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Erdogan réaffirme vouloir le retour de la peine de mort

"Je validerais cette décision si elle passait par le Parlement", a déclaré le chef de l'Etat turc à Istanbul à une foule qui scandait "Nous voulons la peine de mort"

Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/Adem Altan)
Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/Adem Altan)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé vendredi qu’il promulguerait le rétablissement de la peine capitale si le Parlement le votait, faisant fi des avertissements de l’Union européenne qui juge cette mesure incompatible avec une adhésion à l’UE.

En réponse à une foule qui scandait « Nous voulons la peine de mort », M. Erdogan a déclaré : « Lorsque vous la demandez, cela dérange ces messieurs ».

« Qu’ai-je dit ? Que je validerais cette décision si elle passait par le Parlement », a ajouté le chef de l’Etat turc à Istanbul.

Dès le surlendemain du putsch avorté du 15 juillet, le président Erdogan avait évoqué un possible rétablissement de la peine capitale afin d’éliminer « le virus » factieux au sein de l’Etat, provoquant l’indignation de l’UE.

La peine de mort a été abolie en 2004 dans le cadre de la candidature d’Ankara à l’entrée dans l’UE, et son rétablissement sonnerait le glas des négociations sur cette adhésion.

Les relations entre l’UE et Ankara se sont tendues depuis le coup d’Etat avorté, Bruxelles critiquant l’ampleur des purges lancées par les autorités turques contre les putschistes présumés.

Dans ce contexte, le Parlement européen a voté jeudi une résolution non contraignante appelant au « gel provisoire » des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE, estimant « disproportionnées » les « mesures répressives prises par le gouvernement turc » après le putsch manqué.

En outre, les eurodéputés ont averti que « le rétablissement de la peine capitale » en Turquie « devrait entraîner une suspension officielle du processus d’adhésion ».

En réponse à ce texte rejeté par Ankara, le président Erdogan a menacé vendredi d’ouvrir les frontières de la Turquie pour laisser passer les migrants qui souhaitent se rendre en Europe.

L’UE et la Turquie ont conclu en mars un pacte migratoire controversé qui a permis d’assécher le flux de passages clandestins vers l’Europe via les îles grecques en mer Egée.

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