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Enquête sur la fuite d’une vidéo policière impliquant un leader anti-Netanyahu

Le chef des forces de l'ordre dément toute motivation politique après la diffusion d'une vidéo policière d'Amir Haskel criant sur une policière d'origine éthiopienne

Une vidéo diffusée par la Douzième chaîne montre le général de l'armée de l'air israélienne à la retraite Amir Haskel lors d'une manifestation aux abords de la résidence du Premier ministre, le 7 octobre 2020. (Capture d'écran : Twitter)
Une vidéo diffusée par la Douzième chaîne montre le général de l'armée de l'air israélienne à la retraite Amir Haskel lors d'une manifestation aux abords de la résidence du Premier ministre, le 7 octobre 2020. (Capture d'écran : Twitter)

Le chef de la police de Jérusalem a ordonné, jeudi, l’ouverture d’une enquête consacrée à la fuite, auprès des médias, d’une vidéo présentant un leader du mouvement anti-Netanyahu. Selon les médias, la séquence aurait été filmée par un agent pour des raisons opérationnelles.

Sur ces images qui ont été diffusées par la Douzième chaîne mercredi, le général de l’armée de l’air à la retraite Amir Haskel crie vers une policière d’origine éthiopienne pendant une manifestation organisée aux abords de la résidence du Premier ministre, à Jérusalem.

« J’ai passé des années à faire en sorte de faire venir vos parents ici, et voilà la récompense. Vous n’avez pas honte ? Quelle ingratitude », dit Haskel dans la vidéo. « Vous ne m’empêcherez pas d’arpenter le trottoir à Jérusalem parce que c’est moi qui les ait fait venir en Israël. »

Haskel faisait apparemment référence à l’implication de l’armée de l’air dans des opérations qui ont permis de faire venir les Juifs éthiopiens en Israël pendant les années 1970, 1980 et 1990.

Après son arrestation très médiatisée au cours d’une manifestation pacifique, Haskel, 66 ans, est devenu l’un des symboles les plus éminents du mouvement populaire réclamant la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu en raison de ses mises en examen pour corruption et de sa mauvaise prise en charge présumée de la crise du coronavirus.

La diffusion de cette vidéo est survenue 24 heures après la diffusion, par la même chaîne, d’une séquence filmée au mois d’août où Haskel tenait des propos similaires à une policière éthiopienne – ce qui a entraîné des accusations de racisme.

Après la diffusion de cette deuxième séquence, le quotidien Haaretz a publié des images montrant que le clip avait été filmé par un agent tenant un caméscope. Le journal a indiqué que la majorité des mouvements de protestation étaient filmés par la police de manière à pouvoir servir lors d’une enquête en cas de violation de la loi.

Aucune enquête n’a été ouverte sur Haskel suite à ses propos.

« Il s’avère dorénavant que la police a tourné la scène toute entière, que c’est elle qui l’a tourné et qui a transmis ces contenus aux médias. Qu’arrive-t-il donc à la police israélienne ? », a écrit sur Facebook le groupe de l’ancien général, Ein Matzav, en réponse à l’article de Haaretz.

Ein Matzav est l’un des plusieurs groupes à la tête des manifestations actuelles contre Netanyahu.

Les manifestants ont accusé la police d’avoir utilisé la force de manière excessive contre les rassemblements, affirmant qu’elle le faisait pour répondre aux souhaits du ministre de la Sécurité intérieure, Amir Ohana, un éminent allié de Netanyahu au sein du Likud. Les responsables des forces de l’ordre ont rejeté l’idée qu’ils seraient partie prenante dans ce dossier.

Le chef de la police par intérim, Motti Cohen, a émis jeudi un communiqué rejetant les accusations qui ont pu laisser entendre que les forces de l’ordre auraient tenté d’ôter toute légitimité aux manifestations en diffusant la vidéo de Haskel.

« La police n’est pas une instance politique ! », s’est-il exclamé dans une déclaration. « Les affirmations disant que les responsables ont voulu servir des intérêts n’ont aucun ancrage dans la réalité ! »

Le militant israélien et ancien général de l’armée de l’air Amir Haskel tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 28 juin 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)

En réponse à la vidéo, Haskel a indiqué mardi que ses propos étaient survenus « au jour où le campement dressé par le mouvement anti-Netanyahu, rue Balfour, avait été illégalement démonté au bénéfice d’un événement du Premier ministre ».

Haskel a ajouté que ses paroles répondaient à des menaces et à des insultes proférées par les policiers et que « cette tentative visant à m’attribuer des propos racistes est sans fondement – mais si quelqu’un a été offensé, alors j’en suis désolé ».

Cet incident a suscité l’indignation, notamment chez un certain nombre de responsables du gouvernement.

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