des générations du futur. »

Herzog a ensuite salué l’Allemagne de l’après-guerre en évoquant « un État exemplaire » construit « de manière inspirante ». Il a cité les avancées économiques et culturelles du pays et l’impact de ce dernier sur la scène mondiale, en tant que membre de l’OTAN et en tant que puissance européenne.

Le président a aussi exprimé sa certitude que l’Allemagne sera « un acteur déterminant dans la sortie de la tragédie terrible qui touche actuellement la population de l’Ukraine ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...