Enquête sur Bereshit : 5 ou 6 tentatives infructueuses de rallumer le moteur
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Enquête sur Bereshit : 5 ou 6 tentatives infructueuses de rallumer le moteur

L'équipe a terminé la première phase de l'enquête sur le crash de Bereshit et espère réussir la prochaine mission d'ici deux ans

La dernière image que Bereshit a envoyée de son alunissage avant de s'écraser sur la surface de la lune. (Capture d'écran YouTube)
La dernière image que Bereshit a envoyée de son alunissage avant de s'écraser sur la surface de la lune. (Capture d'écran YouTube)

Six jours après que la sonde israélienne Bereshit s’est écrasée sur la Lune, SpaceIL a déclaré mercredi qu’elle avait terminé la première phase de son enquête interne pour comprendre pourquoi le moteur n’avait pas fonctionné lors de la tentative d’alunissage.

Selon l’enquête, un dysfonctionnement a été découvert dans un capteur d’accélération appelé IMU. Un ordre envoyé au capteur a conduit à une réaction en chaîne qui a entraîné un arrêt du moteur principal.

Sans le fonctionnement du moteur principal comme mécanisme de freinage, il était impossible de faire passer Bereshit d’une vitesse de 1 700 km/h à 0 juste au-dessus de la surface de la Lune. Les ingénieurs ont pu relancer le moteur, mais la sonde était alors trop proche de la surface pour ralentir suffisamment.

La première phase de l’enquête visait uniquement à comprendre la séquence des événements, on ne sait donc pas encore pourquoi le capteur a mal fonctionné.

La capsule spatiale Bereshit exposée avant son lancement, le 17 décembre 2018. (Ariel Schalit/AP)

« L’ordre n’a pas directement entraîné l’arrêt du moteur, mais a plutôt causé le redémarrage de l’ordinateur, et les procédures ont ensuite repris à partir de là », a déclaré Ido Anteby, le directeur de SpaceIL aux journalistes lors d’un briefing.

« Nous ne savons toujours pas pourquoi le dysfonctionnement s’est produit », a-t-il ajouté. Nous n’avons toujours par examiné le processus de prise de décision, seulement la séquence des événements. La sonde a essayé d’allumer le moteur mais il a de nouveau été coupé. Nous avons constaté cinq ou six tentatives d’allumer le moteur. »

« Quand nous aurons conclu l’enquête complète et détaillée, nous en aurons appris beaucoup pour la prochaine mission », a déclaré Anteby, ajoutant que le processus prendrait quelque semaines.

Les ingénieurs pensent que les premiers problèmes ont commencé à environ 14 kilomètres au-dessus de la surface lunaire. A 150 mètres, la communication a été complètement coupée. A ce moment-là, la sonde voyageait à une vitesse de 500 km/h, rendant la collision avec la Lune inévitable, a déclaré un porte-parole de l’équipe Bereshit vendredi.

Morris Kahn s’exprime sur la Douzième chaîne le 12 avril 2019 (Capture d’écran)

Samedi, Morris Kahn, le président de SpaceIL, a annoncé qu’il lançait immédiatement le projet Bereshit 2, en ajoutant : « Nous avons commencé quelque chose et nous devons le finir. Nous mettrons notre drapeau sur la Lune. »

Mercredi, SpaceIl a déclaré avoir déjà commencé à travailler sur Bereshit 2, et que Kahn et son équipe avaient déjà fait plusieurs réunions sur le sujet. Ils sont en phase de préparation du projet, du calendrier, de l’évaluation des besoins en ressources humaines, de levée de fonds et d’autres éléments.

« Nous espérons pouvoir mener ce projet à bien d’ici deux ans », a-t-il déclaré.

La première sonde avait nécessité un budget de 100 millions de dollars (370 millions de shekels), un petit montant comparé au coût des missions d’alunissage des grandes puissances que sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Il s’agissait d’un projet commun entre l’entreprise privée SpaceIL et Israel Aerospace Industries, financé presque entièrement par des donations privées de philanthropes juifs célèbres.

Melanie Lidman a contribué à cet article.

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