Environnement: La ministre présente « l’Accord vert » pour une économie durable
Rechercher

Environnement: La ministre présente « l’Accord vert » pour une économie durable

Alors que les ministères finalisent leurs plans, Gila Gamliel déclare que la pandémie est une opportunité de prôner une croissance économique soutenant l'écologie et la santé

Photo d'illustration : La centrale électrique d'Ashkelon au crépuscule, le 17 octobre 2007 (Crédit :  Edi Israel/Flash90)
Photo d'illustration : La centrale électrique d'Ashkelon au crépuscule, le 17 octobre 2007 (Crédit : Edi Israel/Flash90)

La nouvelle ministre de la Protection environnementale Gila Gamliel a fait part, lundi, d’une série de propositions qui visent à relancer l’économie frappée par la pandémie de coronavirus en investissant dans des projets durables pour réduire les émissions à effet de serre et la pollution.

« La crise du coronavirus, ainsi que les défis qu’elle a engendrés, représente une opportunité extraordinaire de promouvoir une croissance économique qui soutienne l’environnement et la santé », a-t-elle dit.

« L’Etat d’Israël doit anticiper et se préparer pour répondre aux crises significatives qui émergent devant nous et, de manière plus remarquable, au changement climatique et à la disparition de la biodiversité ».

La crise du coronavirus a donné à tous une chance de « redéfinir la trajectoire », a-t-elle continué.

« L’Etat d’Israël, en tant que nation start-up, doit profiter de cette fenêtre d’opportunité historique et encourager et accroître les investissements dans l’industrie des technologies dites ‘propres’ comme dans les technologies innovantes pour développer des énergies alternatives », a-t-elle poursuivi.

La ministre de la Protection environnementale, Gila Gamliel. (Autorisation : ministère de la Protection environnementale)

« Les principes du programme sont basés sur une stratégie d’investissement qui porte ses fruits et qui est efficace – contrairement à une approche basée sur le coût. La réalisation de ce potentiel pourrait entraîner des économies et générer des milliards de shekels », a affirmé la ministre.

Mettant en garde contre des subventions et des investissements « nuisibles » dans des infrastructures susceptibles d’enfermer le pays dans une économie à fortes émissions polluantes à long-terme, le ministère appelle à ce que des investissements soient faits dans la nature et dans la restauration de l’écosystème, ainsi que dans des infrastructures physiques qui puissent permettre de réduire les gaz à effets de serre et autres émissions dangereuses tout en créant des emplois.

« Il y a un lien clairement établi entre santé et environnement », note un rapport du ministère sur la sortie de la pandémie de coronavirus qui a été émis lundi. « La crise du coronavirus illustre la relation déséquilibrée entre l’être humain et la nature, et le prix que nous devons payer pour la surexploitation de la nature ».

« La recherche montre que des phénomènes environnementaux comme le changement climatique, la pollution issue des produits chimiques et la perte de biodiversité augmentent le danger d’épidémie et de maladie. La pollution de l’air, par exemple, réduit la résilience physique d’une population et augmente les taux d’infection, qu’il s’agisse du coronavirus ou d’autres maladies ».

Le ministère recommande que la politique économique gouvernementale puisse s’appuyer sur une enveloppe d’incitations visant à soutenir et à encourager les activités économiques durables et sur une base de données économiques avancée qui puisse mesurer la qualité de vie et la résilience.

Il demande également que les propositions de l’OCDE soient adoptées pour la sortie de crise. Elles comprennent le réexamen et l’élimination des mesures économiques à court-terme susceptibles d’avoir des conséquences négatives sur l’environnement, le maintien de toutes les normes environnementales et un soutien apporté aux entreprises et aux industries des différents secteurs – un appui conditionné à l’amélioration de leurs performances environnementales.

Parmi les propositions d’investissement présentées spécifiquement dans le rapport, des incitations à placer des panneaux solaires sur tous les sites construits de l’environnement avec la création de 5 500 à 10 500 emplois ; l’électrification des lignes de production dans l’industrie pour réduire la dépendance aux énergies fossiles ainsi que des incitations visant à atteindre une meilleure efficacité économique ; des subventions pour permettre la construction de bâtiments publics – comme les écoles – conformes aux codes de construction écologique ; et des aides accordées aux plans municipaux visant à se préparer aux effets du changement climatique, comme la hausse du niveau de la mer ou les pluies extrêmes et les inondations.

Le document appelle également à se diriger vers une économie circulaire -une économie où le déchet de l’un devient la ressource d’un autre. Les systèmes circulaires impliquent la réutilisation, la réparation, la remise en état, la refabrication et le recyclage pour créer un système fermé – ce qui nécessite des contributions minimales et ce qui génère des déchets également minimaux, rabaissant l’emprunte carbone au maximum.

Des employés recyclent les cartons de fruits et de légumes au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 25 juin 2015 (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)

En 2015, la commission de l’Union européenne avait adopté un plan d’action en faveur de l’économie circulaire basé sur « la hiérarchie des déchets », accordant la priorité à la prévention des déchets, à la réutilisation et au recyclage parmi d’autres méthodes de « valorisation » et « d’élimination », estimant que ces dernières présentent le potentiel le plus élevé dans la réduction de l’émission des gaz à effets de serre. Au mois de mars de cette année, la commission de l’Union européenne a approuvé un nouveau Plan d’action d’économie circulaire sous forme d’un important rapport qui a nécessité cinq ans de travail.

« L’Accord vert » du ministère de la Protection environnementale comprend des subventions pour les petites et moyennes entreprises qui réduisent la pollution, ainsi qu’une assistance et des conseils d’un nouveau Centre pour un usage efficace des ressources – qui se concentrera sur la manière « d’utiliser moins ». Il pourrait aider à couper la dépendance aux importations.

L’industrie israélienne du recyclage – très limitée aujourd’hui – doit être élargie, recommande le rapport, et il faut trouver des moyens de réutiliser les déchets du secteur de la construction.

Des investissements doivent être réalisés dans les industries propres avec des projets-pilotes, des laboratoires d’innovation, une assistance offerte à la commercialisation et aux ventes et la création d’une zone d’innovation dans la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays, qui permettrait de créer des emplois, continue le rapport.

Il demande également la mise en place d’un certain nombre d’initiatives pour nettoyer les espaces ouverts et encourager la biodiversité. Parmi ces initiatives, la réhabilitation des rivières et des ruisseaux pollués ainsi que des sites naturels urbains.

Des poissons morts dans la rivière Alexandre, dans le centre d’Israël, tués par des toxines industriels. (Autorisation : Dr Ran Farhi)

Pour limiter les constructions dans les espaces verts, le rapport recommande de nettoyer les terres appartenant à l’Etat et rendues toxiques par la pollution de manière à ce qu’elles deviennent sûres pour l’édification de blocs résidentiels ou d’infrastructure.

Et, pour réduire la pollution de l’air liée aux transports, le rapport recommande la promotion du télétravail et davantage d’investissements dans les bus électriques.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...