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En Iran, un journaliste arrêté pour « insultes » envers un imam

Dans la tradition chiite, le petit-fils de Mahomet a été tué en "martyr" par les troupes du calife omeyyade Yazid ; le journaliste a évoqué un "décès", provoquant une "indignation"

Le drapeau iranien (Crédit : Vincent Calvo/CC BY SA 3.0)
Le drapeau iranien (Crédit : Vincent Calvo/CC BY SA 3.0)

Un journaliste iranien a été arrêté pour avoir insulté l’imam Hussein, l’une des figures les plus saintes du chiisme, a rapporté jeudi l’agence Mizan Online, qui dépend de l’Autorité judiciaire iranienne.

« Pouyane Khochhal, le journaliste diffamateur poursuivi pour insultes envers l’imam Hussein et [d’autres] imams, a été arrêté la nuit dernière alors qu’il tentait de quitter le pays », a indiqué Mizan.

Dans la tradition chiite, Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et troisième imam, a été tué en 680 par les troupes du calife omeyyade Yazid lors d’une bataille dans le désert à Kerbala (aujourd’hui en Irak).

Pour les croyants, Hussein est tombé en martyr alors qu’il contestait le droit du calife à gouverner le monde musulman.

Le pèlerinage de l’Arbaïn, qui marque le 40e jour du deuil d’Hussein, tombe cette année le 30 octobre.

Dans un article publié dimanche par le journal réformateur Ebtekar, sur les fidèles iraniens marchant vers Kerbala pour le pèlerinage, M. Khochhal a parlé du « décès » de l’imam Hussein.

Le fait de parler ainsi du « martyre » de l’imam a provoqué « une indignation et des critiques considérables » dans la population, a affirmé Mizan.

Selon cette source, M. Khochhal a déjà insulté à plusieurs reprises divers imams sur les réseaux sociaux et les autorités ont été alertées par plusieurs plaintes de citoyens.

Le compte Twitter du journaliste a depuis été supprimé et le journal Ebtekar a corrigé l’article sur son site internet.

Le rédacteur en chef s’est excusé auprès de ceux qui ont été offensés par le texte et a déclaré à un reporter de l’agence Mizan que son journal avait coupé tout lien avec M. Khochhal.

En août, un autre journaliste iranien, Mir Mohammad-Hossein Mir-Esmaïli, avait été condamné à 10 ans de prison pour avoir « insulté » un autre des douze imams vénérés par le chiisme duodécimain, religion d’État en Iran depuis le début du XVIe siècle.

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