Enquête sur les habitudes et le quotidien des jeunes juifs belges
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Enquête sur les habitudes et le quotidien des jeunes juifs belges

L’étude, à laquelle ont participé 150 jeunes de 14 à 18 ans, a révélé une faible pratique de la religion et un attachement à Israël

Arlon : la plus ancienne synagogue de Belgique, par l'architecte Jamot, inaugurée en 1865. (Crédit : domaine public)
Arlon : la plus ancienne synagogue de Belgique, par l'architecte Jamot, inaugurée en 1865. (Crédit : domaine public)

De septembre à décembre 2018, la revue Regards du Centre communautaire laïc juif (CCLJ) et l’Institut d’études du judaïsme de l’Université libre de Bruxelles ont, sous la supervision du sociologue Claude Javeau, mené une enquête sur les habitudes et le quotidien des jeunes juifs belges. Les résultats de l’étude ont été publiés fin novembre par le CCLJ.

150 jeunes, âgés de 14 à 18 ans et membres des mouvements de jeunesse juifs ou inscrits au cours de religion juive dans une école non juive, ont ainsi répondu à un questionnaire. Le but de celui-ci était de déterminer leur rapport à la religion et à l’identité juive. Aucune étude du genre n’avait jusqu’alors était menée dans le pays. « Elle vient donc combler une lacune en saisissant mieux la réalité des jeunes de cette communauté », not le CCLJ.

L’étude a ainsi révélé une faible pratique de la religion : 61 % ne respectent pas les rites du judaïsme, seul 1 sur 10 dit respecter le Shabbat, et 4 sur 10 se rendent à la synagogue – une obligation parentale pour certains d’entre eux. 7 sur 10 ne mangeraient jamais casher.

« Les résultats de notre enquête ne font que confirmer la poursuite du processus de sécularisation des Juifs entamée depuis leur entrée dans la modernité dans le courant du 19e siècle, processus qui ne se traduit pas par une rupture avec leur judéité », écrit le CCLJ.

« Une minorité significative de ces jeunes sont issus de couples mixtes et une majorité d’entre eux cultivent des relations avec des non-Juifs, est-il expliqué. Pour une majorité aussi, la mixité ne pose aucun problème : l’identité juive de leur futur conjoint ou partenaire ne constitue nullement un critère dans leur choix. »

L’identité juive s’exprimerait plutôt par la fréquentation d’un mouvement de jeunesse juif pour 9 répondants sur 10. « Une manière pour ces jeunes d’affirmer et d’assumer leur identité juive. C’est sûrement une alternative à la pratique religieuse et à la fréquentation de la synagogue », explique Nicolas Zomerszstajn, rédacteur en chef du mensuel Regards.

L’attachement à Israël serait lui aussi important. 85 % d’entre eux estiment ainsi que le pays a une importance à leurs yeux, 9 sur 10 l’auraient déjà visité au moins une fois, 65 % se déclarent sionistes et 95 % soutiennent unanimement son existence. Néanmoins, seuls 2 % d’entre eux envisageraient un jour de s’y installer et une majorité (74 %) « ne soutient pas inconditionnellement la politique du gouvernement israélien ».

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