Englman va enquêter sur le suivi par le Shin Bet des patients atteints du virus
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Englman va enquêter sur le suivi par le Shin Bet des patients atteints du virus

Matanyahu Englman examinera aussi l'aide financière de l'État aux citoyens et sur les tests COVID-19, mais pas sur la façon dont Netanyahu a dirigé la réponse à la pandémie

Le contrôleur de l'État Matanyahu Englman lors du cinquième Forum mondial sur la Shoah au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, Israël, le 23 janvier 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le contrôleur de l'État Matanyahu Englman lors du cinquième Forum mondial sur la Shoah au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, Israël, le 23 janvier 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le contrôleur de l’Etat, Matanyahu Englman, a annoncé lundi que son bureau allait enquêter sur le suivi controversé du Shin Bet des patients atteints du coronavirus au cours des derniers mois, ce qui a soulevé des inquiétudes quant à la protection de la vie privée avant qu’il ne prenne fin la semaine dernière.

Participant à une discussion au sein de la commission de contrôle de l’État, M. Englman a déclaré que les autres questions à approfondir comprennent l’aide financière de l’État aux citoyens et aux propriétaires d’entreprises pendant la crise de la COVID-19 et le réseau national d’installations de test du coronavirus, qui ont tous deux suscité des critiques.

« Selon moi, ces examens sont au cœur du travail du contrôleur et ils constitueront un véritable outil pour améliorer le service au public et la prise de décision », a-t-il déclaré.

M. Englman a déclaré qu’il essaierait de publier les premiers résultats au cours des prochains mois, afin que les autorités puissent tirer des conclusions et se préparer à une éventuelle réémergence du virus. Certains responsables du ministère de la Santé ont laissé entendre qu’une telle résurgence pourrait déjà être en train de se produire.

Englman, qui a été nommé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et a été accusé de veiller aux intérêts du Premier ministre, ne va pas enquêter directement sur la conduite du Premier ministre, a rapporté le site d’information Walla.

Le médiateur a déclaré au cours de la discussion que les rapports de son bureau se concentrent normalement sur les institutions plutôt que sur des fonctionnaires en particulier. Il a également déclaré qu’il ne savait pas « quels seront les résultats de l’enquête avant qu’elle ne commence ».

Des gens au marché du Carmel à Tel Aviv, le 8 mai 2020. (Miriam Alster/FLASH90)

Le programme controversé du Shin Bet a utilisé de grandes quantités de données de téléphones portables et de cartes de crédit pour suivre les mouvements des patients atteints de coronavirus et de ceux qui sont en contact étroit avec eux afin d’identifier les éventuelles contaminations. Il a pris fin mardi dernier, près de trois mois après son lancement.

Le programme a été lancé à la mi-mars, donnant au Shin Bet l’autorisation légale d’utiliser ses bases de données de localisation des citoyens pour retracer les déplacements des personnes reconnues comme porteuses du coronavirus. Le programme a été conçu pour endiguer la propagation du virus en avertissant les personnes avec lesquelles elles ont été en contact – dans un rayon de deux mètres pendant plus de dix minutes – qu’elles peuvent avoir été contaminées et qu’elles doivent se mettre en auto-quarantaine.

L’utilisation des outils du Shin Bet est généralement limitée aux opérations antiterroristes et nécessite l’approbation des tribunaux. Dans le cadre du programme du gouvernement – qui a été mis en place sous forme de règlement d’urgence et non de loi, ce qui signifie qu’il n’a pas fait l’objet d’un contrôle parlementaire – le service de sécurité a été autorisé à déroger à ces limitations, ce qui a suscité de vives critiques de la part des groupes de défense des droits civils et des militants israéliens qui ont mis en garde contre les violations de la vie privée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le chef du Shin Bet Nadav Argaman, 2è à droite, et le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat lors de consultations sur les combats dans la bande de Gaza dans un bâtiment sécuritaire du centre d’Israël qui n’a pas été précisé, le 24 février 2020 (Crédit : Bureau de presse du gouvernement)

Le programme a finalement été soumis à la surveillance de la Knesset et la Cour suprême de justice a ordonné au gouvernement d’élaborer une loi pour donner au Shin Bet la permission d’utiliser ces outils au lieu d’un règlement d’urgence temporaire.

La semaine dernière, le cabinet dit du coronavirus, composé de plusieurs ministres de haut rang chargés de gérer la pandémie, a décidé d’annuler le programme après avoir omis de rédiger un projet de loi sur son fonctionnement. Cette décision a été prise après que le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, aurait exprimé son malaise quant à la poursuite de cette action, compte tenu notamment des faibles taux de contamination constatés dans le pays à l’époque.

Les ministres ont laissé la possibilité de reprendre le travail sur un tel projet si les cas de contamination augmentent à nouveau et M. Argaman a également indiqué que son service était prêt à relancer le programme.

Le Conseil national de sécurité a recensé lundi matin 120 nouveaux cas de coronavirus dans les 24 heures précédentes, ce qui porte le nombre de cas à 19 128. Le nombre de décès est passé à 302. Il y a eu plus de 3 400 cas actifs, marquant une forte augmentation par rapport au début du mois, où le nombre de malades était tombé en dessous de 2 000.

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