Envoyé du Bahreïn : Les Accords d’Abraham ont aidé à limiter le conflit à Gaza
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Envoyé du Bahreïn : Les Accords d’Abraham ont aidé à limiter le conflit à Gaza

L'ambassadeur aux USA a noté la durée courte des combats et un nombre moindre de victimes qu'en 2014, affirmant que les nouveaux contacts régionaux apaisent les affrontements

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les drapeaux du Bahrein, d'Israël et des États-Unis sont placés devant un avion d'El Al avant un vol vers la capitale du Bahreïn, Manama, depuis l'aéroport Ben Gurion proche de Tel Aviv, le 18 octobre 2020. (Ronen Zvulun/Pool/AFP)
Les drapeaux du Bahrein, d'Israël et des États-Unis sont placés devant un avion d'El Al avant un vol vers la capitale du Bahreïn, Manama, depuis l'aéroport Ben Gurion proche de Tel Aviv, le 18 octobre 2020. (Ronen Zvulun/Pool/AFP)

NEW YORK — L’ambassadeur du Bahreïn aux États-Unis a fait savoir, lundi, que les Accords d’Abraham avaient aidé à mettre un terme à la récente guerre de Gaza et à amoindrir les dégâts des combats.

« Il y a deux mois… nous avons assisté en direct à la manière dont des accords peuvent entraîner la paix », a commenté Sheikh Abdullah bin Rashid Al Khalifa dans une interview en direct organisée par ROPES, un groupe issu de la société civile.

Israël et les membres du Hamas à Gaza se sont affrontés pendant onze jours au mois de mai, avec des milliers de roquettes qui ont été tirées en direction d’Israël par des terroristes palestiniens et des frappes israéliennes à Gaza. Les affrontements se sont arrêtés suite à un cessez-le-feu négocié par des intermédiaires américains, égyptiens et qataris.

Khalifa n’a pas détaillé comment le Bahreïn ou les autres pays signataires des Accords d’Abraham avaient directement contribué à mettre un terme aux combats ou à limiter leur portée, faisant toutefois remarquer que la guerre, au mois de mai, avait été bien plus courte et moins meurtrière que le dernier conflit qui avait opposé les deux parties au sein de l’enclave côtière en 2014, qui avait duré 50 jours.

« Il y a eu une escalade à Gaza, du jour au lendemain. Une escalade qui nous a rappelé 2014 mais quand on compare les deux, on peut constater combien les affrontements ont été plus courts, cette année, que cela avait été le cas en 2014. Et il y a eu également à l’évidence des victimes mais bien moins, cette fois-ci, qu’en 2014 », a ajouté Khalifa.

Dans ces récents affrontements, 15 personnes ont été tuées en Israël et 256 personnes ont été tuées à Gaza. La guerre de 2014 avait fait 74 victimes au sein de l’État juif et plus de 2 000 dans la bande de Gaza.

L’ambassadeur du Bahreïn aux États-Unis, Abdulla bin Rashed Al Khalifa. (Capture d’écran/YouTube)

L’envoyé a reconnu qu’approximativement le même nombre de roquettes avait été lancé dans les deux conflits malgré une durée différente et il a noté que « la source de ces roquettes et les technologies utilisées » ont été également les mêmes – une référence apparente aux soutiens du Hamas en Iran, ennemi régional du Bahreïn.

Khalifa a maintenu que l’établissement des liens diplomatiques avec Israël avait ouvert de nouveaux canaux de communication susceptibles d’être utilisés pour « réduire les conflits et apaiser l’escalade… quand il y a un litige ».

Sur cette photo du 10 mai 2021, des roquettes sont lancées depuis la bande de Gaza en direction d’Israël. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Les Accords d’Abraham sont une série d’accords diplomatiques qui ont été signés entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc respectivement. Aucun de ces pays n’aurait servi d’intermédiaire entre l’État juif et le Hamas pendant le conflit, entraîné par des tensions accrues entourant des actions israéliennes à Jérusalem.

Le Bahreïn a pris la parole à plusieurs occasions pendant ces combats, le ministère des Affaires étrangères de ce pays du Golfe émettant, au tout début, une « condamnation forte » des agissements de la police israélienne à l’encontre des émeutiers qui se trouvaient sur le mont du Temple. Le communiqué avait ajouté que l’État juif devait « cesser ses provocations contre la population de Jérusalem et œuvrer à ce que ses forces ne s’en prennent pas aux fidèles au cours de ce moins sacré ».

Des Palestiniens recherchent des biens à récupérer parmi les décombres d’un immeuble suite aux frappes aériennes israéliennes menées dans Gaza city après des pluies de roquettes du groupe terroriste palestinien du Hamas, à la tête de l’enclave, le 15 mai 2021 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Plusieurs jours plus tard, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, avait fustigé les frappes aériennes menées par Israël en riposte aux tirs de roquettes à Gaza au cours d’un entretien téléphonique avec le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyadh al-Maliki.

Évoquant l’inquiétude portant sur le fait que la volonté de Bahreïn d’établir des liens avec Israël pouvait marquer un désintérêt vis-à-vis de la cause palestinienne, Khalifa a indiqué lundi que Manama restait « attaché aux doléances exprimées par les Palestiniens » et que les Accords d’Abraham « nous rapprochent d’une paix authentique dans la région ».

Il a ajouté que son gouvernement restait attaché à la solution à deux États et qu’il « a été très clair s’agissant de notre positionnement concernant Jérusalem-Est et Jérusalem-Ouest » qui, selon le pays du Golfe, devraient devenir à l’avenir la capitale des Palestiniens et la capitale des Israéliens respectivement.

Des Palestiniens protestent à Ramallah, en Cisjordanie, contre les accords de normalisation conclus par Israël avec les Émirats arabes unis et Bahreïn le 15 septembre 2020, quelques heures avant la cérémonie de signature à la Maison Blanche. – La décision des Émirats arabes unis et du Bahreïn de normaliser les liens avec Israël rompt avec des décennies de consensus au sein du monde arabe selon lequel un accord de paix avec les Palestiniens est une condition préalable à l’établissement de relations avec l’État juif. (Photo de JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

« Le Bahreïn apporte sa voix aux Palestiniens, et ne s’intéresse pas seulement à ses propres relations bilatérales », a continué Khalifa. « Les Palestiniens devraient réfléchir en termes de levier possible d’influence s’agissant du Bahreïn et des autres pays qui rejoignent les Accords. »

L’ambassadeur a ensuite révélé qu’il avait beaucoup appris d’Israël il y a plusieurs années déjà – avant la signature des Accords d’Abraham, au mois de novembre dernier – en regardant la série à succès « Fauda » sur Netflix.

« Il y avait une absence totale de compréhension entre Arabes et Juifs à ce moment-là et je pense que c’est à travers les médias que nous pouvons mieux nous comprendre, les uns les autres. Et plus important encore, nous apprenons à le faire en construisant des relations », a-t-il poursuivi.

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