En pleine pandémie, les infirmières annoncent une grève dès lundi
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En pleine pandémie, les infirmières annoncent une grève dès lundi

L'action syndicale touchera les hôpitaux et d'autres institutions médicales

Des infirmières protestent contre leurs conditions de travail aux abords du ministère de la Santé à Jérusalem, le 22 juillet 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des infirmières protestent contre leurs conditions de travail aux abords du ministère de la Santé à Jérusalem, le 22 juillet 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’Association nationale des infirmières annonce le lancement d’une grève lundi, pour protester contre la pénurie de main-d’œuvre pendant la pandémie COVID-19, qui, selon elle, rend impossible la poursuite de leur travail.

L’action syndicale touchera les hôpitaux, les koupot holim et d’autres institutions médicales.

Selon le site Ynet, ce sont 759 infirmiers qui sont actuellement placés en quarantaine alors même que les hôpitaux, dans tout le pays, rouvrent les unités de coronavirus sans ajout, par ailleurs, de personnels soignants supplémentaires.

« Les infirmiers sont en train de s’effondrer », avait écrit avant-hier la présidente de l’Association nationale des infirmiers, Ilana Cohen, dans un courrier adressé au ministre des Finances Israel Katz. « Ce n’est plus possible de continuer comme ça. Le système est en panne, point final », ajoute-t-elle dans la lettre. « Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de main-d’oeuvre ».

Ilana Cohen, chairwoman of the National Association of Nurses, with hundreds of nurses from all over Israel during a protest in Jerusalem, December 17, 2012 (photo credit: Miriam Alster/Flash90)
Ilana Cohen, présidente de l’Association nationale des infirmiers lors d’une manifestation à Jérusalem, le 17 décembre 2012 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Elle estime, dans son courrier, que les malades et les infirmiers ont été « abandonnés » et que le système de soins israélien est « asséché ».

Elle déplore l’achat, par les hôpitaux, de respirateurs sans formation préalable des personnels à les utiliser, le nombre insuffisant de soignants au vu des circonstances actuelles ainsi que « l’ouverture d’unité de coronavirus sans ajout d’infirmiers supplémentaires ».

Il manque quelques centaines, voire quelques milliers de personnels soignants, avait déclaré au site Ynet le vice-directeur du centre médical Sheba, Arnon Afek. « Il y a une grande pénurie d’infirmiers en comparaison avec le nombre de lits que nous exploitons au sein des hôpitaux », avait-il constaté.

Au mois de juillet dernier, les infirmiers de tout le pays s’étaient mis en grève après la rupture des négociations qui avaient été entamées entre le syndicat national qui les représentait et le ministère de la Santé. Les personnels soignants dénonçaient alors des conditions de travail médiocres, une lourde charge de travail et des standards de soins révisés à la baisse.

Les infirmiers ne sont pas la seule catégorie de personnels victimes de surmenage. Au mois de janvier, un médecin du centre médical Soroka de Beer Sheva s’était suicidé. Il avait été le quatrième médecin à commettre ce geste fatal en un an et demi.

La mort de ce médecin avait amené les administrateurs de l’hôpital à réclamer l’organisation, en urgence, d’une réunion pour évoquer le problème – qui est apparu alors que les personnels soignants se plaignent de plus en plus de longues heures de travail et de conditions inacceptables pour l’exercice de leur fonction.

Les laboratoires chargés du dépistage du coronavirus semblent également être arrivés à leurs limites, avec plusieurs caisses de santé qui ont averti qu’elles « travaillent bien au-delà de leurs capacités », a rapporté Ynet.

Selon le site d’information, les mutuelles ont indiqué qu’à moins que survienne une baisse du nombre de tests quotidiens, elles devraient commencer à jeter des échantillons de dépistage sans les examiner.

Lundi dernier, le syndicat des travailleurs sociaux a initié une grève générale après l’échec de négociations répétées avec le gouvernement, qui ne sont pas parvenues à déboucher sur un changement dans leurs conditions de travail.

« Nous sommes attaqués avec violence et cruauté », aurait dit Inbal Hermoni, cheffe du syndicat israélien des travailleurs sociaux, la semaine dernière – des propos cités par le site Walla. Elle a également dénoncé les « salaires scandaleux » touchés par ses pairs et un « fardeau déraisonnable » qui pèse sur eux.

C’est « le système tout entier » qui a été « négligé, asséché et abandonné », a-t-elle continué, ajoutant que « des responsables financiers veulent briser les services sociaux et les faire fermer » et qu’il n’y a donc « plus d’autre choix » que celui de la grève.

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