« Epstine »: Mélenchon à nouveau accusé d’antisémitisme
Le président du Crif, Yonathan Arfi, a immédiatement réagi, rappelant sur X qu'"un élève de 5ème sait qu'en anglais, 'Epstein' se prononce 'Epstine'. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain... à l'américaine"

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a réveillé le procès latent en antisémitisme qui lui est fait, après avoir ironisé sur la prononciation du nom « Epstein » jeudi à Lyon. Ce qu’il a vigoureusement réfuté, accusant ses contempteurs de nourrir « délibérément la violence contre LFI ».
Au cours d’un meeting de soutien à la candidate insoumise à Lyon, Anaïs Belouassa-Cherifi, le triple candidat à la présidentielle s’est fendu, entre attaque des médias et défense du groupe anti-fasciste Jeune Garde, d’une incidente sur l’affaire du criminel sexuel new-yorkais Jeffrey Epstein, qui éclabousse responsables politiques et économiques du monde entier.
« Je voulais dire ‘Epstine’ pardon, ça fait plus russe ‘Epstine’, » a-t-il lancé. « Alors maintenant, vous direz Epstine au lieu d’Epstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein », a-t-il poursuivi avant d’ajouter: « eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire », devant une salle hilare.
Le président du Crif, Yonathan Arfi, a immédiatement réagi, rappelant sur X qu' »un élève de 5ème sait qu’en anglais, ‘Epstein’ se prononce ‘Epstine’. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine ». « Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites », a-t-il ajouté.
« C’est évidemment les codes de l’antisémitisme, c’est inadmissible », a estimé de son côté l’ancien ministre des Finances Éric Lombard sur RTL, tandis que la ministre déléguée à l’Egalité femme-homme Aurore Bergé (Renaissance) affirmait sur X que « l’antisémitisme en France s’écrit en trois lettres: L-F-I ».
« La mise au ban de LFI est un impératif moral pour tous les responsables politiques attachés à la République et à la paix civile », a tweeté vendredi le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, dénonçant un meeting « brutal, qui fait froid dans le dos, aux relents ouvertement antisémites ».
N'en déplaise à JL Melenchon, um élève de 5ème sait qu'en anglais, "Epstein" se prononce "Epstine". Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l'américaine.
Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents… https://t.co/HRBJN9JCIK
— Yonathan Arfi (@Yonathan_Arfi) February 26, 2026
« Dégoût »
Au PS également, la sortie a indigné. « Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux », a tweeté son premier secrétaire Olivier Faure. Il faisait référence dans le même temps aux prises de positions de Jean-Luc Mélenchon qui a continué jeudi soir à défendre son député Raphaël Arnault pourtant fondateur du groupe antifa « La Jeune Garde » impliqué dans le meurtre du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon.
« Depuis combien de décennies un responsable politique n’avait-il fait rire une salle en égrenant des noms juifs, en insistant sur leur prononciation, avec un rictus de haine ? », a dénoncé la sénatrice socialiste Laurence Rossignol sur X.
« Mélenchon se rêvait Mitterrand il finit comme Soral », du nom de l’idéologue multicondamné, notamment pour incitation à la haine ou apologie de crime de guerre et contre l’humanité, a critiqué l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. Alain Soral a récemment dénoncé une « mafia juive » à travers l’affaire Epstein.
« Non mais ça va pas non ! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant », s’est encore exclamé la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, quand l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann estimait que « Jean-Luc Mélenchon et ses sbires s’essuient les pieds sur tous les principes qui ont structuré la gauche républicaine française ».
Qui va continuer à nier ou faire semblant de ne pas voir, de ne pas entendre et de ne pas comprendre?
Jean-Luc Mélenchon et ses sbires s’essuient les pieds sur tous les principes qui ont structuré la gauche républicaine française.
Nous les combattrons et nous les vaincrons. https://t.co/O73daxKdgJ
— Raphael Glucksmann (@rglucks1) February 27, 2026
Devant cette avalanche de condamnations, le leader insoumis a réagi en réfutant tout antisémitisme et en renvoyant l’attaque sur ses adversaires. « J’ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec ‘Epstine’ un nom pour ‘russifier’ le problème. Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme », a-t-il déclaré sur X, y notant une manière de « susciter délibérément la violence contre LFI ».
Pour lui, « l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet ». « Au contraire j’ai longuement expliqué dans mon discours pourquoi il fallait tenir la religion loin de la politique », a-t-il insisté, soutenu par son premier lieutenant Manuel Bompard qui a dénoncé « une cabale contre les Insoumis » et exprimé son « dégoût ».
« Les Insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisations antisémites de l’affaire Epstein », a-t-il insisté.







