Envoyé des USA en Syrie : preuves de crimes de guerre turcs contre les Kurdes
Rechercher

Envoyé des USA en Syrie : preuves de crimes de guerre turcs contre les Kurdes

Washington n'a pas de preuves généralisées d'un nettoyage ethnique ; le secrétaire à la Défense : la Turquie "va dans la mauvaise direction" après la levée des sanctions de Trump

Des soldats turcs et des combattants syriens soutenus par la Turquie se rassemblent à la périphérie nord de la ville syrienne de Manbij, près de la frontière turque, le 14 octobre 2019, alors que la Turquie et ses alliés poursuivent leur attaque contre les villes frontalières kurdes du nord-est du pays. (Zein Al RIFAI / AFP)
Des soldats turcs et des combattants syriens soutenus par la Turquie se rassemblent à la périphérie nord de la ville syrienne de Manbij, près de la frontière turque, le 14 octobre 2019, alors que la Turquie et ses alliés poursuivent leur attaque contre les villes frontalières kurdes du nord-est du pays. (Zein Al RIFAI / AFP)

Les Etats-Unis estiment qu’il y a des preuves de crimes de guerre commis pendant l’offensive de la Turquie contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, a déclaré mercredi au Congrès le représentant spécial des Etats-Unis en Syrie.

« Nous n’avons pas vu de preuves généralisées d’un nettoyage ethnique », a déclaré James Jeffrey, selon un rapport de Reuters. Mais « nous avons vu plusieurs incidents que nous considérons comme des crimes de guerre. »

L’envoyé a déclaré que les dirigeants américains ont exigé des explications d’Ankara. Il n’a pas fourni de détails sur les incidents en question, bien qu’il ait mentionné que Washington examinait des informations selon lesquelles du phosphore blanc aurait été utilisé, une arme dont l’utilisation est interdite contre les civils.

Pendant ce temps, le ministre américain de la Défense, Mark Esper, a fustigé jeudi la Turquie pour son assaut militaire.

M. James Jeffrey, représentant spécial du Département d’État pour la Syrie et envoyé spécial de la Coalition mondiale pour la défaite d’ISIS, témoigne devant la sous-commission des opérations étrangères et programmes connexes, au Congrès, le 23 octobre 2019 à Washington, DC, dans l’État, au Capitole. (NICHOLAS KAMM / AFP)

S’adressant au German Marshall Fund, M. Esper a déclaré que l’invasion injustifiée » de la Turquie en Syrie compromettait les progrès réalisés ces dernières années alors que la coalition dirigée par les Etats-Unis et les forces kurdes syriennes alliées combattaient le groupe de l’Etat islamique.

La Turquie, a-t-il dit, « se dirige dans la mauvaise direction » et se rapproche de la Russie.

« La Turquie nous a tous mis dans une situation terrible », a-t-il dit, ajoutant qu’Ankara doit redevenir « l’allié responsable » qu’elle a été dans le passé.

Ses commentaires font suite à l’annonce faite mercredi par le président américain Donald Trump sur la levée des sanctions américaines contre la Turquie après que l’allié de l’OTAN ait accepté de cesser définitivement de combattre les forces kurdes en Syrie. Et il s’est exprimé le lendemain de sa visite en Irak pour discuter du retrait et de la menace de l’État islamique avec les dirigeants irakiens et ses commandants militaires.

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper. (AP Photo/Manuel Balce Ceneta, File)

Trump défend sa décision de retirer environ 1 000 soldats américains de Syrie, abandonnant en grande partie les combattants kurdes syriens qui ont combattu l’Etat islamique aux côtés des États-Unis ces dernières années. Trump a déclaré la victoire, affirmant que cette décision sauve des vies, mais qu’elle cède également le contrôle d’une grande partie de la frontière à la Turquie, à la Russie et au gouvernement syrien.

Trump a accepté que 200 à 300 soldats américains restent à la garnison d’Al Tanf dans le sud de la Syrie. Et Esper a déclaré que les États-Unis discutaient toujours d’un plan qui laisserait une autre petite force résiduelle dans l’est de la Syrie, près des installations pétrolières qui sont sous le contrôle du SDF. Ces troupes aideraient à sécuriser le pétrole contre l’EI.

M. Esper devrait rencontrer le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, lors de la réunion des chefs de la défense de l’OTAN jeudi. Lors de discussions précédentes, Esper et d’autres dirigeants américains n’ont pas réussi à convaincre la Turquie de ne pas envahir la Syrie pour repousser les combattants kurdes syriens que Ankara considère comme des terroristes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...