Enfants : Des ONG demandent à l’ONU de cibler à nouveau l’Arabie et la Birmanie
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Enfants : Des ONG demandent à l’ONU de cibler à nouveau l’Arabie et la Birmanie

Selon plusieurs ONG, les deux pays ne doivent pas être retirés d'une liste noire de pays et de groupes commettant des exactions sur les enfants

Des enfants yéménites expriment leur colère contre Riyad et Washington alors qu'ils participent à des funérailles massives d'enfants tués dans une frappe aérienne la semaine précédente par une coalition dirigée par les Saoudiens, ici dans la ville de Saada, au nord du Yémen, le 13 août 2018. (AFP)
Des enfants yéménites expriment leur colère contre Riyad et Washington alors qu'ils participent à des funérailles massives d'enfants tués dans une frappe aérienne la semaine précédente par une coalition dirigée par les Saoudiens, ici dans la ville de Saada, au nord du Yémen, le 13 août 2018. (AFP)

Plusieurs ONG ont réclamé lundi au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de revenir sur ses décisions d’exclure l’Arabie saoudite et la Birmanie d’une liste noire de pays et de groupes commettant des exactions sur les enfants.

Cette liste accompagne un rapport annuel sur les enfants dans les conflits du chef de l’ONU qui a été publié à la mi-juin. La demande des ONG intervient à la veille d’une visioconférence du Conseil de sécurité sur ce document.

Dans une lettre ouverte à Antonio Guterres, 24 ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International, lui demandent d’annuler sa « décision honteuse » afin de restaurer la crédibilité de son rapport.

« Nous vous écrivons pour vous exhorter à revoir vos décisions de retirer de la liste la coalition dirigée par l’Arabie saoudite pour tuer et mutiler des enfants au Yémen, et les forces armées Tatmadaw pour recruter et utiliser des enfants en Birmanie », ont-elles écrit.

Selon ces ONG, le retrait des deux entités est en contradiction avec les chiffres cités dans le rapport sur les exactions confirmées en 2019 au Yémen et en Birmanie.

Dans ce document, Antonio Guterres justifie ses décisions par notamment « une diminution importante » des meurtres et mutilations attribués à la coalition au Yémen en guerre dans ce pays depuis 2015 pour appuyer le gouvernement contre les rebelles Houthis, qui restent eux visés par la liste noire.

À la mi-juin, l’ONU avait indiqué n’avoir subi « aucune pression » de l’Arabie saoudite.

Les tombes des enfants yéménites tués lorsqu’un bus a été touché par une frappe aérienne dirigée par les saoudiens qui a visé le marché de Dahyan la veille dans la province de Saada, bastion des Houthis, photo prise le 4 septembre (Crédit : A / AFP PHOTO / STRINGER

La coalition avait été mise en 2016 sur la liste des Etats et organisations violant les droits des enfants, avant d’en être retirée à la suite de menaces saoudiennes de couper des fonds à l’ONU. En 2017, après l’arrivée d’Antonio Guterres à la tête des Nations Unies, elle avait été placée dans une sous-section créée pour ceux qui font des efforts pour éviter des morts d’enfants, et y avait été maintenue en 2018 et 2019.

Concernant les Tatmadaw, le chef de l’ONU a expliqué dans son rapport les avoir retirés en raison « d’une baisse continue et significative des recrutements, de poursuites en cours et d’un accord pour libérer les cas identifiés les années passées ». Les forces armées birmanes figurent toujours en revanche sur la liste noire pour la mort, la mutilation et les viols d’enfants.

Dans un communiqué lundi, l’ONG Save the Children demande au chef de l’ONU de revoir sa décision liée à la Birmanie et aux Etats membres de l’ONU « de réclamer une évaluation indépendante sur la manière dont le secrétaire général met en œuvre les critères d’inscription et de radiation » dans son rapport annuel.

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