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Epidémie de rougeole : Campagne de vaccination chez les juifs ultra-orthodoxes

Le ministère de la Santé a dévoilé des "mesures intensives" ; les visiteurs non-vaccinés seront interdits d'accès dans certaines unités hospitalières "sensibles"

Un enfant se fait vacciner à l'hôpital  Tipat Halav de Jérusalem, le 18 août 2013 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Un enfant se fait vacciner à l'hôpital Tipat Halav de Jérusalem, le 18 août 2013 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère de la Santé a lancé dimanche une campagne pour interdire les visiteurs non-vaccinés de certaines unités dans les hôpitaux et pour améliorer le taux de vaccination dans les communautés non-protégées autour de Jérusalem pour lutter contre l’une des pires épidémies de rougeole connues au sein de l’Etat juif depuis des décennies.

Le ministère a fait savoir qu’il refuserait l’accès à certaines unités « sensibles » des hôpitaux aux visiteurs qui ne sont pas immunisés face à la maladie. Parmi les unités concernées, celles des soins intensifs et d’oncologie.

Le ministère a par ailleurs fait savoir dans un communiqué que le vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman avait approuvé les « mesures intensives » qui seraient présentées dans les quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem et de Beit Shemesh.

Dès lundi, les centres de soins périnatals Tipat Halav des quartiers de Ramot, Givat Shaul, Ramat Eshkol, Romema, Sanhedria et Ramat Shlomo, à Jérusalem, prolongeront leurs heures d’ouverture jusqu’à 20 heures, tous les jours, au cours des deux prochaines semaines. Ce sera le même chose pour les centres de Beit Shemesh et de Beitar Illit, qui fermeront tard.

De plus, des cliniques de vaccination mobiles seront envoyées dans les quartiers hébergeant le plus grand nombre d’infections connues – 753 ont été enregistrées dans les communautés ultra-orthodoxes de Jérusalem seulement – et où le taux de vaccination ne s’élève qu’aux environs de 50 %.

La rougeole a fait un retour agressif cette année dans le pays avec plus de 1 300 cas répertoriés depuis depuis le début de l’année 2018, selon les chiffres du ministère de la Santé.

Le vice-ministre de la santé Yaakov Litzman se fait vacciner pour la grippe à l’école élémentaire Efrata à Jérusalem, le 26 octobre 2017 (Crédit :Hadas Parush/Flash90)

Le taux de vaccination faible dans les quartiers ultra-orthodoxes a été attribué à une perception erronée selon laquelle les Juifs très religieux seraient protégés des infections en raison de l’isolement dans lequel vivent leurs communautés, ainsi qu’à la rumeur – mensongère, rappellent les responsables de la santé – portant sur les dangers des vaccinations.

Le ministère a précisé que les responsables réfléchissent actuellement à d’autres mesures pour lutter contre l’épidémie, et notamment à interdire des écoles les personnes non-vaccinées.

Le communiqué a annoncé que Litzman avait approuvé les fonds pour déléguer des personnels supplémentaires qui sont nécessaires pour mener à bien cette campagne.

Selon la chaîne Hadashot, dimanche soir, environ 5 % à 10 % des personnes infectées avaient été vaccinées.

Dimanche, après qu’une enfant du quartier Arnona, dans le sud de Jérusalem – un secteur qui n’est pas ultra-orthodoxe – a été diagnostiquée comme ayant déclaré une rougeole, la crèche dans laquelle elle se rendait et une autre, adjacente, ont été fermées. Les parents ont été sommés de vacciner leurs enfants ou de leur faire faire un rappel en raison de leur exposition à la maladie. Le centre de santé local a été pris d’assaut par les enfants attendant une piqûre.

Dimanche également, il a été révélé que deux lycéens avaient attrapé la rougeole dans la ville de Katzrin, dans le nord du pays. Selon les informations transmises, aucun des deux adolescents n’avait été vacciné.

La semaine dernière, c’est un enfant de 18 mois qui est mort des suites de la rougeole à Jérusalem, une première en Israël depuis 15 ans. Selon les responsables de l’hôpital Shaare Zedek, le bébé n’avait pas été vacciné contre cette maladie virulente très contagieuse.

L’épidémie en Israël s’est propagée à Londres et à New York ces dernières semaines.

Vendredi, le département de la Santé de la ville de New York a annoncé que 17 enfants des quartiers orthodoxes de Brooklyn de Williamsburg et de Borough Park avaient récemment déclaré la maladie.

Photo d’illustration : un bébé nouveau-né souffrant de rougeole (Crédit : iStock by Getty Images/andriano_cz)

Le département a noté que les cas initiaux de rougeole ont été contractées par les enfants lors d’une visite en Israël.

Dans le quartier Stanford Hill de Londres, plusieurs cas de rougeole ont été rapportés ces derniers jours. Les autorités britanniques n’ont pas transmis de chiffre officiel mais ont indiqué que « plusieurs » enfants du quartier juif orthodoxe étaient malades.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la rougeole tue environ 134 000 enfants par an.

Les inquiétudes face au vaccin ROR (Rougeole, oreillons et rubéole) sont apparues en 1998, quand une étude britannique qui a depuis été discréditée l’a lié à l’autisme. L’étude s’est avérée être une fraude et le lien avec l’autisme a été rejeté, mais les taux de vaccination ont chuté dans certains pays, certains parents soucieux ayant empêché les enfants de recevoir leur piqûre.

Selon le professeur Shai Ashkenazi, directeur de la Société pédiatrique israélienne, la rougeole « était sur le point de disparaître mais, à cause d’une baisse de la vaccination, elle a fait un important retour. En Europe aussi, dans la première moitié de 2018, il y a eu plus de 41 000 incidents d’infection avec au moins 37 morts ».

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