Enquêtes Netanyahu : Audience de pré-inculpation pour Zeev Rubinstein
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Enquêtes Netanyahu : Audience de pré-inculpation pour Zeev Rubinstein

Le premier suspect dans les enquêtes impliquant le Premier ministre, dont l'audience est prévue en octobre, affrontera les procureurs dans l'affaire Bezeq

Une image composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) et de l'actionnaire majoritaire de Bezeq Shaul Elovitch. (Flash90 / Ohad Zwigenberg / POOL)
Une image composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) et de l'actionnaire majoritaire de Bezeq Shaul Elovitch. (Flash90 / Ohad Zwigenberg / POOL)

La première audience de pré-inculpation pour le principal suspect dans l’enquête de corruption dans l’affaire Bezeq doit avoir lieu mercredi en présence des procureurs d’Etat.

Dans ce dossier tentaculaire, le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui-même risque d’être inculpé pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance dans quelques semaines.

L’homme d’affaires Zeev Rubinstein va plaider son cas devant les procureurs, à Tel Aviv, avant qu’une décision ne soit prise sur sa possible inculpation pour complicité de pots-de-vin.

L’audience de pré-inculpation de Netanyahu est prévue quant à elle le 2 et le 3 octobre. Une audience qui concernera également deux autres enquêtes de corruption l’impliquant, et dans lesquelles le Premier ministre devra éventuellement répondre à l’avenir de fraude et d’abus de confiance.

Les autres suspects dans l’affaire Bezeq, Shaul et Iris Elovitch, ont été convoqués pour leurs propres audiences qui se tiendront le 15 août tandis que le propriétaire du Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, aura lui aussi une dernière chance de persuader les procureurs de son innocence dans l’Affaire 2000, – aucune date n’a encore été avancée.

Le procureur-général n’assistera qu’à l’audience de Netanyahu.

Les longues descriptions faites par le procureur-général Avichai Mandelblit des accords illicites présumés conclus entre Netanyahu et Shaul Elovitch — actionnaire majoritaire de la plus importante firme de télécommunications israéliennes, Bezeq, et propriétaire du site internet Walla – avaient occupé la plus grande partie du document de 57 pages rendu public au mois de février, dans lequel Mandelblit avait présenté les allégations l’ayant amené à annoncer une inculpation pénale contre le Premier ministre, sous réserve d’une audience.

Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à une cérémonie pour le nouveau ministre de la Justice Amir Ohana au ministère de la Justice à Jérusalem, le 23 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans le document envoyé aux avocats de Netanyahu, Mandeblit avait décrit ce qui, selon lui, avait été une relation de compromis illicite entre Netanyahu et Elovitch qui avait duré environ quatre ans, jusqu’au début de l’année 2017.

Elovitch avait alors assuré une couverture favorable des actions de Netanyahu sur le site Walla – qui est le deuxième site d’information le plus important d’Israël – et un traitement médiatique critique des adversaires du Premier ministre, en particulier pendant les périodes électorales de 2013 et de 2015.

Netanyahu était lui-même intervenu concernant les contenus publiés par Walla, « parfois même quotidiennement », avait accusé Mandelblit.

Selon le document de Mandelblit, Rubinstein aurait tenu le rôle d’intermédiaire entre les familles Netanyahu et Elovitch et c’est lui qui aurait été à l’origine de leur première rencontre.

Le procureur-général avait ainsi accusé Rubinstein d’avoir transmis des demandes variées à Walla pour le compte de Netanyahu, avec notamment des demandes d’articles défavorables à l’égard du chef de parti de droite Naftali Bennett. Il avait notamment réclamé un article consacré à l’emploi assumé dans le passé par l’épouse de celui qui était à l’époque le leader de HaBayit HaYehudi dans un restaurant non-casher.

Rubinstein avait également été cité dans le document comme s’étant plaint à Walla, pour le compte de Sara Netanyahu, de son incapacité à publier des photos de Netanyahu lors des funérailles de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, entre autres exemples d’interventions présumées.

Naftali Bennett et son épouse Gilat aux urnes lors des élections du 22 janvier 2012/ (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

L’Affaire 4000 est le dossier le plus grave des enquêtes consacrées au Premier ministre dans la mesure où elle comprend la possibilité d’une inculpation pour pots-de-vin de Netanyahu et d’Elovitch.

Dans l’Affaire 1000, dans laquelle Netanyahu est accusé d’avoir reçu des cadeaux et d’avoir eu droit à des avantages de la part de bienfaiteurs milliardaires, parmi lesquels le producteur de Hollywood Arnon Milchan, né en Israël, en échange de faveurs, Mandelblit avait fait savoir qu’il avait l’intention d’inculper Netanyahu pour fraude et abus de confiance – un délit défini de manière plutôt floue pour un responsable ayant violé la confiance placée en lui par le public. Milchan ne devrait pas être inculpé.

Dans l’Affaire 2000, qui impliquerait un accord de compromis passé entre Netanyahu et le propriétaire du Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, dont le but était d’affaiblir un quotidien rival en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth, Mandelblit cherchera à inculper le Premier ministre pour abus de confiance tandis que Moses pourrait être poursuivi pour pots-de-vin.

Ce dossier aurait fait l’objet d’une controverse dans le bureau de Mandelblit, de nombreux procureurs estimant que Netanyahu devait être inculpé pour pots-de-vin et le procureur-général ayant songé à ne pas poursuivre du tout le Premier ministre dans cette affaire.

Le propriétaire du journal « Yedioth Ahronoth » Arnon ‘Noni’ Mozes à son arrivée dans les locaux de l’unité anti-corruption Lahav 433 à Lod, le 15 janvier 2017. (Crédit : Koko/Flash90)

Le Premier ministre a nié toute malversation dans ces dossiers, clamant que les enquêtes entraient dans le cadre d’une cabale de la part des médias, de la gauche israélienne, de la police et du procureur d’Etat visant à le destituer de ses fonctions.

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