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Analyse

En temps de guerre, les autorités préfèrent les panneaux solaires aux générateurs

Les autorités réagissent à l'achat de générateurs par des Israéliens inquiets des répercussions d'une guerre contre le Hezbollah ; selon un expert, l'énergie solaire est meilleure pour le réseau israélien

Sue Surkes

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Panneaux solaires générateurs d'énergie sur le toit d'une maison dans le centre d'Israël. (Crédit : Chen Leopold / Flash 90)
Panneaux solaires générateurs d'énergie sur le toit d'une maison dans le centre d'Israël. (Crédit : Chen Leopold / Flash 90)

N’achetez pas de générateur électrique pour faire face à la guerre ; choisissez plutôt des panneaux solaires et un dispositif de stockage d’énergie, expliquent les autorités suite aux informations, relayées par les médias israéliens, d’achats dictés par la peur.

C’est le message convergent qu’ont tenu les directeurs généraux des ministères de l’Énergie et de la Protection de l’environnement, la semaine dernière, lors de la conférence Eilat-Eilot consacrée aux énergies renouvelables, qui s’est tenue dans la ville portuaire du sud du pays.

Le 7 octobre, les terroristes du Hamas ont tiré des milliers de roquettes sur les communautés frontalières de Gaza avant de s’introduire en Israël par milliers, tuant 1 200 personnes, principalement des civils, et en kidnappant 253.

Certaines de ces communautés, en grande partie évacuées, ont été privées d’électricité pendant des semaines.

De crainte que les escarmouches quotidiennes entre Tsahal et l’organisation terroriste du Hezbollah, soutenue par l’Iran, à la frontière nord, ne dégénèrent en conflit ouvert, de nombreux Israéliens auraient acheté ou projeté d’acheter des générateurs.

La question a été mise en avant lundi, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur le nord d’Israël et occasionné des dégâts qui ont coupé l’électricité dans plusieurs villes.

« Si vous cherchez la sécurité énergétique, alors n’investissez pas dans des générateurs », a déclaré jeudi le directeur général du ministère de l’Environnement, Guy Samet, lors de la conférence.

« Vous ne l’utiliserez pas longtemps. Il vous faudra du carburant [en cas de guerre] et vous ne le trouverez pas [forcément]. Optez pour un système solaire qui fournira toute l’énergie nécessaire à votre maison », a-t-il expliqué.

Il a ajouté qu’en dépit des dégâts importants infligés au réseau électrique dans la bande de Gaza, dans le cadre de la guerre contre le Hamas, les Gazaouis étaient nombreux à s’approvisionner en électricité grâce aux panneaux solaires.

Un homme emporte un panneau solaire venant d’une mosquée détruite lors d’une frappe aérienne israélienne à Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 8 octobre 2023. (Crédit : AP Photo/Yousef Massoud)

Le directeur du ministère de l’Énergie, Yossi Dayan, a abondé dans le même sens, ajoutant que les panneaux solaires étaient économiquement plus pertinents que les générateurs fonctionnant au carburant.

Eitan Parnass, chef de l’Association de l’énergie verte d’Israël très favorable aux énergies renouvelables, a expliqué au Times of Israël qu’il était possible de s’abonner à une solution verte auprès de la Compagnie israélienne d’électricité et d’obtenir sous quelques semaines un permis pour un système de 15 kilowatts. L’installation, rapide, peut être réalisée par plusieurs entreprises et il y a un grand nombre de panneaux solaires et de batteries en stock.

La solution verte est offerte aux propriétaires de maisons individuelles ou d’appartements dans des immeubles résidentiels même si, dans ce dernier cas, l’électricité desservira aussi les parties communes comme la cage d’escalier.

La Green Energy Association n’a aucune compétence en matière de prix, ce qui n’empêche pas Parnass d’estimer qu’un tel système solaire sera rentabilisé d’ici sept à huit ans. En effet, la Compagnie israélienne d’électricité achète au propriétaire des panneaux l’énergie excédentaire reversée dans le réseau national.

L’installation d’un système de stockage solaire de 20 kilowatts alourdirait la facture car la Compagnie israélienne d’électricité n’achète pour l’instant pas l’énergie acheminée dans le réseau depuis les batteries solaires, mais Parnass estime que cela va changer dans les semaines à venir.

Installation de panneaux solaires sur un toit. (Crédit : Elenathewise, iStock chez Getty Images)

Dov Khenin, ex-député de la Knesset aujourd’hui à la tête du Forum présidentiel sur le climat, a déclaré à la conférence d’Eilat qu’un passage à l’énergie solaire domestique était également préférable au niveau national.

Il a ainsi expliqué que la dépendance nationale envers le gaz naturel et d’autres combustibles fossiles était une erreur et que l’absence de plan énergétique d’urgence était un « échec retentissant proprement inconcevable ».

Comme beaucoup d’autres participants à la conférence, il a rappelé qu’Israël ne disposait que de trois gisements de gaz en Méditerranée, de surcroît beaucoup plus vulnérables aux attaques ennemies que des dizaines de milliers de panneaux solaires dispersés dans tout le pays.

Le gouvernement considère le charbon comme une alternative au gaz, a-t-il poursuivi, rappelant qu’il constituait néanmoins un facteur de vulnérabilité. Il a rappelé qu’il y a un an, une partie de la jetée de la centrale électrique de Rutenberg, près d’Ashkelon, avait été détruite suite à l’effondrement d’une grue sous l’effet de vents violents, tuant Nir Dekel, un employé de la Compagnie israélienne d’électricité.

Vue d’une grue effondrée dans la mer près d’Ashkelon, le 14 mars 2023. (Crédit : Flash90)

« Les réparations prennent un temps fou », a poursuivi M. Khenin, rappelant de quelle manière des centaines de camions chargés de charbon avaient dû transiter entre la côte centrale de Hadera, où se trouve la centrale électrique d’Orot Rabin, et Ashkelon, pour maintenir la centrale en activité.

« Nous faisons venir du pétrole d’Azerbaïdjan par un tuyau qui passe par la Turquie – c’est problématique », a-t-il ajouté.

Khenin, qui a siégé à la Knesset au sein de la Liste arabe unie, a déclaré que même s’il soutenait une solution politique au conflit israélo-palestinien, « les choses pourraient se passer différemment, raison pour laquelle il nous faut nous préparer en conséquence, ce qui n’est actuellement pas le cas ».

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